Thalassa… au Québec
Ce n’est pas l’émission de télé vedette en France pour parler de mer, de marins, de ports… mais le magazine du même nom, nouvelle publication de 2013, signée des Éditions Milan.
Le troisième numéro, tout juste sorti en France et attendu d’ici peu au Québec, comporte un gros dossier sur Québec et le fleuve Saint-Laurent, qui fait la couverture. Et j’ai eu l’honneur autant que le plaisir d’en choisir le contenu, de faire de superbes reportages en août-septembre et de l’écrire ensuite !
Les photos sont de mon ami Bertrand Lemeunier, qui n’a pas hésité une seconde à grimper au mât d’un vieux voilier pour prendre une photo vraiment originale, ni à enfiler une culotte de pêcheur pour s’avancer dans la vase du fleuve à Rivière-Ouelle !
A venir sur mon blogue: les moments forts de ce grand reportage !
http://www.journaux.fr/thalassa

Des nouvelles de l’État de New York
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Ils sont venus en grand nombre à Montréal cet automne, vanter les mérites du tourisme dans l’État de New York. Avec leur sympathique logo « I love NY », le love étant un beau cœur rouge.
Gavin Landry, directeur du tourisme pour l’état, se réjouissait de la forte poussée du tourisme canadien en 2012-2013, particulièrement du côté du Québec, avec 600.000 visiteurs. Ce qui ne les empêche pas de lancer une nouvelle offensive de charme dans l’est canadien pour conforter ce lien touristique et pousser les visiteurs à aller découvrir Rochester, Syracuse ou la région des Adirondacks. Personnellement, j’en ai surtout retenu l’idée d’aller faire un tour l’an prochain dans la région des 1000 îles du fleuve Saint-Laurent, non loin du lac Ontario que je ne connais que du côté canadien et qui doit compter son lot de maisons de villégiature historiques et de jolis parcours en kayak de mer !
La route des vins de Provence
Les rangs de vignes s’étirent sur les coteaux du Var… Premier arrêt à la Maison des vins de Côtes de Provence, aux Arcs-sur-Argens. Le Var a trois appellations principales de vins de Provence (rouge, blanc et rosé) : Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence et Coteaux varois en Provence. La première compte à elle seule 800 références de vins, dont le fameux rosé dont le Var est le premier producteur au monde… Même en hiver, sur une terrasse réchauffée par le soleil provençal, on ne résiste pas au plaisir de boire un rosé à l’heure du lunch.
A la Maison des vins de Côtes de Provence, un atelier d’œnologie s’impose. Il y sera fortement question de différences de terroirs et de cépages propres à la Provence. En cours de route, on déguste six vins (blancs, rosés et rouges) en trois étapes chacun, passant de l’examen visuel à l’olfactif, puis au gustatif. Ce dernier permet d’apprécier le degré de sucre, d’acidité et d’amertume, ainsi que la persistance aromatique du vin en bouche. Si les blancs de Provence, aux belles couleurs or pâle, sont peu connus, ils sont pourtant bien équilibrés. Même chose pour les rouges qui offrent une belle variété de grands crus charpentés et de vins légers aux parfums de petits fruits rouges ou de fleurs !
Le rosé à couleur saumonée règne malgré tout en maître. Premier vin de l’histoire, il est né et a grandi en Provence, prenant au fil du temps et des terroirs des notes affirmées de fruits frais ou exotiques, de fleurs ou d’épices. La dégustatrice nous apprendra que le jus du raisin noir servant à l’élaboration du rosé est incolore. Seule la peau contient des pigments colorés qui sont libérés dans le jus pendant la macération. 
Vous repartirez peut-être avec un « nuancier de rosés de Provence », en six couleurs aux noms de melon, pêche, mandarine, groseille, pomelo et mangue, pour poursuivre les dégustations averties à la maison !
http://www.vinsdeprovence.com; http://www.routedesvinsdeprovence.com
A la pêche aux moules bleues – Ile du Prince Édouard
La large baie St. Peters, peu profonde, s’engouffre vers l’intérieur des terres. Elle est très propice à la pêche, notamment pour les moules et les huîtres dont nous sommes si friands à l’approche de l’hiver… La mytiliculture (ou aquaculture de moules) existe depuis vingt ans sur l’île du Prince Édouard. Troisième industrie de l’île après l’agriculture et le tourisme, avec 16 millions de livres vendues par an, la culture de la moule bleue est passionnante à observer.
J’ai eu la chance en septembre dernier de faire un tour de bateau avec Terry Innis, le patron de la compagnie Atlantic Aqua Farm, qui exploite la marque Canadian Cove. Il nous montrera comment on place au départ des semences de moules à l’intérieur d’un long filet. Remplis comme des saucisses, les filets sont ensuite accrochés à un mètre de distance sur un cordage qu’on met a l’eau dans la baie avec des bouées en surface. Le processus de culture est 100 % naturel. Au bout de quelques semaines, les moules grossissent et font éclater les petites mailles du filet tout en s’accrochant aux grosses. Elles croissent ainsi en paquet le long du filet que les pêcheurs viennent vérifier tous les trois mois. Ils en profitent pour ajouter des bouées sur les cordages afin de maintenir les moules à environ quatre mètres en-dessous de la surface. Il faut compter dix-huit mois à deux ans pour un cycle complet.
Cette pêche « durable », très peu mécanisée, a lieu tout au long de l’année, y compris quand le gel recouvre la baie en février et mars. La compagnie emploie 135 personnes, y compris à son usine où les moules sont simplement nettoyées et empaquetées pour prendre la route du sud. Soixante pour cent de la production est vendue aux États-Unis et 40% au Canada, 80% en moules fraîches et 20% en moules congelées.
Salon du livre de Montréal- blocnotes
Le salon aura lieu du 20 au 25 novembre et semble porter par la polémique du pour ou contre un prix réglementé du livre. Une trentaine d’éditeurs ont fait irruption en conférence de presse le 5 novembre au nom du mouvement « Sauvons les livres ». Ils demandent au gouvernement, avec de nombreux petits libraires québécois, l’adoption urgente d’une mesure simple: limiter les rabais autorisés sur les prix des nouveautés à 10%… histoire de damer le pion aux Cosco et autres grandes surfaces de ce monde et de protéger minimalement les librairies.
Le salon voit le retour de l’initiative « la lecture en cadeau » avec ses boîtes de collecte de livres neufs pour enfants défavorisés qu’on retrouvera au salon et dans des librairies. J’ai bien aimé cette phrase de la porte-parole de la Fondation pour l’alphabétisation Marie Turgeon: « un bébé qui machouille un livre à six mois a de bonnes chances d’en dévorer le contenu plus tard ». Objectif de la campagne: récolter 40.000 livres cette année.
J’ai été estomaqué par ailleurs d’entendre la romancière Kim Thuy raconter comment son rapport au livre avait évolué, depuis qu’on l’a obligée au Vietnam, à huit ans, à déchirer des livres, un « geste barbare » , jusqu’à sa première visite au Salon du livre de Montréal, à son arrivée au Québec. Sans argent pour acheter un livre ! Le premier qu’elle a acheté était « L’amant », de Marguerite Duras, qu’elle a appris par cœur !
Touchante a aussi été Marie-Françoise Hébert, autre invitée d’honneur du salon, qui livre avec « Tu me prends en photo », en littérature-jeunesse, un ouvrage coup-de-poing sur la guerre.
Rodney Saint-Éloi est venu présenter le pays à l’honneur cette année au salon (Haïti) en relevant que « dans un pays où les gens ont faim, ils lisent pour trouver l’espérance du monde ». Et ils écrivent, comme en témoigneront les 800 titres haïtiens présentés au salon montréalais.
Quel ravissement aussi de revoir tout souriants le chef Normand Laprise et la photographe Dominique Malaterre (déjà gagnante du prix Lux 2013) pour la remise d’un prix hautement mérité: le Prix Marcel-Couture 2013, décerné le 5 novembre à « Toqué ! Les artisans d’une gastronomie québécoise », publié aux Éditions Du Passage.
Le mot de la fin va à Pierre Ouellet, poète, romancier, essayiste: »L’écriture et la lecture sont l’oxygène de l’esprit »
Le Var dans tous ses états
Début d’octobre dans la douceur méditerranéenne… Un parfum de film de Pagnol ou de livre de Giono flotte sur le Var ! Entre Marseille et Cannes, ce département français chéri des touristes (9 millions par an) est seconde région touristique de France après Paris. Citez Saint-Tropez, Saint-Raphaël, Bandol et les lumières de Provence s’allument dans les yeux des voyageurs. Ces villes ultra-touristiques voisinent dans le Var avec des trésors cachés du littoral. Pas étonnant avec 400 kilomètres de côte, ponctuée de criques, plages de galets ou de sable, de calanques et de petits sentiers. Sans compter le Var vert qui s’ouvre sur un arrière-pays montagneux qui gagnerait à être mieux connu !
C’est là que s’étirent sur les coteaux les rangs de vignes et rien de mieux que de suivre la « route des vins de Provence » pour découvrir vignobles, vignerons et vins eux-mêmes. Sans bouder la gastronomie unique de cette région à fort accent méditerranéen.
Côté mer, on peut facilement faire le tour de petits ports de pêche du Var, se prélasser sur les plages même en basse saison, jouer les badauds sur les marinas abritant les yachts de luxe, faire de la plongée sous-marine ou en apnée avec un relief sous-marin et une faune aquatique variée. Tous les plaisirs aquatiques sont permis, de la voile à la pêche. Le Var est aussi de plus en plus prisé par les croisiéristes. En moyen ou long séjour en Provence, on peut aussi embarquer à Toulon pour une semaine sur l’eau en Méditerranée ou pour une escapade en Corse !
Côté nature, la randonnée pédestre est valorisée, tant sur le Sentier du littoral qui court sur une bonne partie de la côte varoise que par des itinéraires labellisés « sentiers varois de qualité ». A cheval, on traversera le magnifique Massif des Maures et en vélo, les amateurs suivront peut-être le parcours du littoral aménagé sur 80 kilomètres d’une ancienne voie ferrée dans les environs de Saint-Raphaël.
Côté patrimoine et culture, le Var compte plus de 80 musées de toutes sortes et une richesse historique sans pareil. L’idéal pour profiter au mieux de visites guidées ou non à prix doux est de se procurer le « pass sites » du Var.
Petit conseil : évitez juillet et août si vous préférez passer du bon temps dans le Var plutôt que dans les bouchons routiers ou les files de musées, magasins, toilettes…
Plus qu’un Relais et Châteaux
A Lorgues, dans l’arrière-pays varois, j’ai eu la chance de visiter le Château de Berne. Rien de mieux pour découvrir le Var vert que de déambuler dans ce vaste domaine, tout en collines et forêts, vergers et vignobles, couvrant 500 hectares. Au cœur du domaine trône une bastide qui abrite un hôtel à taille très humaine comme le sont tous les Relais & Châteaux. Si les prix associés à cette gamme d’hébergements vous font peur, sachez qu’on peut très bien passer une journée dans celui-ci sans y dormir et à frais réduits. Pique-nique-jazz en été, visite de la cave et initiation à la dégustation; randonnées pédestres ou en VTT sont notamment disponibles, en plus de cours de cuisine. Les prix du midi au restaurant L’Orangerie sont aussi très abordables et la table excellente. Pour 55 euros le pass journée, l’expérience sportive, gastronomique, œnologique et de détente est à vous ! En passant en automne, goûtez aux figues du château…
Le domaine est avant tout viticole, comme il l’était déjà à l’époque romaine, bien situé qu’il était sur un embranchement de la Via Aurelia, voie commerciale importante entre Italie et Espagne. L’oenotourisme est devenu sa marque de fabrique à partir de 1995, avec une touche appuyée sur l’art de vivre à la provençale depuis 2007 et le label Relais & Châteaux depuis 2009 . Le domaine a 118 hectares de vignes entre garrigues et oliveraies. Il produit quelque 750 000 bouteilles de grands vins par an sur deux millions au total, rosé de Provence en tête. Avec 85 % du total. Vin d’apéro autant que digne accompagnateur de repas provençaux , ce rosé clair, très aromatique et sec est divin !
De dunes et de déportation au parc national de l’Ile du Prince Édouard.
C’est en visitant ce parc magnifique de la côte nord de l’île que j’ai appris que les Anglais l’avaient débaptisée – elle s’appelait Saint-Jean – après avoir déporté en 1758 des milliers de colons acadiens. Triste histoire qui flotte encore sur la région. Le parc national est divisé en trois secteurs. J’ai visité celui de Greenwich, le plus à l’est. Il occupe la péninsule du même nom. Ne manquez pas la visite du centre d’interprétation, avec arrêt à la salle de projection, vraiment originale: au sol, un grand « carré » de sable blanc… oval en fait, qui sert d’écran, en plus d’un autre écran au mur. On regarde le film qui raconte l’histoire de la région depuis une mezzanine.
En route pour une balade à pied ! Le parc compte trois sentiers de randonnée, sans compter les marches sur la plage. Le sentier Tlaqatik (4,8 km aller-retour) a des panneaux d’interprétation historique et mène au bord de la baie St. Peters. Le sentier Havre Saint-Pierre (1,1 km) suit le rivage de la baie sur le terrain d’une ancienne ferme mais le plus intéressant est sans conteste celui des Dunes de Greenwich (4,8 km aller-retour). Il emprunte un long trottoir de bois qui mène a la mer. En chemin, on découvre une forêt d’épinettes blanches au pied desquelles pousse la clintonie d’Amérique. Le sentier de bois transite par une zone encore forestière, avec de grands tapis de lichen. Le guide nous apprend que ce sont des « dunes tertiaires » ou dunes grises, troisième section de dunes à l’intérieur des terres: sur le sol de sable, le lichen appelé cladonie des rennes, des arbres et arbustes (dont la myrique d’Amérique) ont pris racine depuis la nuit des temps. Le sentier longe ensuite l’étang Bowley, un plan d’eau douce bordé de quenouilles et autres plantes qu’affectionnent les oiseaux de rivage et hérons bleus. Ce barachois est en fait un ancien plan d’eau salé coupé du golfe du Saint-Laurent par des bancs de sable et qui s’est peu a peu dessalé.
D’une terrasse d’observation au bout du trottoir de bois, on embrasse la vue sur l’étang et les dunes secondaires, dont une dite parabolique à cause de sa forme en croissant. À l’arrière de la plage, ces dunes, comme des rubans de contre-crêtes végétalisées ont voyagé et continuent de se déplacer lentement à l’intérieur des terres. Passé le cordon littoral, tout en touffes d’ammophile à ligule, la longue plage de Greenwich s’étend à perte de vue. Le vent souffle fort sur les dunes comme en mer, avec de bonnes vagues. Le vent est frais et il faut marcher pour ne pas avoir froid. On peut aussi faire le tour de la péninsule à pied par la plage mais non durant l’été car le parc veut protéger les pluviers siffleurs, espèce en danger, au moment de la nidification.

![image_15[1]](https://annepelouas.com/wp-content/uploads/2014/01/image_151.jpg?w=300&h=214)















Grouille pour pas qu'ça rouille