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Cape May: plus que la plage

Article publié sur Canoë le 22 juillet 2016.

Le sable est fin, la mer est belle, mais les multiples plages de Cape May et de toute la péninsule du «Jersey Cape» ne sont pas leurs seules ressources pour des vacances réussies. Plusieurs activités sportives et visites gourmandes permettent à coup sûr d’agrémenter le séjour.

CAPE MAY, VERSION SPORTIVE

Balade à vélo, kayak, planche à pagaie… Si vous n’êtes pas un mordu de surf ou de course les deux pieds dans le sable, mettez le cap sur l’arrière-pays, les routes de campagne comme les immenses marais salés typiques de la région. À Cape May comme à Wildwood, Stone Harbour et Avalon, la route du bord de mer (entre dunes et habitations) est doublée d’une piste cyclable. S’il fait trop chaud, l’eau n’est pas loin.

Sillonner les rues de Cape May en vélo est tout aussi sympathique et de chaque côté du canal, il y a plusieurs petites routes agréables pour pédaler. On peut se rendre ainsi jusqu’au phare. Les plus courageux montent ses 199 marches pour admirer la vue, à la confluence de l’océan Atlantique et de la baie Delaware, tandis que les autres se promènent à pied sur les sentiers du Cape May Point State Park, l’un des repères des ornithologues. En chemin, l’arrêt est de mise pour visiter les magnifiques jardins bios de la Beach Plum Farm, sur la Steven Street, voire y pique-niquer ou profiter d’un bon lunch.

En famille, le pique-nique est aussi possible, comme le vélo, dans le Cape May County Park, contigu à un zoo qui vaut vraiment le déplacement. Troisième en importance aux États-Unis et gratuit, on y rencontre de tout, des girafes comme des ours, des reptiles comme des paons, des zèbres, des singes et une multitude d’oiseaux. De longues passerelles permettent d’admirer les animaux gardés dans de grands enclos et des volières.

Quand il vente côté océan, on est plus à l’abri côté «wetlands». Ces marais salés de la péninsule sont d’une incroyable richesse faunique, car ils constituent une halte de choix pour les oiseaux migrateurs. Plusieurs tours guidés en kayak y sont organisés. Au Nature Center de Cape May, le départ se fait non loin de la marina. Le parcours dans le Cape Island Creek, un sinueux cours d’eau encadré de marécages, ne manque pas de charme et permet d’admirer des aigrettes blanches, des hérons bleus, des hirondelles, des outardes et différents oiseaux de rivage. Sans compter des balbuzards-pêcheurs, espèce en voie de disparition, qui nichent sur de hautes plateformes installées dans les marais.

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Terre-Neuve : sous le charme de l’île Fogo

Article paru à Huffington Post Québec le 16 aout 2016

Justin Trudeau y a passé le dernier week-end de Pâques en famille. Ouvert en 2013, le Fogo Island Inn attire depuis une clientèle argentée en provenance de partout sur la planète. L’hôtel de luxe, à l’architecture résolument moderne, a littéralement mis l’île Fogo sur la carte mondiale des destinations touristiques de choix. Tant mieux, car elle recèle de nombreux trésors, en plus de cet écolodge grand style sous-tendu par un ambitieux projet socioéconomique et artistique.

L’île magique en été comme en automne

De Twillingate, réputée pour être l’un des meilleurs endroits au monde pour voir passer des icebergs en mai-juin, le traversier de Farewell, au nord-est de la partie centrale de Terre-Neuve, n’est pas loin. En moins d’une heure, on débarque à Stag Harbour. De là, il est facile de sillonner l’île – la plus grande de la province – mais qui ne fait que 27 kilomètres sur 14, avec une belle forêt centrale. Surtout, il faut abandonner l’auto pour découvrir de jolis villages et profiter de nombreux sentiers pédestres longeant la côte ou débouchant sur des plages.

Dans la partie nord, au découpage rocheux, les villages de pêcheurs s’égrènent comme un chapelet. Plusieurs ont conservé un patrimoine historique important. L’île a vu passer les premiers pêcheurs français au 16ème siècle mais ne fut colonisée qu’au 18ème par les Anglais et Irlandais. Les ports de Fogo, Tilting et Joe Batt’s Arm regorgent à cet égard de belles maisons anciennes en clin de bois et de petits bâtiments de pêche, souvent sur pilotis, aussi colorés que les bateaux amarrés.

Tilting, classé lieu patrimonial canadien, témoigne notamment d’un riche passé irlandais dans ses maisons en bordure de la route principale, longeant le port. En plus d’une ancienne poste datant de 1887, le village abrite deux musées, le Lane House Museum et Dwyers Premises, où l’on peut bien apprécier la vie traditionnelle au quotidien des pêcheurs et de leurs familles au 19ème siècle.

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Éloge de la lenteur : TGV Paris-Barcelone

Neuf heures du matin en gare de Lyon, dans la capitale française : 6h15 plus tard, passées en TGV, on peut être à Barcelone la vibrante… mais pourquoi se priver de découvrir en cours de séjour quelques-unes des belles villes qui se trouvent sur le trajet, d’autant que leurs gares sont au cœur des cités?

Roulant presque toujours à 295 km̸ h, le TGV est en soi une expérience. Après la bousculade des quais de gare parisienne, l’ambiance feutrée des voitures bien insonorisées fait déjà descendre l’adrénaline d’un cran. Un regard vers l’extérieur et on a déjà quitté la grande ville pour filer vers le sud-est de la France. Du haut des voitures duplex, on a la plus belle vue panoramique. Défilent un aqueduc romain, des champs de céréales, des forêts, des troupeaux de vaches et de moutons, quelques villages… Cette traversée de paysages en accéléré nous mène bientôt à la vallée du Rhône. Coteaux et vallons se succèdent, avec les premiers vignobles et champs de lavande, la garrigue et le roc calcaire qui affleure. Dans le confort du TGV climatisé, on sent déjà la chaleur du sud…

Montpellier, comme un village de charme

Après Nîmes, Montpellier est le deuxième arrêt sur la ligne. A ne pas rater! La ville jumelée à Sherbrooke en vaut la chandelle, même pour seulement 24 heures. Un peu plus et on pourra profiter de la plage, à 11 kilomètres, accessible en tramway ou en vélo. De la gare, le quartier historique (surnommé l’Écusson) est à deux pas… De jolis hôtels de charme vous accueillent et tout s’y fait facilement à pied! On y découvre de grandes places comme celle de la Comédie, de verdoyantes allées comme celle de la place de la Canourgue et, surtout, des ruelles «blanches» moyenâgeuses, encadrées par de hauts murs de calcaire cachant des hôtels particuliers du XVIIe siècle. La ville en compte 80, dont celui du marquis de Montcalm. Par un passage voûté, on pénètre dans le jardin presque secret de L’Hôtel des Trésoriers de la Bourse. Quelques bons fruits frais en poche, achetés aux Halles Castellane, on pique vers le nord pour longer un monastère massif qui abrite la plus ancienne école occidentale de médecine et une cathédrale gothique au curieux porche soutenu par deux piles. Plus au nord encore, on fait le tour de l’imposant Couvent des Ursulines devenu centre de Montpellier Danse avant de remonter vers deux bâtiments symbolisant bien l’effervescence culturelle de la ville.

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Une visite au pays du sel et de sa fleur, la Guérande

Entre terre et mer, un paysage complètement atypique se dévoile : le plat pays vu de loin ne l’est nullement lorsqu’on sillonne la route étroite qui serpente sur un terre-plein argileux, bordé de milliers de rectangles d’eau luisante ou de grands étangs… jusqu’au bord de mer Atlantique. 

Sur la presqu’île de Guérande, juste au nord de la station balnéaire huppée de La Baule, on est au cœur de marais salants qui couvrent 2000 hectares. Du travail du paludier à la table, où le sel de Guérande et la délicate fleur de sel sont réputés partout dans le monde, il y a tout un savoir-faire ancestral et artisanal à découvrir. Les paludiers sont de curieux agriculteurs « miniers » : de vrais alchimistes, capables dans leurs salines de faire surgir de l’eau de mer ces fins produits 100% naturels, très riches en oligo-éléments et étonnamment pauvres en sodium. Le tout au terme d’un processus complexe d’évaporation de l’eau et de cristallisation du sel du à l’effet conjugué du vent, du soleil, de l’eau et de la main de l’Homme.

Sortie de plein air
Rendez-vous d’abord à Terre de Sel, au pied du joli village fortifié de Guérande, halte de choix pour la nuit et qui mérite aussi une bonne demi-journée de visite : tour de ronde sur les remparts, balade dans les rues pavées autour d’une belle Collégiale, shopping chez les artisans… Terre de Sel offre pour sa part une autre visite instructive. L’organisme à vocation touristique est une filiale de la Coopérative Les Salines de Guérande, qui regroupe les deux tiers des 300 paludiers de la région, avec une jolie boutique et une exposition permanente. On y organise aussi à l’année de nombreux tours guidés dans les marais salants, qui plairont autant aux adultes qu’aux enfants. En compagnie d’un guide naturaliste, on peut par exemple partir à pied, jumelles au cou, pour une petite virée à la fois ornithologique, agricole et culturelle ! Site naturel classé, les marais salants abritent 300 espèces d’oiseaux, dont de nombreux migrateurs attirés dans ce qui est un véritable garde-manger semi-marin…

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Les Iles du Pot à l’Eau-de-vie sur le fleuve

Le Sauvagîles fend l’eau et ses vagues quand le phare, tout habillé de rouge, se découvre à l’horizon, grossit et grossit jusqu’à l’approche finale. On débarque sur un long quai de bois qui grimpe sur les rochers de la petite île escarpée. Les visiteurs d’un jour partiront bientôt et l’île du Pot-du-Phare sera alors toute à nous! C’est la seule île accessible de l’archipel du Pot à l’Eau-de-Vie. 

Géré par la Société Duvetnor, l’archipel (qui doit son nom à son utilisation discrète au temps de la prohibition) est une des merveilles du Saint-Laurent, un site de rêve pour une nuit de rêve… Occupé à partir de 1861, et laissé à l’abandon en 1975, cet endroit a été brillamment restauré et réaménagé par Duvetnor. Autour du phare pimpant, la maison du gardien est unique en son genre. Trois chambres décorées à l’ancienne y accueillent désormais ceux qui ont réservé pour la nuit. On y dort comme dans un musée! Le forfait comprend un souper de fine cuisine régionale servi dans la salle à manger de l’ancien gardien. Ne traînez pas à table, car le coucher de soleil n’attend pas… On en profite sur la terrasse, assis sur des chaises Adirondacks, en solitaire sur un rocher ou du haut du phare.

Au matin, on prend le temps d’admirer à la jumelle les voiliers et vraquiers qui passent au loin, ou les oiseaux, nombreux sur le petit bout de terre. L’île du Pot-du-Phare est notamment une vraie «crèche» à eiders, où la Société Duvetnor récolte le duvet dans les nids à la fin de la période d’incubation. Une occasion de faire le suivi biologique de l’espèce

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Sur les pas de Félix Leclerc : des souliers au lieu des fleurs au cimetière

Article publié dans Le Monde et sur le monde.fr le 10 août 2015

En ce petit matin d’été, la pelouse du paisible cimetière de Saint-Pierre-de- l’Ile-d’Orléans, au Québec, est encore imprégnée de rosée. A gauche d’une jolie chapelle au toit en bardeau, la tombe de Félix Leclerc, autrefois solitaire, est aujourd’hui bien entourée. Elle n’a pas perdu sa sobriété, voulue par l’artiste aux multiples facettes de poète, auteur-compositeur-interprète, écrivain : une pierre de granit clair, à la verticale sur l’herbe rase, porte seulement son nom et les deux dates – 1914-1988 – encadrant sa vie.

Pas d’épitaphe, pas de fleurs. Sur la tranche, des pièces de monnaie ont été posées par ses admirateurs. « Des pièces porte-bonheur, peut-être, des vœux qu’on formule en se recueillant » : Nathalie Leclerc, qui a voué une bonne partie de sa vie depuis vingt-sept ans à entretenir la mémoire de son illustre père, ne sait pas trop. Comme elle ne sait pas pourquoi, ce jour-là, il n’y a pas, « comme d’habitude, un paquet de souliers au pied de la tombe ». Peut-être le tondeur de gazon les a-t-il mis de côté pour faire son travail…

La tombe de celui qui est considéré comme le père de la chanson québécoise et l’un des premiers à avoir été reconnu comme tel en France est, depuis sa mort, le 8 août 1988, la plus visitée du petit cimetière de l’île d’Orléans, aux portes de Québec. Ses fans n’en finissent pas de venir y déposer de vieilles godasses, des tennis,…

Pour lire la suite sur le site du Devoir ou le site du monde.fr.

Paris vu de haut

Paris vu de haut, c’est poser un regard d’ensemble – ou pointu – sur la capitale française, sous différents angles, voir émerger ces églises et autres monuments imposants qu’on a visité ou qu’on visitera un jour. Suivez le guide pour découvrir quelques sites insolites dans cet article publié sur le site du Huffington Post Québec.Toits de PARIS - Anne Pélouas

Oubliez la Tour Eiffel, le Toit de la Grande Arche de la Défense et la Tour Montparnasse du haut desquels on domine certes la capitale française mais au prix de longues files d’attente au pied des ascenseurs et en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes. Oubliez aussi, sauf exception, la multitude de bars et de restaurants chics qui ont leur « rooftop », comme disent les Parisiens ! Il existe bien d’autres façons de prendre un peu de hauteur (mais pas trop) pour découvrir cet autre Paris. Avec des vues souvent insolites sur ses typiques toits de zinc et ses nombreux monuments, sans compter d’incroyables détails architecturaux.

Parc de Belleville
Entre les vignes et la fontaine en cascade, ce petit parc du 20ème arrondissement, au nord-est de Paris, a déjà un charme fou mais au coucher du soleil, il faut avoir grimpé au sommet de la colline qui lui sert d’écrin. De la terrasse tournée vers l’ouest, la vue est imprenable sur le centre de la capitale, surtout quand le ciel s’embrase. Même quand la nuit est tombée, la Tour Eiffel brillamment éclairée semble surgir du néant…

Palais de Chaillot/Musée du quai Branly
Ces deux musées réputés se font quasiment face d’un côté de la Seine à l’autre, à l’ouest de Paris. Du Parvis des droits de l’homme et des libertés dans le 16ème arrondissement, entre le Palais de Chaillot et le Musée de l’Homme, les Jardins du Trocadéro à vos pieds descendent jusqu’au fleuve, avec la fameuse Tour Eiffel en alignement parfait ! Pour la voir d’un autre point-de-vue, on traverse la Seine pour aller prendre l’apéro sur la terrasse du chic resto Les Ombres un jour de beau temps, à défaut de pouvoir se payer cette table de renom qui partage son toit avec le Musée du quai Branly, dans le 7ème arrondissement. En prime, le Trocadéro, la belle verrière du Grand Palais et au loin plus au nord, Montmartre et le Sacré-Cœur.

Le Déli-cieux
Dans la gamme des grands magasins parisiens, le Printemps (dans le 9ème arrondissement) vous régalera à coup sûr! Sa terrasse carrée du 9ème étage a quelques bancs pour se reposer en prenant le soleil mais on peut aussi en profiter pour luncher à la cafétéria, prendre un verre ou simplement un café. Un regard pour les désormais attraits incontournables de la Tour Eiffel et de La Défense mais surtout pour s’arrêter sur de plus insolites : l’arrière de l’imposante église de La Madeleine toute en colonnes, les immeubles haussmanniens en alignement parfait, les toits étagés en zinc gris… En avant-plan, on se délecte particulièrement d’être aussi proche d’une série de dômes et de tourelles dorées, qui marquent le territoire aérien du Printemps.

Galeries Lafayette
Pas le temps de traîner… A la descente sur le boulevard Haussmann, on ne fait que quelques pas pour remonter par l’escalier roulant au sommet des Galeries Lafayette. On admire au passage, à l’intérieur, la coupole richement décorée. De la terrasse du 7ème étage, couverte de tapis vert, la coupole a nettement moins d’intérêt ! Une plaque rappelle qu’en 1919, un aviateur – Jules Védrines – a posé son appareil sur cette terrasse… Même si elle est immense, on a réellement peine à le croire. Collée sur l’arrière du Palais Garnier (Opéra national de Paris), elle est l’endroit rêvé en tout cas pour relaxer, pique-niquer, voire faire la sieste dans un fauteuil.

Pour lire plus de suggestions, visitez le site du Huffington.

Un voyage gourmand au Costa Rica

Vous avez envie de soleil et de chaleur en ce mois de janvier. Lisez l’article que j’ai écrit pour le journal Le Soleil et qui vous propose un voyage gourmand au Costa Rica.

La pura vida, cette joie de vivre dont le Costa Rica a fait son slogan, a des ramifications jusque dans sa cuisine. De plus en plus prisé l’hiver par les Québécois, ce pays est davantage reconnu pour ses plages et ses activités écotouristiques que comme destination gourmande. Pourtant, il est possible d’y découvrir de bons produits et plats autres que le gallo pinto (riz et haricots) ou le pollo à toutes les sauces… Encore que même cette cuisine traditionnelle soit si parfumée qu’on aime y revenir, y compris au petit déjeuner. De la région centrale à la côte Pacifique, suivez le guide des saveurs au pays des Ticos!

À peine le pied posé à l’aéroport de San José, on file au marché central aux allures de souk. Dans un dédale de ruelles couvertes, un étal d’épices odorantes succède à un autre d’herbes séchées. Pour un premier café costaricain, on fait arrêt au Cafe central qui torréfie ses grains sur place mais, à l’heure du lunch, on opte pour un jus de Guanábana ou corossol à la Marisqueria San José. Ce gros fruit vert et épineux donne un délicieux jus blanchâtre, doux et acidulé. Il est temps ensuite de goûter aux tamales, petits pâtés à la farine de maïs, farcis et gentiment épicés, avant d’être bouillis dans un morceau de feuille de bananier.

Le nouveau-né des Traversées de la Gaspésie

Voici un article que j’ai publié sur le site Huffington Post le 2 octobre 2014. Vous pourrez y voir des photos de la Traversée de la Gaspésie en randonnée pédestre.

Dernière-née de la gamme des «traversées de la Gaspésie», dites TDLG pour les connaisseurs, celle «à bottine» a pris son envol cette semaine en pleine saison des couleurs qui resplendissaient dans le parc national de la Gaspésie et sur la côte, de Sainte-Anne-des-Monts à Gaspé. Après treize éditions du forfait de groupe en ski de fond et quatre à vélo, la «bottine» a pris le relais, affichant complet depuis plusieurs semaines : avec 125 mordus de randonnée pédestre prêts à parcourir 115 kilomètres en six jours mais aussi à faire la fête le soir, partir à la rencontre de l’autre, goûter des produits typiquement gaspésiens…

La Gaspésie sportive

Même s’il y en a pour tous les goûts (en pouvant raccourcir les trajets), la TDLG à bottine est tout de même un bon défi physique, comme le relève sa porte-parole, la comédienne Pascale Bussières. Joggeuse, skieuse de fond, elle fait aussi beaucoup de yoga mais a été surprise par le degré de difficulté des premiers parcours de la TDLG dans le parc national de la Gaspésie: «Ce n’est pas le cardio le problème, c’est la concentration et la dextérité pour passer de roche en roche sur des sentiers qui en sont pleins», expliquait-elle après la longue descente du circuit du mont Albert, complété sous un soleil exceptionnellement chaud dimanche dernier.

Lise Côté, 73 ans, doyenne de la TDLG, est l’une des premières sur le sentier. «Sportive non compétitive», elle rentre d’une randonnée en Islande, fait du ski hors-piste l’hiver, du vélo et de la marche en été. «À mon âge, Je n’ai pas de temps à perdre», dit-elle avec un sourire malicieux. Sur le sentier, elle ne s’arrête guère: «Je suis dans ma bulle. J’ai de la route à faire, alors je garde un rythme constant».

Ce qui ne l’empêche pas de regarder le paysage… tout comme Jasmin Préville, l’un des «jeunots» de cette cuvée 2014. Grand voyageur, ce paysagiste-horticulteur a quitté ses Laurentides pour la Gaspésie le temps de la TDLG (comme il avait renoncé aux Tropiques l’hiver dernier pour celle en ski de fond): «j’ai eu un vrai coup de coeur pour ces parcours de nomades du plein air. Je me sens comme en voyage dans mon propre pays». Sportif contemplatif, il aime «monter vite aux sommets, puis s’asseoir et prendre le temps d’admirer le paysage tout en parlant aux autres».

La Gaspésie nature

Elle se dévoile au marcheur au détour d’un lacet de montagne ou quand la forêt s’ouvre sur un panorama grandiose, tels ceux des sommets du mont Albert ou du mont Jacques-Cartier : une vraie « mer » de montagnes, sur lesquelles on aurait déposé un tapis rouge-vert-jaune, couleurs chaudes des feuilles d’arbres et des buissons. Même chose sur le Sentier international des Appalaches qu’on grimpe jusqu’au mont Saint-Pierre, avec le fleuve en contrebas, puis le mont Louis, avec descente abrupte dans un festival de couleurs !

La Gaspésie faunique

Il fallait le faire: convoquer Gitane l’orignal et son petit pour venir souhaiter la bienvenue au Gîte du mont-Albert aux randonneurs venus de Montréal en autobus, puis les convoquer de nouveau au petit matin du départ pour l’étape du mont Saint-Pierre… La Gaspésie ne manque pas de richesses fauniques, dont on peut se délecter en marchant. Les caribous étaient ainsi bien au rendez-vous du mont Jacques-Cartier, comme les tétras du Canada sur le mont Xalibu et les geais gris au lac aux Américains, dans le parc de la Gaspésie.

La Gaspésie musicale

La musique est à l’honneur durant toute la «traversée». L’accordéoniste gaspésienne Sylvie Gallant assure le départ comme l’arrivée des troupes et pousse la chansonnette à répondre dans les autobus de transfert : «Chausse tes bottines-Oui c’est parti-Mes chers amis-L’automne est là-Tout en couleurs-Marchons d’un pas- de randonneur… » La musique les rattrape encore à la halte du midi, avec le duo acadien V’là l’bon temps, qui transporte flûte et guitare à dos de sacs de jour ! Le soir, pour ceux qui sont capables de veiller un peu, place au trio jazz spécial TDLG formé par Philippe LeBlanc, Juan Cruz et Bobby Cotton.

La Gaspésie du partage

Au hasard d’un sentier, l’un vous donne un petit cours de botanique alpine, l’autre propose sa gourde d’eau à celui qui n’en a plus, un pansement au blessé, une aide psychologique aux plus fatigués… Et à chaque étape, les occasions de belles rencontres avec de «purs» Gaspésiens ne manquent jamais.

La Gaspésie gourmande

Marcher c’est bien, manger c’est mieux! Si les randonneurs carburent aux sandwichs et fruits séchés le midi, on se délecte de produits régionaux à certaines pauses en forêt, à l’heure de l’apéro et du souper. Poissons fumés Atkins, bière Pit Caribou, crevettes du Nord Atlantique, bouchée de canard, fromage de chèvre, dessert au coulis de fraises, vin de rhubarbe…Tout y passe pour repartir d’attaque et surtout du bon pied le lendemain!

Pour plus de renseignementsTDLG Gaspésie

La traversée de la Gaspésie maintenant à pied

Voici un article paru dans le Monde le 2 octobre 2014  pour parler de la Traversée de la Gaspésie  qui a eu lieu au début de l’automne. Reportage sur une randonnée au coeur de cette région québécoise.

Ils sont venus de Montréal, du Québec, voire de France, rejoindre le bataillon des 125 participants à la Traversée de la Gaspésie, entre le 27 septembre et le 4 octobre. La TDLG a beau être un pur produit de cette péninsule québécoise, elle fédère ­au-delà de ses frontières naturelles.

« La grande famille gaspésienne n’est pas regardante », confie Claudine Roy, l’instigatrice de l’événement, qui œuvre à dynamiser la ­région hors saison estivale. La famille, ajoute-t-elle, « s’agrandit à la demande, adopte ceux qui viennent admirer ses paysages, partager du plaisir le temps de cette grande fête du plein air et de l’amitié ».

Forte de treize éditions en ski de fond et de quatre à vélo, la TDLG a accouché cette ­année d’une version « bottine », fort à propos, alors que la Gaspésie venait d’être sacrée par le magazine National Geographic quatrième plus bel endroit du monde pour admirer les couleurs de l’automne. La bottine, c’est la chaussure de rando, et la traversée, un parcours de six étapes, soit 115 kilomètres à pied, entre montagne et bord de mer.

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