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Galerie d’art à L’Ane rouge

A Nice, il y a un charmant restaurant donnant sur le port de plaisance où, pour 26 euros, on goûte le midi à un délicieux menu provençal. Mais il y a plus. En discutant avec le chef-propriétaire Michel Devillers, j’ai appris l’origine du nom de son restaurant… un hommage au peintre Chagall et à l’une des œuvres qui composait son bestiaire pictural. Par qui ? Par sa maîtresse Anne Imbert qui en fut la propriétaire ! Imaginez l’ambiance de ce resto à l’époque où Chagall, Picasso, Matisse le fréquentaient, amoureux qu’ils étaient tous de la lumière de Nice… Comme Cocteau, venu en voisin de Villefranche sur mer ou de Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Tandis que le chef actuel me parlait de son goût de bien faire les choses tant en cuisine que pour son approvisionnement, mon œil était attiré par une sculpture d’un âne élancé, tout rouge, dans l’entrée du restaurant. Signée Patrick Gibelli, un monégasque « protégé du Prince de Monaco », me dira Michel Devillers. Lui-même aime tellement son travail qu’il compte accueillir une expo de l’artiste fin mars prochain. La sculpture d’entrée n’est pas la seule évocation de cet âne rouge chagallien qu’on retrouve notamment sur de jolis couverts à poisson.

Retour au chef dont le poisson est la spécialité même s’il est fils de boucher. Il m’amuse en me parlant de son « pêcheur particulier » qui a la clé du resto et lui réserve chaque matin une surprise. Il donne priorité à la pêche locale mais travaille aussi en direct avec un pêcheur breton ! De la Bretagne à Nice, ce n’est pas trop loin ? Il répond que le pêcheur l’appelle pour lui dire qu’il a 3 lottes, 5 bars, une raie… A 21 h, le poisson part en camion pour Avignon, puis Nice… Au matin suivant, il est au resto, prêt à être cuisiné.

Avis à ceux qui aiment la poutine, mets supposément vedette du Québec et que je trouve personnellement sans intérêt (sauf au foie gras ou au homard): la poutine peut être bien autre chose que des frites avec du fromage en grain et une vulgaire sauce brune. Michel Devillers m’apprend que la poutine est le nom de l’alevin de la sardine !

Avant que je ne le quitte, il me demande si je suis déjà allée aux îles des Saintes (Guadeloupe). « Non, pourquoi ? » Il me répond que je ressemble aux femmes de cet archipel ! Bizarre… je ne suis pas Antillaise. « Aux Saintes, la population est de descendance bretonne », m’apprend-il. Tout s’explique donc, puisque je suis moi-même bretonne de nom et de grand-père paternel !

http://www.anerougenice.com

Gastronotes – Menu tout dattes

C’est la proposition un brin étonnante que nous faisait la semaine dernière à Montréal le chef Jonathan Garnier, de la Guilde culinaire.

De retour d’un voyage en Californie à la découverte d’exploitations de dattes de la Vallée Bard qui sont commercialisées sous la marque Natural Delights, il nous a expliqué l’origine des dattes Medjool, autrefois réservées au roi du Maroc. Dix-huit dattiers marocains ont depuis pris le chemin de la Californie. Il n’en restent que 6 mais bien plantés dans le sens du vent, ils se sont rapidement multipliés.

J’y ai appris que pour avoir une bonne qualité de dattes, on ne gardait qu’un régime sur dix. Elles deviennent alors plus grosses et plus juteuses. Ventant les mérites des dattes pour la santé, Jonathan m’a bien intéressée avec son lait aux dattes infusées pour sportifs et ses idées de tajine en dessert avec amandes, cannelle et fruits secs, de glace ou de crème anglaise à la datte.

Passons à table

On débute par un samossa de chèvre et ketchup de dattes, suivi par un petit velouté de carottes aux dattes et mini-burger au porc effiloché et sauce aux dattes BBQ (divin).

J’ai surtout aimé le tartare de saumon et son émulsion de dattes. Le tartare était lié par une huile au citron et agrémenté de pois wasabi écrasés, ce qui donnait un mélange de textures aussi curieux que réussi. Le foie gras de canard (au torchon mais cuit à la vapeur) avec croustillant de dattes aux épices et gelée de lime présentait plutôt un intéressant mélange de saveurs douces et astringentes.

Suivait une drôle de papillote de bar du Chili dans un sac plastique dont je ne vois guère l’utilité autre que de voir à travers ! Le poisson était accompagné d’une délicieuse purée de chorizo, datte et ail. Il semble que le mariage soit aussi bon avec de la morue charbonnière.

Jonathan nous présentait ensuite une double côtelette d’agneau qu’il aime très cuites. Avec beurre de dattes et estragon (peu goûteux) et moelleux de polenta excellent. Ne sachant pas très bien réussir une polenta, j’ai pris sa recette: un quart de crème, un quart de lait, la moitié de bouillon et un peu d »ail, le tout mêlé à la polenta puis cuite 20 minutes dans un peu de beurre…

Au final, une mousse au chocolat était accompagnée d’une crème glacée aux dattes. Irrésistible.

En prime, je retiens l’idée (en plus de les manger en collations sportives) d’utiliser la datte comme agent sucrant et celle (hors-dattes) de mettre un peu de citron dans un risotto avant de servir !

http://www.naturaldelights.ca

http://www.laguildeculinaire.com

 

Pédicure aux petits poissons

Le truc est à la mode depuis quelques années et certains spas ayant pignon sur rue à Montréal le proposent. Pour se faire nettoyer en douceur les vieilles peaux de pieds, de petits poissons seraient l’idéal. L’idée est certes séduisante et originale. Je me promettais d’ailleurs, étant curieuse de nature, de tester le produit prochainement. Voilà qu’une brève du Monde m’apprend que la « Fish pédicure » (en français dans le texte) vient d’être mise à mal dans une étude française de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Selon elle, l’immersion des pieds dans un bac d’eau contenant des poissons de l’espèce Garra rufa présente un risque de transmission d’agents pathogènes et accroît la sensibilité aux infections de la peau…

Morale de la journaliste Sylvie Chayette: mieux vaut reprendre sa pierre ponce… Dommage, j’aimais bien l’idée de la chatouille piscicole…

Huard et poisson, même combat

J’ai une passion pour le chant envoûtant du huard, ce beau canard plongeur qui aime tant les lacs québécois… Les pêcheurs l’aiment aussi, à en croire le Magazine Aventure Chasse & Pêche feuilleté récemment. Quand le huard opère plusieurs plongées dans un petit rayon d’action, c’est qu’il est en train, selon lui, de s’empiffrer sous l’eau de petits poissons qui en attirent de plus gros. Dirigez-vous droit sur le huard, suggère le magazine, pour lancer ensuite votre ligne à l’eau !

Pour les vrais contemplatifs comme moi, on suggère plutôt de se tenir à distance raisonnable…

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