Une fromagerie modèle
La Fromagerie Hamel est une vraie entreprise familiale ayant pignon sur rue au Marché Jean-Talon et à celui d’Atwater mais qui a quatre autres boutiques dans Montréal. Ian Picard, maître-fromager-affineur présentait la semaine dernière aux journalistes le nouvel agencement de la fromagerie du marché Jean-Talon, avec un espace plus convivial pour « magasiner » du fromage et d’autres produits fins.
En façade, une nouvelle cave à fromages vitrée de trois côtés laisse voir les fleurons de la maison ! « C’est vraiment un écrin pour les bijoux que sont les fromages », expliquait un Ian Picard enthousiaste. Au centre de la cave de garde trônait une demie-meule d’un fromage d’exception que nous avons eu la chance de goûter: le Pionnier. Le fromage de lait cru de vache et brebis, à pâte ferme pressée cuite et à croûte lavée, était vraiment délicieux ! Sauf que Le Pionnier est produit en quantité limitée, ce qui fait que même la fromagerie Hamel ne peut l’offrir que quelques fois par an. Il est le fruit du travail commun de la Fromagerie Nouvelle France, à Racine, et de la Fromagerie du Presbytère, à Sainte-Élizabeth-de-Warwick.
Dans la gamme Le Pic (surnom des Picard), d’excellents fromages ont été sélectionnés au Québec comme en Europe par Ian Picard qui assure ensuite leur vieillissement. J’ai bien aimé le Comté Le Pic, au lait cru de vache, et le Veinard, au chèvre, mais le Pic Amour Le Pic en mettait décidément trop en lait et crème de vache, avec croûte épaisse de bleuets et canneberges macérés dans le Sortilège au whisky et sirop d’érable. Par contre, le Saint-Félicien Le Pic moulé à la louche et le Maroilles affiné à la bière emportaient immédiatement mon adhésion.
Vive les fromages !
Dany Laferrière, nouvel immortel
Les Éditions Boréal sabraient le champagne le 29 janvier à Montréal en l’honneur d’un auteur-phare, Dany Laferrière, élu tout récemment à l’Académie française.
Plein d’humour, l’écrivain et président de Boréal Jacques Godbout a venté les mérites du nouvel immortel au « curriculum vitae exemplaire » qui se baladait déjà de Port-au-Prince à Montréal, Miami et Paris. « S’il a un passeport canadien, a-t-il ajouté, il est d’abord sujet littéraire, comme on disait autrefois sujet britannique ».
Dany Laferrière, qui se présente volontiers comme étant « de nulle part », a lui aussi réjoui l’assistance par son langage coloré. Morceaux choisis:
« Ce qui fait peur quand on est immortel, c’est le nombre de discours qui nous attend ».
« La devise qui me plaît est celle-ci: lent à se décider; prompt à agir ».
« Port-au-Prince, c’est la ville du jeune homme, qui écrit déjà et a risqué sa vie; Montréal m’a appris la liberté, la vie quotidienne, le vin, les après-midis sans fin, la nuit »…
Les Francofolies de Montréal ont 25 ans
L’Équipe Spectra dévoilait hier la programmation en salles de cet événement-phare de la chanson francophone, prévu du 13 au 22 juin. Un melting-pot qui fait tourbillonner les têtes et les oreilles, tant on cherche à plaire à tout le monde et surtout à remplir les salles. Faut ce qui faut !
Alain Simard, le PDG, estime que les Francofolies « ont le vent dans les voiles » depuis leur déplacement dans le créneau du mois de juin, où elles lancent la saison des festivals estivaux au Québec. Allez-voir les monstres sacrés mais ne négligez pas les « artistes en développement » qui font les premières parties, conseille-t-il.
Laurent Saulnier, brillant programmateur, a concocté une sélection aussi riche que d’habitude. Côté nostalgie, place Au Chants d’amour de Félix (Leclerc) en grand spectacle d’ouverture en salle, avec Gilles Vigneault comme chef de chœur ! En clôture, c’est un Salut à Claude Léveillée qui sera orchestré par plusieurs artistes québécois.
A noter: l’association avec le Théâtre du Nouveau Monde pour la présentation de six représentations de la pièce de théâtre musical Le chant de Sainte-Carmen de la Main, mis en scène par René-Richard Cyr à partir d’une pièce de Michel Tremblay; un hommage à Brel le 19 juin; le retour de Serge Lama, les 50 ans de scène de Robert Charlebois…
A suivre: la bombe Lisa LeBlanc; le jeune groupe Forêt; le buzzy man Karim Ouellet; Coeur de pirate en solo; Jorane au Gesu; les folles nuits aux Katacombes; Daphné chante Barbara, un must selon Laurent Saulnier.
Toutes infos sur www.francofolies.com
Comme à la campagne…
L’hôtel du Massif, à Baie-Saint-Paul, est « le plus urbain des hôtels de campagne », dit son directeur général Richard Germain en faisant la visite guidée des lieux. Ouverte depuis quelques mois, La Ferme a une parenté évidente avec le groupe des hôtels Germain où œuvrait lui-même auparavant M. Germain, le frère de Christiane Germain, la PDG du groupe… Il m’apprend (ou l’ai-je oublié) que Daniel Gauthier, l’homme derrière le méga-projet du Massif, a aussi investi dans les Germain. Presqu’une histoire de famille…
Hôtel-boutique lui aussi, La Ferme mêle néanmoins rustique et contemporain. On aime ces références permanentes en décoration au passé des lieux : une vraie grande ferme au milieu des champs donnant sur la baie, tout proche du centre-ville de Baie-Saint-Paul. Le bois voisine avec le béton dans des bâtiments au noms évocateurs : la Basse-cour, le Clos, la Bergerie, le Moulin. Certaines chambres ont des murs en portes de grange; toutes ont des reproductions de photos anciennes de la région… Lors de notre visite, une vieille dame s’est reconnue juchée sur une motoneige quand elle était nettement plus jeune !
Dans cet « anti-resort », les chambres sont aussi chaleureuses et bien conçues que les espaces communs, dont le lounge-bibliothèque-bar Le Bercail (avec vins au verre et petits repas à prix honnêtes), le Café du marché (et sa jolie boutique) et le Spa du Verger. Relativement modeste, celui-ci offre tout de même de très beaux espaces de relaxation, jouxtant le bain vapeur et le sauna à la lumière naturelle. Dans le couloir, une curieuse machine à glace: après le sauna, on peut s’enduire le corps de cette fine glace concassée avec huiles aromatiques !
L’hébergement de classe supérieure fait sa place aux moins argentés ! Au-dessus de la gare où arrive le train du Massif en provenance de Québec, il y a douze chambres vraiment originales, avec quatre lits escamotables de standard comparable aux autres. Au total 48 lits disponibles selon une formule de type auberge de jeunesse, empruntée selon Richard Germain à un hôtel suisse. A 175 dollars la chambre, pour quatre personnes, on approche du prix d’un refuge dans un parc québécois sans eau, ni électricité !
A l’étage du bâtiment principal, coup de cœur pour le restaurant Les Labours. Sa cuisine centrale ouvre sur la belle salle, elle-même abondamment éclairée de l’extérieur. Le service est rapide, efficace et chaleureux. A table, on se régale de bons produits du terroir charlevoisien, traités avec grande classe par le chef David Forbes, un ex de Leméac, à Montréal. De quoi compléter avec brio l’expérience d’un hébergement à La Ferme qu’on peut aussi coupler avec un bon spectacle, car La Ferme a une salle hors-pair côté acoustique et une programmation de haute volée !
Les plus : la literie ; mille détails de déco, dont de fabuleux luminaires, boîtes de lait recyclés et créations d’un atelier de jeunes décrocheurs de Baie-Saint-Paul. On comprend que La Ferme ait remporté tout récemment le premier prix des Retail and Leisure Interiors Awards 2012 – catégorie Hotels and Service Retailers !
Les moins : les « placotages-bavardages » au spa extérieur; les démarches un peu lentes à l’accueil.
Ski de printemps au Massif
Après la piste de luge expérimentée l’an passé (superbe), j’ai passé une journée pour le magazine Géo Plein Air à la station du Massif, dans Charlevoix le week-end dernier, juste avant la fin de saison prévue ce dimanche ! Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. N’étant pas une grande skieuse alpine, je me suis concentrée sur les pistes vertes et bleues à l’est de la station. Avec de la très belle neige en matinée et, température et passages de skieurs aidants, de belles bosses en fin d’après-midi… De quoi s’en mettre plein les cuisses !
J’ai adoré l’expérience avec cette vue incroyable sur le fleuve, l’Isle-aux-Coudres, les montagnes environnementales et des pistes suffisamment longues pour ne pas faire la file à tout bout de champ aux remontées mécaniques.
Les plus: le panorama, les remontées ultra-rapides, la variété des pistes, le restaurant Mer & Monts au sommet, pour une touche gastronomique.
Les moins: le prix relativement élevé à la journée ou à la demie-journée mais des forfaits intéressants si l’on compte skier plus souvent !
Notes d’une journaliste (aussi) politique
J’étais en balade la semaine dernière entre Ottawa, Toronto et Montrėal afin de suivre pour Le Monde le Premier ministre français en voyage officiel au Canada pour la première fois. C’est au pas de course que nous filions d’un rendez-vous a un autre, parfois sans même avoir le temps d’entendre l’invité de marque, comme à l’Université de Toronto! Raison : la GRC avait refusé que le minibus des journalistes français prenne place dans le cortège officiel du chef de gouvernement, lequel avait l’immense avantage de stopper le trafic routier, à l’heure de pointe de l’après-midi, pour se rendre à l’aéroport Pearson ! Las, contrairement à Ottawa où nous faisions partie du cortège (5 limousines, des dizaines de voitures, une ambulance, deux minibus), nous avons passé plus d’une heure dans les embouteillages torontois avec la crainte de ne pas arriver à temps sur le tarmac pour embarquer dans l’avion officiel de la délégation. Finalement, le conducteur a attrapé la queue du cortège près de l’aéroport et sommes arrivés à temps, avec mon article quasiment écrit dans le bus !
Comme au matin, pour le vol Ottawa-Toronto, l’accueil à bord de l’Airbus A 310 de l’armée de l’air française (assurant les voyages du Premier ministre français) est irréprochable. Pour calmer les esprits, rien de tel qu’une coupe de vrai champagne ou d’un bon bourgogne…
A bord, certains journalistes se reposent tandis que d’autres (comme moi et le journaliste de l’AFP) travaillent, confortablement assis dans des sièges typiques classe affaire. Au vol aller, vers 11h30, nous avions eu droit à un repas froid gastronomique, illustré par la photo ci-dessous! Avec crevettes aux petits légumes, flan d’asperges et poisson fumé, purée de champignons, brochette de bœuf, fromages fins et dessert, le tout servi avec de vrais couverts et verres en verre pour le champagne ou un château Margaux… Mais seulement cinq minutes pour l’avaler avant l’atterrissage…
A l’avant de l’appareil, les ministres et les grands pontes de l’industrie qui les accompagnent; à l’arrière, les conseillers de tout ce beau monde et les journalistes. Pas beaucoup d’échanges entre les deux « zones », ceux de la première se gardant d’approcher la « clique » journalistique. Certains viennent tout de même « vendre leur salade » aux journalistes, comme cet attaché de presse de Joe Oliver, ministre canadien des ressources naturelles, qui vient me parler sables bitumineux albertains et pipeline Keystone pour lequel le gouvernement canadien fait des pieds et des mains ces temps-ci dans l’entourage d’Obama pour qu’il l’accepte. Un autre, chef de PME visiblement passionné, viendra m’entretenir de son logiciel libre qui fait un tabac en France et qu’il veut vendre maintenant au Canada via une filiale à Montréal.
La veille, réception et discours du Premier ministre à l’ambassade de France à Ottawa, magnifiquement située sur le bord de la rivière des Outaouais. Buffet de luxe, dont de délicieux macarons au foie gras, vin et champagne coulant à flot… On attrape un morceau au passage car il n’y aura pas forcément de repas ensuite pour nous, pauvres journalistes obligés de suivre M. Ayrault mais ensuite de courir écrire nos papiers ou de monter nos reportages télé ou radio pendant que les membres de la délégation mangent tranquillement… Nous fumes toutefois très bien traités par les accompagnateurs presse de la délégation, ayant toujours dans les salles de presse de bons buffets pour alimenter nos neurones.
Essai de trottinette des neiges
C’est l’un des nouveaux sports d’hiver à la mode au Québec: la trottinette des neiges tirée par un chien « normal ». J’ai testé la chose le week-end dernier dans le parc régional des Appalaches (région de Chaudière-Appalaches) sur neige fraîche. Les beaux pitous vaillants (surtout des bouviers bernois réputés pour leur endurance) tiraient la langue. Et nous devions patiner allègrement pour les aider, même sur terrain quasi-plat. Un excellent exercice cardio-musculaire (cuisses-fessier) ! En phase de récupération (tous les 500 mètres), voyez les chiens à l’œuvre sur la photo ci-dessous… J’ai résumé l’essai en un « mini-traîneau à chiens » avec certes moins de défis que le vrai avec chiens puissants type Husky, en terme de vitesse (bienvenue aux adeptes de la glisse lente) et de conduite de traîneau (moins sportive dans les virages) mais pour la dépense physique, le partage est plus égal entre patineur et chien, parole de testeuse ! On pourrait aussi appeler ça de la patinette sur neige quoique qu’on puisse bien trotter pour ne pas trop fatiguer les toutous.
Le parc régional des Appalaches a choisi pour « niche » les propriétaires de chiens en mal de balades de toutes sortes, dont celle-ci. On peut y louer trottinette et harnais pour pas cher ou participer à une sortie guidée d’initiation.
Visite de palace
En balade à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans le sud de la France début janvier, j’ai visité l’un des plus beaux palaces de la Côte d’Azur. Le Grand Hôtel du Cap Ferrat domine la pointe de la presqu’île avec une vue incroyable sur la mer et des jardins dont on devine la beauté même en hiver. A défaut de loger sur place – certaines suites coûtent 4.000 euros la nuit – on peut à tout le moins aller prendre un verre à l’heure de l’apéritif (comme le cocktail Cocteau à la Suze) ou à l’heure du thé.
www.saintjeancapferrat.fr; www.cotedazur-tourisme.com; www.grand-hotel-cap-ferrat.com














Grouille pour pas qu'ça rouille