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C’est parti !

photo (5)Devinez où ?

Après des semaines d’incertitude, de démarches administratives, de tractations, de formulaires à remplir, me voilà de nouveau en route pour l’une de mes destinations préférées: le Nord du Canada. Je suis partie hier matin de Montréal sur les ailes de First Air, avec un avion dont la queue arborait ce magnifique chien de traîneau sur fond de toundra gelée. Trois semaines de découvertes, de rencontres, de paysages colorés en bleu et blanc m’attendent.

Des nouvelles de l’État de New York

Ils sont venus en grand nombre à Montréal cet automne, vanter les mérites du tourisme dans l’État de New York. Avec leur sympathique logo  « I love NY », le love étant un beau cœur rouge.

Gavin Landry, directeur du tourisme pour l’état, se réjouissait de la forte poussée du tourisme canadien en 2012-2013, particulièrement du côté du Québec, avec 600.000 visiteurs. Ce qui ne les empêche pas de lancer une nouvelle offensive de charme dans l’est canadien pour conforter ce lien touristique et pousser les visiteurs à aller découvrir Rochester, Syracuse ou la région des Adirondacks. Personnellement, j’en ai surtout retenu l’idée d’aller faire un tour l’an prochain dans la région des 1000 îles du fleuve Saint-Laurent, non loin du lac Ontario que je ne connais que du côté canadien et qui doit compter son lot de maisons de villégiature historiques et de jolis parcours en kayak de mer !

www.iloveny.com

A la pêche aux moules bleues – Ile du Prince Édouard

P1140252La large baie St. Peters, peu profonde, s’engouffre vers l’intérieur des terres. Elle est très propice à la pêche, notamment pour les moules et les huîtres dont nous sommes si friands à l’approche de l’hiver… La mytiliculture (ou aquaculture de moules) existe depuis vingt ans sur l’île du Prince Édouard. Troisième industrie de l’île après l’agriculture et le tourisme, avec 16 millions de livres vendues par an, la culture de la moule bleue est passionnante à observer.

J’ai eu la chance en septembre dernier de faire un tour de bateau avec Terry Innis, le patron de la compagnie Atlantic Aqua Farm, qui exploite la marque Canadian Cove. Il nous montrera comment on place au départ des semences de moules à l’intérieur d’un long filet. Remplis comme des saucisses, les filets sont ensuite accrochés à un mètre de distance sur un cordage qu’on met a l’eau dans la baie avec des bouées en surface. Le processus de culture est 100 % naturel. Au bout de quelques semaines, les moules grossissent et font éclater les petites mailles du filet tout en s’accrochant aux grosses. Elles croissent ainsi en paquet le long du filet que les pêcheurs viennent vérifier tous les trois mois. Ils en profitent pour ajouter des bouées sur les cordages afin de maintenir les moules à environ quatre mètres en-dessous de la surface. Il faut compter dix-huit mois à deux ans pour un cycle complet.

Cette pêche « durable », très peu mécanisée, a lieu tout au long de l’année, y compris quand le gel recouvre la baie en février et mars. La compagnie emploie 135 personnes, y compris à son usine où les moules sont simplement nettoyées et empaquetées pour prendre la route du sud. Soixante pour cent de la production est vendue aux États-Unis et 40% au Canada, 80% en moules fraîches et 20% en moules congelées.

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De dunes et de déportation au parc national de l’Ile du Prince Édouard.

P1140202C’est en visitant ce parc magnifique de la côte nord de l’île que j’ai appris que les Anglais l’avaient débaptisée – elle s’appelait Saint-Jean – après avoir déporté en 1758 des milliers de colons acadiens. Triste histoire qui flotte encore sur la région. Le parc national est divisé en trois secteurs. J’ai visité celui de Greenwich, le plus à l’est. Il occupe la péninsule du même nom. Ne manquez pas la visite du centre d’interprétation, avec arrêt à la salle de projection, vraiment originale: au sol, un grand « carré » de sable blanc… oval en fait, qui sert d’écran, en plus d’un autre écran au mur. On regarde le film qui raconte l’histoire de la région depuis une mezzanine.

En route pour une balade à pied ! Le parc compte trois sentiers de randonnée, sans compter les marches sur la plage. Le sentier Tlaqatik (4,8 km aller-retour) a des panneaux d’interprétation  historique et mène au bord de la baie St. Peters. Le sentier Havre Saint-Pierre (1,1 km) suit le rivage de la baie sur le terrain d’une ancienne ferme mais le plus intéressant est sans conteste celui des Dunes de Greenwich (4,8 km aller-retour). Il emprunte un long trottoir de bois qui mène a la mer. En chemin, on découvre une forêt d’épinettes blanches au pied desquelles pousse la clintonie d’Amérique. Le sentier de bois transite par une zone encore forestière, avec de grands tapis de lichen. Le guide nous apprend que ce sont des « dunes tertiaires » ou dunes grises, troisième section de dunes à l’intérieur des terres: sur le sol de sable, le lichen appelé cladonie des rennes, des arbres et arbustes (dont la myrique d’Amérique) ont pris racine depuis la nuit des temps. Le sentier longe ensuite l’étang Bowley, un plan d’eau douce bordé de quenouilles et autres plantes qu’affectionnent les oiseaux de rivage et hérons bleus. Ce barachois est en fait un ancien plan d’eau salé coupé du golfe du Saint-Laurent par des bancs de sable et qui s’est peu a peu dessalé. 

D’une terrasse d’observation au bout du trottoir de bois, on embrasse la vue sur l’étang et les dunes secondaires, dont une dite parabolique à cause de sa forme en croissant. À l’arrière de la plage, ces dunes, comme des rubans de contre-crêtes végétalisées ont voyagé et continuent de se déplacer lentement à l’intérieur des terres. Passé le cordon littoral, tout en touffes d’ammophile à ligule, la longue plage de Greenwich s’étend à perte de vue. Le vent souffle fort sur les dunes comme en mer, avec de bonnes vagues. Le vent est frais et il faut marcher pour ne pas avoir froid. On peut aussi faire le tour de la péninsule à pied par la plage mais non durant l’été car le parc veut protéger les pluviers siffleurs, espèce en danger, au moment de la nidification.

www.parcscanada.gc.ca/ipe

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Algonquin Resort, fleuron historique canadien

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 Quel privilège de passer une nuit à l’Algonquin Resort. L’hôtel de 233 chambres est magnifiquement situé sur les hauteurs de St. Andrews, en bordure de la Baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick. L’hôtel qui figure parmi les fleurons historiques de la villégiature de bord de mer au Canada fait l’objet de rénovations majeures avant son inauguration prévue le 9 octobre mais d’après son directeur général Tim Ostrem, ce sera plutôt fin octobre ou début novembre. Nous avons néanmoins déjà pu profiter de l’hôtel en dormant dans l’une de ses superbes chambres, après avoir visité son golf au coucher du soleil. 

Le Spa aura des soins signature au miel local et au chocolat noir, confie M. Ostrem. Le Resort a, en plus de ses piscines et de son spa, une plage privée.

Membre du réseau des hôtels Autograph, dans la gamme des luxueux indépendants, l’Algonquin Resort fait néanmoins partie de la chaîne Marriott.

www.algonquinresort.ca 

En kayak de mer au large de l’île Grand Manan

P1140023P1140020P1140003Le kayak de mer est l’une des activités-phare de l’île Grand Manan, au Nouveau-Brunswick.  De Seal Cove, j’ai fait une courte sortie matinale avec Adventure High. L’entreprise éco-touristique a son bureau à la sortie du traversier. À Seal Cove, il pleut un peu pour visiter le site historique des fumoirs de harengs et sardines. Nous partons sur l’eau, longeant les cabanes sur pilotis, avec leurs vieux bardeaux de cèdre. Sur les quais sont entassés des casiers à homards. L’une des maisons sur pilotis est un charmant bed & breakfast. On sort du port en groupe avec Ryan pour guide. Plus loin dans la Baie de Fundy, on pratique l’aquaculture pour le saumon de l’Atlantique. Nous longeons une plage. Le temps est frais et la pluie fine mais le vent faible. L’eau est calme. A l’approche d’une falaise, un aigle s’envole au-dessus de nos têtes. Le groupe pagaie jusqu’à une petite pointe de terre qui s’avance dans la baie, en compagnie de deux huards en balade. Sur le chemin du retour, Ryan me parle de ses hivers en Antarctique où lui et Kevin,le patron de l’entreprise, guident des touristes en kayak à partir d’un bateau de croisière de la compagnie Quark Expeditions, basée au Vermont. De quoi rêver de kayak polaire ! En attendant, je me dis que revenir sur l’île Grand Manan l’été prochain pour un reportage sportif (kayak, randonnée, vélo, observation d’oiseaux) serait bien sympa !

www.adventurehigh.com

Dans la Baie de Fundy

P1130980P1130987P1130991P1130993P1130995Journée radieuse pour partir en balade… J’ai pris le départ de Montréal hier pour le Nouveau-Brunswick. À Saint John, le ciel était bas mais le plafond s’est rapidement levé pour laisser place à un beau soleil chaud… La charmante petite ville portuaire a sa place du marché près du port. Au Saint John Ale House, j’ai dégusté un sandwich au homard très goûteux avec une salade aux épinards bien relevée. Sur la place trônent de drôles de personnages en bois, sculptures très réalistes signées John Hooper: un homme caché derrière son journal; un couple avec enfant…. De là, nous avons filé vers le terminal du traversier devant nous mener à l’ile Manan dans la Baie de Fundy. Belle traversée avec vue sur la côte découpée, ses phares, avant d’atteindre l’île. Le Shorecrest Lodge où nous logeons est rustique à souhait mais plein de charme. tout comme le sera le Whale Cove Cottages où nous souperons, certains de crabe cake et halibut, d’autres de cotes d’agneau. Sur le chemin du retour, le coucher de soleil était au rendez-vous pour la photo !

Sarkozy payé; journalistes payeurs ?

Jeudi dernier, l’ex-président français Nicolas Sarkozy nous faisait l’honneur d’une visite-éclair à Montréal, histoire de renflouer son compte personnel (de plus de 180.000 euros selon certaines rumeurs)! A la manière de Bill Clinton et de Tony Blair, il a en effet trouvé un bon moyen de valoriser ses compétences passées d’homme d’État en les « vendant » au plus offrant lors de conférences internationales. Il était l’invité de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et quelle ne fut pas ma surprise la veille en appelant la dite chambre pour y assister comme journaliste en vue de rendre compte de cette digne visite dans Le Monde.

« Si vous vouliez assister à la conférence de Nicolas Sarkozy, il fallait vous inscrire et payer ». C’est la réponse qu’on me donna, en ajoutant que de toutes façons les 750 billets étaient déjà vendus… En plus de trente ans de carrière de journaliste, c’est la première fois qu’on me refusait l’accès à une conférence de personnalité publique ! Même l’attachée de presse de M. Sarkozy a eu le culot de me répondre au téléphone que la conférence donnée au Palais des congrès était « à caractère privé ». Pourtant, la conférence de la « vedette » Sarkozy avait été annoncée publiquement et près de 800 personnes, essentiellement le gratin du milieu des affaires québécois, avaient répondu à l’appel !

Pour « rencontrer l’homme reconnu pour l’énergie avec laquelle il a dirigé la deuxième puissance économique européenne et partager un moment inspirant », selon la chambre de commerce, ils avaient déboursé 170 à 600 euros (avec repas). A ce dernier prix, on obtenait  « l’une des 150 meilleures places à table et une photo individuelle avec M. Sarkozy » ! L’histoire ne dit pas combien sont repartis avec leur photo-souvenir…

En échange, l’ex-président a livré une conférence de deux heures, en partie sous la forme d’une discussion avec l’ancien ministre conservateur canadien Michael Fortier, devenu vice-président de la branche Marchés des Capitaux de la Banque royale du Canada, première banque au pays.

Émoustillée par la mise à l’écart des journalistes, je me suis pointée à la sortie de la salle de conférences, comme quelques autres, pour recueillir des commentaires de participants. Les langues se déliaient facilement et l’avis semblait unanime pour saluer la prestation de M. Sarkozy, « fraîche et pleine d’humour » après une « vraie déclaration d’amour à Montréal et au Québec » et avant d’aborder le très sérieux thème de la conférence : « l’état de l’économie mondiale, les perspectives pour l’Europe et les nouveaux équilibres qui caractérisent la gouvernance mondiale ».

J’ai raconté aux lecteurs du Monde les propos rapportés par les VIP groupies de M. Sarkozy…(http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/04/26/la-vedette-sarkozy-defend-l-unite-europeenne-a-montreal).

Louis Hébert, professeur en stratégie à HEC Montréal le jugeait « touchant » quand il évoquait les liens profonds qui unissent la France et le Canada depuis la première guerre mondiale et « très convaincant sur l’importance pour les grandes puissances de travailler ensemble plutôt que de s’isoler et d’ainsi demeurer forts ».  Exit les sujets sensibles comme la politique française et la relation triangulaire France-Canada-Québec : Nicolas Sarkozy aurait préféré donner son point-de-vue sur des sujets d’actualité : la crise de l’euro; l’Islam et l’Occident; l’Iran; la Syrie; la montée en puissance du Brésil, de l’Inde et de la Chine…L’état de l’Union européenne a tenu le haut du pavé. Il a été « très rassurant » à ce sujet, disait une cadre en finances. Se plaçant « en vrai militant de la cause européenne, il a dit qu’il n’y avait pas d’euro sans Europe et pas d’Europe sans euro », soulignait Daniel Amar, conseiller au cabinet du ministre québécois  du Tourisme.

Nicolas Sarkozy posait « un regard perçant » sur les questions internationales, estimait le ministre québécois des Affaires internationales, Jean-François Lisée, jugeant que le conférencier partageait « la conviction que l’Europe allait tenir » et que « la volonté de paix était le ressort qui la soudait toujours ». L’ancien président aurait aussi appelé de ses vœux une « alliance commerciale Europe-Canada-États-Unis », selon Francis Lacombe, vice-président de la société Technostrobe. Alors que les négociations d’un accord de libre-échange Union européenne-Canada traînent en longueur et qu’un autre accord avec les États-Unis est annoncé, M. Sarkozy aurait plaidé pour une alliance tripartite, étant convaincu d’après M. Lacombe que ce serait la meilleure voie pour « modifier le rapport de force face à la Chine ».  

Sur la situation économique française, M. Sarkozy aurait surtout plaidé pour une révision du pouvoir de dépenser de l’État et pour une baisse des charges dans le secteur productif. Quant à son retour éventuel en politique, sur lequel il a été questionné, M. Sarkozy aurait été, selon M. Lisée, « d’un silence de sphinx »…

Le jardin du capitaine

Elle s’appelle Mimi Lépine et est bien sympathique. L’artiste-peintre québécoise lançait il y a quelques jours à Montréal un livre dont la couverture avait accroché mon œil: un joli dessin coloré sur l’île d’Orléans et son pont, que j’emprunte une fois par mois pour raisons familiales. Mimi Lépine a une maison sur le cap de Sainte-Pétronille à l’île d’Orléans et c’est là qu’elle a rencontré Pierre Paul Plante. C’est son histoire d’enfant (devenu capitaine) qu’elle raconte avec beaucoup de fraîcheur dans « Le jardin du capitaine », à travers les souvenirs d’un homme bercé par le fleuve Saint-Laurent comme par les traditions ancestrales, à une époque où le reste du Québec s’enflammait dans une « Révolution tranquille » pas si tranquille.

Au lancement organisé par la maison d’édition Art Global, chez Tapeo, dans le quartier Villeray, c’est le brillant journaliste-animateur Jean-François Lépine, le frère cadet de  l’auteure, qui la présentait avec beaucoup de respect et d’humour… Ce qu’il n’avait guère (et on le comprend) quelques jours plus tard en annonçant son propre départ de Radio-Canada après plus de quarante ans au service de la chaîne de télévision nationale. Il œuvrait à mieux faire comprendre l’actualité internationale, devenue au fil des ans le parent plus que pauvre de Radio-Canada, ce dont il se désole comme bien d’autres, dont moi !

http://www.artglobal.ca

Pomme de reinette et pomme… du Canada

Je viens de recevoir un communiqué de l’Association des croqueurs de pommes réunis, de la région française Poitou-Charentes, qui célébrait le début de la saison de la taille dans ses vergers.

Elle prône la valorisation et la préservation d’espèces régionales, voire leur réintroduction. On apprend dans le communiqué que dans cette région, une trentaine de variétés de pommes sont répertoriées (grise de Saintonge, de Pont-l’Abbé, la clocharde,…). Et aussi que l’ancienne reinette d’Oléron ou de La Rochelle est revenue sous une nouvelle appellation : la reinette du Canada !