La pensée du jour
« La terre vous enseignait sans cesse qu’il faut accepter ce que l’on ne peut empêcher ».
Dans Petite musique de chambre sur le mont Kenya: Vivienne de Watteville
Le lodge El Silencio du Costa Rica, nouveau Relais & Châteaux
- Le marché est dans la serre
J’ai de la chance, ayant passé mes derniers jours de voyage au Costa Rica en novembre dernier dans ce qui allait devenir un nouveau Relais & Châteaux. L’El Silencio figure en effet au rang des 12 nouveaux promus de cette association prestigieuse d’auberges de charme et de tables remarquables à travers le monde.
Niché au cœur de la forêt tropicale et des montagnes du centre du Costa Rica, l’El Silencio est un écolodge de luxe qui fait de l’environnement sa priorité. À seulement 90 minutes de l’aéroport international de San José, il trône à 1.500 mètres d’altitude au milieu de la jungle, comme son joli spa, avec terrasse de yoga ouverte… Les suites-maisons, où dominent les matériaux naturels, sont décorées avec beaucoup de goût et invitent au repos !
J’ai eu aussi la chance de rencontrer le jeune chef du lodge, Andres Melendez, de faire le tour de sa serre biologique et de suivre un petit cours de cuisine en sa compagnie. « Le Costa Rica a toujours été un pont, me dira-t-il, entre Amérique du Nord et Amérique du Sud ». Des Indiens, cette cuisine a retenu entre autres le mais et le cacao qui servait de monnaie d’échange… Des Européens, surtout espagnols, sont arrivés le pain, le riz, la vache et tous ses sous-produits laitiers; des Caraïbes, les épices, le poivre, les haricots, le lait de coco, la banane plantain…. Et même les Indiens d’Inde et les Chinois, venus au Costa Rica aux 18ème et 19ème siècles y ont laissé le curry et le gingembre !
Chaque jour, avec son panier, et parfois avec des clients qui prennent avec lui un cours de cuisine, il fait le tour du jardin. A la serre, on cueille des feuilles de salade, des fines herbes, des oignons verts, des radis, du céleri, des fleurs de courgettes; dehors, des mûres pour les vinaigrettes ou desserts, des fruits dans les arbres… De grands bassins d’élevage abritent aussi des milliers de truites arc-en-ciel qui attendent leur tour pour un frais carpaccio, un tartare ou une grillade. A la basse-cour, les poules se laissent caresser comme des lapins. Elles ne finiront pas dans l’assiette, seulement leurs œufs !
« De la terre à la table » est la devise du chef cuisinier dont j’ai goûté deux jours de temps des plats très raffinés, tant en présentation qu’en goût : un carpaccio de truite sur lit de concombre et un tilapia monté sur une purée de courge ont figuré parmi mes préférés.
http://www.relaischateaux.com/elsilencio
http://www.visitcostarica.
Cuisine & Confessions
Dernière-née des créations de la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main, Cuisine & Confessions est à la hauteur des attentes ! Présentée à la Tohu de Montréal jusqu’au 16 novembre, le spectacle signé Shana Carroll et Sébastien Soldevila prendra l’affiche à Marseille du 2 au 6 décembre, puis à Paris du 9 décembre au 3 janvier. Pas de bûche de Noël à manger en sortant mais quelques délicieux gâteaux, dont le traditionnel pain aux bananes qu’on aura vu cuire sur scène.
Sur la thématique de la cuisine, avec toujours un savant dosage de numéros de cirque et de récit théâtral, Cuisine & Confessions met en scène neuf interprètes aux multiples talents. On y parle français, anglais, espagnol; on y fait d’incroyables acrobaties, notamment dans des anneaux chinois en forme de cadres de bois, sur mât chinois ou tissu aérien; on y danse sur les tables ou dans la farine; on y jongle avec des fouets; on y découvre la recette de bortsch de l’un, l’omelette de la mère de l’autre, l’histoire du dernier souper d’un jeune Argentin avec son père, avant qu’il ne disparaisse avec des suppôts de la dictature…
Dans le décor d’une grande cuisine, les artistes passent du dramatique au comique à la lueur des souvenirs-témoignages de chacun, sur une trame musicale particulièrement réussie.
Du début à la fin, le public est partie prenante au spectacle, invité à monter sur scène pour couper des oignons, attraper un (faux) œuf lancé dans les gradins, boire du maté, jouer les faire-valoir avec les artistes, allumer l’alarme de son cellulaire pour la fin du temps de cuisson du pain aux bananes…
Cuisine & Confessions se classe selon moi à un niveau comparable, en termes d’inventivité circassienne et théâtrale, à Loft, première création de la troupe, avec une bonne longueur d’avance sur Psy, Traces, La Vie, Séquence 8, Intersection, qui suivirent. Tant mieux !
Zurich, la belle suissesse
La Suisse sort des sentiers battus (ceux de la montagne) pour mettre en valeur une ville qui a bien d’autres attraits pour les Canadiens que d’être l’un des principales plaque-tournantes aériennes d’Europe…
Avec deux mille ans d’histoire et une vitalité qui ne se dément pas, la ville voudrait bien attirer davantage de touristes. Quartier historique ou quartier tendance, à l’ouest ? Balade sur l’eau ou journée à la plage ? Randonnée dans la forêt jusqu’au sommet du Uetliberg, le poumon vert de Zurich ? Shopping local ?
J’opte personnellement pour une attraction gourmande : un tour de tramway en fondue ! Enfin : plutôt un repas de fondue dégusté à bord d’un tram qui parcourt la ville. Il semble que la fondue soit une marque de fabrique de Zurich, d’octobre à mars…
A partir du 10 avril, ensuite, place à un festival plutôt allumé, celui de Sechselauten, au cours duquel on brûle un gros bonhomme de neige. Pour célébrer la fin de l’hiver.
En mai, c’est le temps de participer à l’événement haut en couleurs Kreislauf 4+5 (du 23 au 25), si l’on veut approcher de tout ce que la ville compte d’artisans, designers et artistes en tout genre dans un seul district de l’ouest de Zurich. Avec tours guidés si on le veut.
A noter : Zurich aura en 2016 un musée du chocolat Lindt. On fêtera cette année-là le centenaire de naissance à Zurich du dadaïsme, mouvement artistique de grande importance… en attendant le 500ème anniversaire d,un autre mouvement, celui –protestant – de Martin Luther.
www.MySwitzerland.com; www.kreislauf4und5.ch/en/index.html
Vielle ville de Zurich
Copyright by: Switzerland Tourism By-Line: swiss-image.ch / Rubiano Soto
Des idées pour visiter Berlin
Voici quelques suggestions pour sortir des sentiers battus dans la vibrante métropole allemande. Le texte est paru le 19 septembre sur le site de Canoë.
HISTOIRES DE MUR
Rien de tel qu’une balade en vélo, avec guide, pour découvrir l’essence d’une ville. À Berlin, la question du mur et de sa chute est un incontournable, même 25 ans après l’événement qui a changé la face de l’Allemagne.
On file d’abord vers le nord de Mitte, quartier central, avec arrêt au Mauer Park, où le mur qui séparait Berlin en deux grimpe à dos de colline. Il est quasi intact… et couvert de graffitis. Premier contact avec l’art de rue pour lequel Berlin est renommé. En contrebas, le parc s’anime le week-end avec un marché et des musiciens. Après un détour dans quelques rues typiques de Berlin Est et Ouest, on rejoindra, plus au sud, Bernauer Strasse et son parc commémoratif de la chute du mur.
Un reportage sur la course Ivakkak au Nunavik
C’était jour de fête mardi dernier à Tasiujaq, petit village inuit du Nord-du-Québec. Pas question de travailler au centre de santé local ou à l’école pour les enfants. Il fallait être en après-midi au bord de la baie aux Feuilles pour assister à l’arrivée de la course de traîneaux à chiens Ivakkak (« quand les chiens sont au meilleur de leur rythme », en inuktitut), laquelle est réservée – contrairement à d’autres – aux mushers inuit.
Fondée il y a treize ans par la société Makivik, principale organisation représentant les Inuit du Nunavik, cette course annuelle d’endurance est d’abord un hommage aux chiens de pure race Husky inuit. Ils avaient quasiment disparu depuis que, dans les années 1950 et1960, les autorités canadiennes ont procédé à de nombreux abattages pour sédentariser les Inuit. L’Husky a conservé sa place unique dans la culture inuit. Intimement lié au mode de vie nomade, ce chien fut le meilleur compagnon et une aide précieuse au transport des Inuit, avant la motoneige… La course célèbre le passé, mais veut surtout inciter les Inuit à préserver cette race de chiens du Nord et être source d’inspiration pour la jeune génération, via la transmission de savoirs traditionnels.
Une virée à Munich : 10 curiosités à découvrir
Au pied des Alpes, Munich est une ville chaleureuse où il fait bon prendre quelques jours avant un trek en montagne ou un vol de plus… Son aéroport est en effet une plateforme d’envergure pour d’autres destinations européennes, en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique. Sans compter que le fleuron allemand Lufthansa inaugure cet été (et jusqu’à fin octobre) un vol direct Toronto-Munich.
Je vous invite à découvrir 10 curiosités à découvrir dans cette ville de Bavière.
À Montréal, le basket est une porte de sortie du ghetto
Ne vous empêchez pas de rêver ! » L’injonction fait la « une » d’une revue affichée à l’accueil de l’école secondaire Jeanne-Mance de Montréal. Des rêves, les participants de cet établissement au programme « Bien dans mes baskets » n’en manquent pas. Dans cette école de 970 élèves dont 60 % sont issus de milieux défavorisés, l’opération profite chaque année à une centaine d’adolescents, souvent en grande difficulté d’apprentissage et de comportement. C’est leur bouée de sauvetage pour sortir d’un engrenage maléfique et leur ouvrir une porte vers de nouveaux rêves, sportifs ou académiques.
Martin Dusseault, travailleur social en milieu scolaire, est à l’origine du projet, l’une des best stories du prochain Forum Educasport. « Avant 2001, nous avions beaucoup de mal à rejoindre les adolescents en difficulté des communautés noires du quartier, haïtiens et africains, se souvient-il. L’école fermait à 15 h 30 et les jeunes traînaient dans la cour. Certains jouaient au basket, associé à la culture hip-hop. Un jour, je suis sorti avec mon ballon pour jouer avec eux. » Il s’est alors rendu compte de l’impact positif que cela avait sur ses relations avec les jeunes dans l’école, puis il est devenu entraîneur. Rapidement, les joueurs lui ont confié leurs problèmes, en tête-à-tête dans son bureau. « Ils me voyaient comme quelqu’un de confiance et non plus comme un travailleur social, assure-t-il. J’ai compris que le basket permettrait d’établir un lien significatif avec des ados en difficulté et de faire de l’école un milieu de vie. »
Le programme « Bien dans mes baskets » s’est développé petit à petit dans l’école, en dehors des cours. « On a même réussi à faire ouvrir le gymnase le midi, les week-ends et durant les vacances scolaires », précise Martin Dusseault, qui coordonne une petite équipe de travailleurs sociaux et bénévoles (dont d’anciens élèves) pour l’encadrement et l’entraînement.
Au Québec, Xavier Dolan est chéri des critiques mais boudé par le public
Si Capitaine America : Le soldat de l’hiver bat des records au box-office québécois, Tom à la ferme, dernier opus de Xavier Dolan, séduit moins… À peine sorti au Québec, avant la France, le thriller du jeune réalisateur, auréolé du Prix de la critique internationale à la Mostra de Venise, est, certes, en tête des films québécois mais n’occupe que le neuvième rang au palmarès général.
L’enfant du pays y est habitué. Ses trois films précédents (J’ai tué ma mère,Les Amours imaginaires et Laurence Anyways) n’ont pas attiré les foules au cinéma. Il s’en dit déçu. « J’aimerais maintenant faire des films que les gens vont voir », plaisante-t-il.
PAS DE CONCESSION À LA FACILITÉ
Tom à la ferme ne renversera pas la tendance. Cette adaptation d’une pièce de l’auteur québécois Michel Marc Bouchard confirme le talent de Dolan pour explorer les méandres de l’amour mais aussi de la violence et de l’intolérance. Pas de concession à la facilité, dût-il en souffrir, un brin boudé par « son » public, même s’il fut, en 2013, l’une des dix personnalités du monde culturel international les plus médiatisées au Québec.
A 25 ans, il mène sa barque contre vents et marées, fort d’un succès critique incontestable et de l’attention des cinéphiles canadiens qui le suivent pas à pas depuis six ans.
De tous les honneurs reçus depuis Cannes en 2009 pour J’ai tué ma mère, le Prix collégial du cinéma québécois, accordé en 2013 à Laurence Anyways, revêtait pour lui une importance particulière : celle d’être plébiscité par de jeunes étudiants, « le public de demain, notre espoir, des jeunes avec une passion pour la culture et le cinéma qui ne s’est pas encore émoussée avec l’âge ».
Après la Mostra, Tom à la ferme a tourné dans les festivals canadiens, en « présentation spéciale » à Toronto et à Vancouver (où l’actrice Lise Roy a reçu le Prix de la critique pour le meilleur second rôle féminin dans un film canadien), en compétition au Festival du nouveau cinéma de Montréal…
Il n’y a que Maille qui m’aille
Ce slogan de la célèbre marque de moutarde française a traversé le temps, dont le mien puisque je m’en souviens depuis ma jeunesse bretonne. Elle vient de Dijon, cette moutarde qui pique au nez mais qui a beaucoup évolué depuis 1747 , quand Antoine-Claude Maille, distillateur-vinaigrier ouvrit boutique à Paris et devint fournisseur des grandes cours royales européennes.
Voici que Maille, qui vend déjà une multitude de variétés de moutarde au Canada, débarque en grand à Montréal pour ouvrir deux mini-boutiques dans l’enceinte des magasins 5 Saisons de Westmont et Outremont. Clou du spectacle permanent des colorés présentoirs de moutardes Maille: la pompe à moutarde fraîche au Chablis. Il faut la goûter sur un morceau de pain, cette moutarde piquante aux notes miellées du Chablis rappelant les vieux chais de Bourgogne où il vieillit…
J’ai appris lors de l’inauguration que les Canadiens étaient parmi les plus gros consommateurs de moutarde au monde et le premier pays d’exportation pour Maille. Au Québec, Maille exporte 70 % de sa moutarde de Dijon destinée au marché canadien.
Chez Ateliers et Saveurs, dans le Vieux-Montréal, nous avons préparé et goûté plats et cocktails à la moutarde: un tataki de thon rouge, sésame blanc et moutarde au Chablis Maille; des croquettes de crevettes et des côtelettes d’agneau à la même moutarde. Avec Fanny Gauthier, le groupe a aussi expérimenté la mixologie avec un cocktail à la moutarde aux fines herbes et au vinaigre de cidre au miel Maille, vodka, coriandre et concombre. Aussi surprenant que délicieux !










Grouille pour pas qu'ça rouille