Place aux « artisans d’une gastronomie québécoise »
Cinq livres à la naissance: c’est le poids du petit dernier des livres de la sphère gourmande du Québec: Toqué !, édité par Les éditions du passage. Un « beau » livre, mis en vente ce jour à 69 dollars et qu’on aura du mal à tenir entre ses mains en cuisine ou au lit pour la lecture du soir. Ça tombe bien car l’ouvrage n’est pas vraiment un livre de cuisine (ou de recettes), ni un livre gourmand, même si l’on y trouve des recettes et beaucoup d’informations sur des produits. Sous sa belle couverture blanche, aussi sobre qu’élégante, se cache un véritable « manifeste » en faveur de l’artisan alimentaire québécois, membre à part entière – du pêcheur de maquereau ou du producteur de semences anciennes jusqu’au chef-cuisinier du Toqué ! et même de ses clients – d’une chaîne alimentaire soucieuse de qualité, de fraîcheur et de développement durable. Au-travers de l’expérience racontée du Toqué!, ce livre en est en quelque sorte le « témoin », notait l’interviewer-vedette Stephan Bureau lors du lancement. « Si nous faisons une cuisine si « identifiée », c’est en grande partie grâce à tous ces producteurs qui nous font découvrir tant de produits. Ce qu’ils nous envoient nous stimule », soulignait pour sa part Normand Laprise.
Les photos de Dominique Malaterre, qui signe aussi la direction artistique du projet, occupent une place de choix dans l’ouvrage. Elles reflètent l’intime (en portraits) autant que la beauté (en assiettes et visions du Québec). La couleur flamboyante pour la présentation de plats alléchants ou certains portraits des « artisans » du Toqué ! et de ses amis producteurs contraste sans nullement choquer avec le noir et blanc mat d’autres portraits de chefs ou de superbes paysages du Québec, prises sur quatre saisons. « Je voulais notamment témoigner de la grandeur de ce pays et de ses paysages », dit la photographe qui s’est prise de passion pour ce projet et pour l’équipe qui l’a mené à bien, côté édition comme côté Toqué !.
Cette équipe soudée, on la sent au Toqué! quand par exemple son copropriétaire Normand Laprise parle de son allumé chef des cuisines Charles-Antoine Crête comme du « chef qui m’inspire le plus »… Comme lorsqu’ils se renvoient la balle sur l’importance de « rester ce que l’on est tout en allant de l’avant » (N. Laprise) et sur le respect du produit (C.A. Crête). J’ai bien aimé ce dernier, roi de la « scrap » (récupération alimentaire) mise au service de la gastronomie, expliquant la genèse de son « cre-thon »: parce qu’il ne peut supporter de voir 20 livres sur 100 d’un thon gaspésien partir aux poubelles…
En prime
L’éditrice Julia Duchastel racontait lors du lancement avoir eu l’idée du livre, le premier du genre pour les Éditions du passage, après le visionnement du film « Dur à cuire ».
Charles Lapointe, PDG de Tourisme Montréal, a mis la table du prochain événement « Montréal à table » qui aura lieu la semaine prochaine (97 menus de restaurants pendant 11 jours à prix raisonnables), en soulignant la part importante (52%) de l’offre culinaire dans le choix d’une destination par les touristes. A Montréal même, a-t-il relevé, les touristes dépensent en moyenne 525 millions de dollars par an dans des restaurants.
Conseil de Normand Laprise: « Lisez le livre, cuisinez après »

Photos de Une, portrait de Normand Laprise et couverture de livre: Dominique Malaterre
Auberge de charme en Gaspésie
Dans la série hôtels de charme, j’ai beaucoup aimé l’Auberge Château Lamontagne à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, où j’ai dormi une nuit le printemps dernier. L’auberge est installée sur un promontoire, dominant le village et une falaise en bordure du fleuve Saint-Laurent. D’ailleurs, plusieurs chambres ont vue côté « mer ». Et le bâtiment en impose ! De style « régence », il a été construit à la fin du 19ème siècle pour le compte d’un riche homme d’affaires. Entièrement rénovée, il est devenu auberge haut-de-gamme, avec restaurant, appartenant à Destination Chic-Chocs, une pourvoirie réputée de la région ! Elle n’a nullement toutefois le style (plutôt rustique) d’une pourvoirie mais bien celui d’un sympathique hôtel-boutique. Plutôt rare en région… Ses chambres sont superbes et, sous les toits, on entend le vent du large… Le restaurant et le lounge du rez-de-chaussée sont tout aussi beaux avec boiseries partout et vue sur la baie de Sainte-Anne-des-Monts. Aux fourneaux : le chef Jérôme Paquet. www.rivieresainteanne.com
La Sépaq électrique
La Société des établissements de plein air du Québec, qui gère les parcs nationaux de la province et quelques autres établissements ou centres touristiques, va installer des bornes de recharge publique pour véhicules électriques afin de faire sa part dans le renforcement du réseau naissant. Sept bornes de recharge seront implantées au Parc de la Chute-Montmorency, à l’Aquarium du Québec et à la Station touristique Duchesnay dans la région de Québec, ainsi qu’au parc national du Mont-Saint-Bruno, à celui des Îles-de-Boucherville et à celui d’Oka dans la région de montréal. Prix d’une recharge de véhicule électrique : 2,50 $ quelle qu’en soit la durée. La Sépaq installera onze autres bornes du même type pour les besoins de sa propre flotte de véhicules électriques, l’une des plus importantes au Québec après celle d’Hydro Québec. Un petit pas dans la bonne voie « verte » !
Maîtres chez nous…
Dans la suite de mon billet d’hier, je relève cette amusante nouvelle sur le site de Radio-Canada sous le titre « Les vignes du Seigneur ».
« Provenant de la Californie, le vin de messe utilisé dans les églises du Québec sera dorénavant québécois! Le vignoble Le domaine des Côtes d’Ardoise de Dunham vient d’obtenir l’autorisation de produire ce type de vin. »
Record historique ( à la baisse) des vendanges en France
Vitisphère rapporte, dans sa E-lettre du 8 octobre, que la France devrait produire à peine un peu plus de 40,6 millions d’hectolitres de vins en 2012, au vu des prévisions de récolte de raisins, soit une baisse de 20% par rapport à 2011. Raison avancée : une baisse tendancielle des surfaces de vignes en production et la météo sèche du mois de septembre.
Toutes les catégories de vins produits sont touchées par la diminution de production, qui atteindrait 15 % pour les vins d’appellation, 19 % pour celle des vins d’Indications Géographiques Protégés, 22 % pour les vins destinés aux eaux-de-vie et 42 % pour les Vins Sans Indications Géographiques, lesquels avaient il est vrai connu une production très forte en 2011. Si les prévisions se confirment, la France se maintiendrait d’extrême justesse à la première place des pays producteurs de vins dans le monde…
Le nouveau Guide Restos de Voir
La nouvelle édition du Guide Restos / Guide Gourmand Voir, auquel je collabore depuis plusieurs années, notamment pour faire la tournée de restaurants dans certaines régions du Québec, sort en librairie le 24 octobre prochain.
On peut consulter sa nouvelle mouture sur le site Guide Restos Voir! Et obtenir des rabais de 25 à 40 % dans certains restaurants ou boutiques gourmandes québécoises via le site boutique.voir.ca.
De nouveaux sentiers de marche au Québec
Les feuilles d’automne sont à leur meilleur dans plusieurs forêts du Québec et cela ne durera pas… Profitons-en pour aller découvrir de nouveaux sentiers !
Ce dimanche (14 octobre), la Fédération québécoise de la marche et le Sentier national au Québec (SNQ) invitent la population à participer à l’inauguration trois sentiers du SNQ dans la Réserve faunique Mastigouche, située à Mandeville dans la région de Lanaudière. L’événement est gratuit.
Avant l’inauguration des sentiers Chériore, Lac Joe et Tonnerre en après-midi, on pourra découvrir en primeur le sentier Chériore : il court sur 14,8 km avec un dénivelé de 750 m. Les moins valeureux feront 7,4 km avec un dénivelé de 180 m, par un aller-retour du sentier des 3 Lacs (de la Panse, du Chériore et Petit-Frédéric). On peut aussi en aller-retour marcher 9,5 km en passant par le sentier des 3 Lacs jusqu’au ruisseau des Rainettes. Pour un dénivelé de 240 m.
Le Sentier national au Québec est un beau projet pancanadien, dont la portion québécoise a environ 1 600 km, dont près de 1000 km sont déjà complétés, balisés en blanc et rouge, signalisés et entretenus surtout par des bénévoles. le Sentier parcourt neuf régions : l’Outaouais, les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie, Québec, Charlevoix, Manicouagan, le Bas-Saint-Laurent et bientôt la Gaspésie. À l’heure actuelle, il n’y a que la section au Bas-Saint-Laurent qui soit terminée !
www.sentiernational.qc.ca
Quelques nouveautés touristiques françaises
Marseille sera reine de la culture en 2013, obtenant le titre convoité de capitale européenne de la culture, ce qui n’arrive que tous les dix ans pour une ville française…400 événements et 60 expositions seront au programme du 12 janvier à la fin de l’année. On inaugurera le nouveau Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée dans le vieux port. A noter pour les amateurs de plein air, l’attribution du statut de parc naturel national aux célèbres calanques de Marseille. Elles deviennent ainsi le premier parc naturel péri-urbain d’Europe (www.marseille-tourime.com).
Lors d’un événement Atout France tenu à Montréal récemment, on a aussi appris que Lyon aurait sa Cité du chocolat en 2013. On pourra, semble-t-il, y suivre des ateliers! L’année verra aussi le « classement » de la grotte Chauvet en 2014 e Lyon aura un nouveau musée « Confluences », dédié aux sciences et aux sociétés (www.rhonesalpes-tourisme.com).
La région Midi-Pyrénées n’est pas en reste avec l’ouverture de deux beaux musées : celui de Toulouse-Lautrec à Albi et celui de Soulages à Rodez (www.musee-soulages-tourisme).
Et comme j’adore le train, j’adore la formule de guichet unique de Rail Europe (www.raileurope.ca) qui vous permet de réserver sur internet à l’avance, facilement, avec rabais et possibilités de changements de billets, vos trajets sur 50 lignes européennes. Comme dit sa représentante en Amérique du Nord, on voyage ensuite comme un Européen, de centre-ville à centre-ville, sans les trajets coûteux en temps et en argent pour se rendre aux aéroports. J’ai testé avec succès cet été le trajet Francfort-Paris-Bordeaux en aller-retour, moins cher que l’avion, pas plus long (transferts compris), avec de beaux paysages en prime. Après l’ouverture d’une ligne entre villes italiennes en 2012, Rail Europe fera l’an prochain la promotion de la nouvelle ligne Francfort-Marseille, via Strasbourg, en TGV !
La petite mort des journaux à bord des vols Air France
La nouvelle est sortie la semaine dernière et c’est une autre qui va faire bien mal aux journaux français début 2013. La compagnie aérienne française a décidé de réduire la distribution de journaux à ses passagers. Elle en achetait 130.000 exemplaires par jour environ, figurant du coup parmi les plus gros clients d’exemplaires papier de journaux français !
Air France a indiqué vouloir passer progressivement au numérique, estimant que 75% de ses clients sont équipés de téléphones intelligents et 40% de tablettes. Les voyageurs seront invités à télécharger gratuitement le jour du vol des exemplaires numériques de certains quotidiens. Il semble que la part des achats de la compagnie aérienne représente 14% à 20% des ventes de la presse quotidienne française. On imagine les craintes des éditeurs tout en comprenant l’intérêt d’Air France à réduire ses dépenses, étant donné sa situation financière difficile, comme l’est celle de bien des transporteurs aériens par les temps qui courent…
Le temps des citrouilles
Voici revenu le temps des citrouilles de l’Halloween et… avec lui le top niveau du gaspillage alimentaire. J’aime bien à ce titre la campagne anti-gaspillage de Louise Gagnon, auteure, « spécialiste en contenus alimentaires et citoyenne complètement citrouille »… Elle rappelle que la moitié des fruits et légumes produits au Canada n’est pas mangée et que les citrouilles (et courges) figurent en tête de liste des abandonnés.
Proscrites de nos assiettes après avoir été reines du mois d’octobre pré-Halloween, les citrouilles n’ont pas la place qui leur revient. Réhabiliter la citrouille (et la courge) est son combat automnal pour cause de plaisir gustatif, d’intérêt nutritif et récupérateur ! Pourtant, c’est facile… Lors de la fête Carrément Courge et Citrouille, vendredi dernier à l’Autre Marché Angus, à Montréal, un éleveur de volailles de Yamachiche proposait ainsi des rouleaux d’automne à la courge spaghetti et au canard confit !
Sensible moi aussi à l’anti-gaspillage, j’ai longtemps fait ma part avec une recette de tarte sucrée à la citrouille mais comme je n’aime guère finalement la citrouille, j’ai arrêté d’en acheter pour tabler sur les courges dont j’adore toutes les variantes. Mes recettes préférées : la soupe courge et pommes; le risotto à la courge et aux champignons sauvages…
Clin d’œil : j’aime bien l’idée de ces Allemands de Ludwigsburg qui organisent chaque automne sur le lac face au château local une originale course de citrouilles géantes. Le corps assis dans une grosse citrouille creusée, les mains sur une pagaie de kayak et c’est parti pour la course-chrono ! Mais l’histoire ne dit pas s’ils mangent ensuite leurs embarcations…

Grouille pour pas qu'ça rouille