L’érable dans tous ses états
Lors de la Fête de l’érable 2014 organisée début février par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, l’optimisme était de mise quant à l’avenir du sirop made in Québec et aux produits qui lui sont associés. J’ai bien aimé goûter à l’eau d’érable de marque Napsi pendant tout un repas au Sofitel de Montréal. Pour sa deuxième année, cette eau d’érable a dépassé le million de litres vendus.
Le réseau des « créatifs de l’érable », chefs, boulangers, traiteurs, brasseurs, pâtissiers ou glaciers, sont maintenant plus de 100 au Québec. Au concours 2013 qu’il organise, Thomas Ginieis, du Valois, a remporté le 1er prix avec un homard ivre… Dave Carlos-Bélanger, de l’Auberge des Glacis, gagnait le second prix avec un esturgeon à l’eau d’érable et Olivier Perret, du Renoir, le troisième prix avec une pieuvre grillée et truffe d’été, eau d’érable et citron vert. Le concours 2014 a pour thème « les alcools d’érable du Québec ».
La Fédération a fini l’année 2013 avec un record de récolte et des ventes dans plus de 50 pays, dont les États-Unis où les ventes ont dépassé celles de 2012. Avec 7300 entreprises, l’industrie a le vent en poupe et ne manque pas de projets, dont celui d’organiser des « ateliers pédagogiques de l’érable » pour les enfants du primaire. Elle cherche aussi à faire reconnaître l’érablière comme un site naturel du patrimoine mondial de l’Unesco ! La fédération met aussi de l’avant la contribution de ses membres acériculteurs au bilan carbone de la province, avançant que les forêts exploitées pour le sirop d’érable sont d' »importants réservoirs de carbone ».
Selon une étude de l’Université Laval, le sirop d’érable aurait un effet positif sur l’indice glycémique et les hormones métaboliques du corps humain. Riche en glucose et en minéraux (manganèse, magnésium, zinc), il serait nettement meilleur que d’autres sucres naturels pour la santé et pour les sportifs.
Pour en savoir plus: http://www.jaimelerable.ca
Une fromagerie modèle
La Fromagerie Hamel est une vraie entreprise familiale ayant pignon sur rue au Marché Jean-Talon et à celui d’Atwater mais qui a quatre autres boutiques dans Montréal. Ian Picard, maître-fromager-affineur présentait la semaine dernière aux journalistes le nouvel agencement de la fromagerie du marché Jean-Talon, avec un espace plus convivial pour « magasiner » du fromage et d’autres produits fins.
En façade, une nouvelle cave à fromages vitrée de trois côtés laisse voir les fleurons de la maison ! « C’est vraiment un écrin pour les bijoux que sont les fromages », expliquait un Ian Picard enthousiaste. Au centre de la cave de garde trônait une demie-meule d’un fromage d’exception que nous avons eu la chance de goûter: le Pionnier. Le fromage de lait cru de vache et brebis, à pâte ferme pressée cuite et à croûte lavée, était vraiment délicieux ! Sauf que Le Pionnier est produit en quantité limitée, ce qui fait que même la fromagerie Hamel ne peut l’offrir que quelques fois par an. Il est le fruit du travail commun de la Fromagerie Nouvelle France, à Racine, et de la Fromagerie du Presbytère, à Sainte-Élizabeth-de-Warwick.
Dans la gamme Le Pic (surnom des Picard), d’excellents fromages ont été sélectionnés au Québec comme en Europe par Ian Picard qui assure ensuite leur vieillissement. J’ai bien aimé le Comté Le Pic, au lait cru de vache, et le Veinard, au chèvre, mais le Pic Amour Le Pic en mettait décidément trop en lait et crème de vache, avec croûte épaisse de bleuets et canneberges macérés dans le Sortilège au whisky et sirop d’érable. Par contre, le Saint-Félicien Le Pic moulé à la louche et le Maroilles affiné à la bière emportaient immédiatement mon adhésion.
Vive les fromages !
En Toscane chez une viticultrice québécoise – 4 – Tourisme oenologique
Le Miccine, situé à une vingtaine de kilomètres de Montevarchi et Sienne, en Toscane, on peut se balader sur les petites routes de campagne verdoyante. Les panneaux routiers affichent des flocons de neige, signe que les hivers ne sont pas toujours cléments dans la région… Du printemps à l’automne, elle a un charme aussi doux que fou. La route des châteaux du Chianti en fait visiter plusieurs dans un rayon de seulement dix kilomètres.
On en profite pour faire arrêt dans quelques beaux villages. Le plus proche, Gaiole, se visite à pied. A la Cantinetta del Chianti, sorte de dépanneur de luxe, les produits fins sont à l’honneur: vins évidemment mais aussi fromages, huiles d’olive, biscotti, charcuteries, sauces pour les pasta… A l’heure du lunch, un assortiment de charcuteries-fromages se partage facilement en petite terrasse sur la rue. Ricardo vous conseillera sur le meilleur vin accompagnateur de sa sélection de fromages au lait de brebis ou vache, certains en croûte de tomate ou à l’huile d’olive, plus ou moins vieillis. Le verre de Chianti est à moins de 5 euros et l’assiette de fromages à 11 euros. Pour 5 euros, je conseille fortement sa Panzanella, salade traditionnelle de la région aux tomates, oignons, olives et pain rassi baignant dans une bonne huile d’olive !
Dans le temps des vendanges, il faut goûter au Schiacchiata All’uva, une drôle de pizza rectangulaire, sucrée et garnie de raisins avec pépins croquants, accompagnée de Vinsanto, un doux vin de dessert… On peut aussi y tremper quelques Cantucci ou Cantuccini, délicieux biscuits secs aux amandes ou noisettes, spécialité toscane !
Pour les cyclistes ou les amoureux d’antiquités, la surprenante course de vélos anciens Eroica est toujours programmée pour le début d’octobre dans la région de Gaiole ! Du village, un circuit de sentiers d’une douzaine de kilomètres permet aussi de rejoindre plusieurs châteaux de la région. On peut aussi y louer un scooter pour sortir des sentiers battus et aller faire un tour sur les collines du Chianti, par exemple du côté de Castelnuovo dei Sabbioni, un vieux village quasi-abandonné sur les hauteurs d’un autre: Cavriglia. Ou se rendre sur le site du château de Brolio, au sommet d’une autre colline près de Gaiole. Partie du réseau de défense florentin, on y voit Sienne par beau temps !
On file ensuite, via une route en lacets, à Radda in Chianti, une autre village à arpenter à pied. Perché sur les hauteurs, avec vignes et forêts à perte de vue, il dévoile ses vieilles pierres, ses rues étroites bordées de boutiques touristiques, son église et sa mairie avec expositions à la cave, dans l’ancienne prison… Sur la place de l’église, il fait bon prendre un café ou déguster un verre de chianti. Encore et toujours.
http://www.comune.gaiole.si.it; http://www.lacantinettadelchianti.it; http://www.lemiccine.com
En Toscane chez une viticultrice québécoise – 3 – Tourisme oenologique
Les vacanciers qui louent chambre ou appartement au Miccine aiment bien vivre au rythme du vignoble. Au temps des vendanges – généralement dans la première quinzaine d’octobre – Paula Cook leur fait toujours faire un tour guidé du domaine, en leur expliquant les ressorts de son travail en viticulture intégrée et bio. Ils peuvent mettre la main à la pâte en participant aux vendanges, voir les gens travailler au chais…
Le printemps est aussi une excellente saison pour visiter la Toscane. « En mai et juin, explique Paula, il faut faire le choix des bourgeons à conserver sur les ceps de vignes et c’est le temps de l’embouteillage du vin, de l’étiquetage, de la préparation des commandes. Les gens adorent participer ! »
Évidemment, les dégustations sont aussi à l’honneur au Miccine. Pour cinq euros, on peut goûter à toute la gamme des cinq vins de la propriété… remboursable à l’achat d’une bouteille.
Le studio se loue 90 euros pour deux et les deux appartements pour quatre personnes entre 1500 et 1800 euros la semaine. On peut aussi louer les services d’un chef local pour un repas ou un cours de cuisine italienne !
La photo de la semaine
En Toscane chez une viticultrice québécoise – 2 – Au chais !
Les raisins prennent la direction du chais du Miccine chaque jour de vendange. Les grappes sont « éraflées » à la machine, laissant les tiges de côté pour écraser ensuite les baies dont la peau va donner sa couleur au vin. Pulpe, peau et pépins restent en cuve dix jours avant qu’on sépare le jus des substances solides après pressage, du moins pour le blanc. Pour le rosé, tout reste dans la cuve pour six à douze heures. Le « rosé de saignée » est ensuite obtenu en enlevant une partie des substances solides. Le reste est utilisé pour un vin rouge en moins grande quantité mais de meilleure qualité, à cause de la concentration du moût de raisin rouge, moins liquide mais avec plus de peaux, donc plus coloré et avec un bon tanin, explique Paula Cook.
Le Miccine ne produit que 300 bouteilles environ de rosé par an. « Je l’ai fait pour ma mère et parce que c’est un bon produit pour l’été », dit la viticultrice. Quelque 700 bouteilles de blanc sont aussi produites chaque année. Le plus gros de la production est en rouge (18000 bouteilles), en majorité pour son Reserva (seul produit à la SAQ québécoise) et son Chianti Classico, à 80% Sangioves, dont le millésime 2007 a raflé la médaille d’or aux mondiaux du vin en 2009 à Chicago.
En Toscane chez une viticultrice québécoise
Quand il fait froid sur Montréal, quoi de mieux que de songer à la douce Toscane où j’ai fait un saut de puce en octobre dernier !
De Florence, je n’ai rien vu que sa gare ferroviaire, entre deux trains empruntés grâce à un laisser-passer de Rail Europe. De la Toscane, j’ai vu des paysages magnifiques en train avant de débarquer à la petite gare de Firenze, au sud de Florence. Paula Cook m’y attendait pour me ramener chez elle, près du village de Gaiole. Petites routes sinueuses dans la campagne; coteaux et collines verdoyantes avec des vignes partout… Le Miccine est son domaine: une jolie villa de pierre au bout d’une allée de cyprès, accrochée au flanc d’une colline et tout autour sur les pentes des rangs de vignes à perte de vue sur sept hectares, en plein cœur de la région du Chianti Classico. La maison abrite des chambres d’hôtes tout confort avec le chais à l’arrière. C’est le temps des vendanges et je ne manquerai pas de mettre la main à la pâte entre deux interviews ou séances de photos, me rappelant tous ces automnes du bordelais où, durant mes études universitaires, je passais au moins deux semaines à travailler aux vendanges.
Paula Cook, 29 ans, en est à sa quatrième année au Miccine, ancienne ferme tricentenaire ayant viré en vignoble de Chianti dans les années 1960. Après des études en agriculture à l’université McGill à Montréal, elle songe à se spécialiser en plantes médicinales mais son goût pour le vin, développé en famille, prendra vite le dessus. Née de père écossais et de mère italienne, elle passe tous ses étés chez des parents en Toscane. Après une maîtrise en viticulture et œnologie en Europe, elle travaille un peu en France avant que mûrisse l’idée d' »être vigneronne ». Elle se tourne naturellement vers l’Italie et le chianti classico toscan. Ses parents investissent dans le domaine où elle s’emploie à parfaire des « vins de terroir avec cépages italiens, une petite production bio de vins doux et élégants ». L’assemblage, « question de palais et de nez », est un art qu’elle maîtrise et adore !
Le marché peut bien être saturé en Italie, elle-même vend sa production à 95% à l’exportation, en Suisse, Allemagne, en Chine et évidemment un peu au Québec. Les Québécois de passage, au gîte ou à la boutique, sont bienvenus « pour vivre le rêve avec nous » au moment des vendanges comme pour la mise en bouteilles ou l’étiquetage.
Paula Cook est une vraie artisane qui pratique la vendange à la main « pour éviter l’oxydation par écrasement du raisin qui donne plus de sulfites au vin ». L’herbe court entre les rangs pour prévenir l’érosion sur les pentes et maintenir la concurrence avec les vignes. Moins vigoureuses, explique-t-elle, celles-ci donnent des grappes de raisin plus petites, donnant un jus plus concentré et une meilleure qualité. Les ceps ont aussi moins de feuilles gardant du coup moins d’humidité, ce qui permet de mieux contrôler les maladies.
La conversion en bio du vignoble nécessitant quatre années, il devrait avoir sa certification cette année. Paula apporte un soin particulier aux grappes, scrutées à la loupe par elle et ses vendangeurs, en enlevant les grains pourris à la main. La région est bonne pour la production du chianti, ajoute-elle, en grande partie à cause du phénomène d’excursion thermique – forte différence de température entre jour et nuit – qui favorise la production des arômes.
Québec, une fenêtre sur le Saint-Laurent
A l’occasion de mon dernier grand reportage pour le magazine français Thalassa, j’ai eu la chance de rencontrer quelques personnes passionnantes !
En tête de file figure le grand chef du Fairmont Château Frontenac qui a eu la gentillesse de me recevoir un samedi matin. Baptiste Peupion n’a pas la tâche facile, arrivé au moment ou le fleuron de l’hôtellerie-restauration à Québec entamait des travaux majeurs. Un programme de rénovation des chambres est en cours. 150 sur 610 on d’ores et déjà reçu un lifting ! Le hall principal sera complètement transformé, le centre de santé agrandi et un plan complet de réaménagement de la restauration est entamé.
C’est au bar Saint-Laurent, dont j’adore les boiseries anciennes et la vue sur le fleuve, que j’ai rencontré le chef des cuisines. Il m’a appris que le bar en rotonde allait être complétement modernisé, alors qu’un bar à vin, le 1608, doublé d’un bar à fromages verra le jour ! Autre nouveauté: un bistro « évolutif », le Sam, offrira une ambiance décontractée, alors que Le Champlain conservera son parti-pris résolu pour la fine cuisine régionale. R.ouverture prévue en mars. Coût des travaux: 66 millions de dollars.
Espérons que le « château » emblématique de Québec ne perdra pas son âme dans la bataille…
La pensée du jour
Voyager ne veut pas dire arriver, mais parcourir le chemin.
Hugo Verlomme



















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Grouille pour pas qu'ça rouille