Bouchées surréalistes
Hier soir, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, à Montréal, on dévoilait un rideau de scène peint par Dali en 1944 pour un ballet new-yorkais dont je vous reparlerai. La toile immense est surprenante mais pour l’heure je voudrais partager en pensée les délices qui ont suivi cette présentation.
Signées Antonin Mousseau-Rivard, les bouchées servies au cocktail étaient incroyalement originales. Le menu lui-même, concocté par le chef du Contemporain, le restaurant du Musée d’art contemporain de Montréal, était « inspiré par l’oeuvre de Dali », c’est dire ! Le torero hallucinogène ne lui fut pas mais ce tartare de boeuf aux armillaires et fromage Fleurs-des-Monts commençait bien la dégustation. Suivait un délicat tartare de thon au jeune gingembre et perle à la pêche blanche, dénommé La pêche au thon. Si la Galatée aux sphères ( pomme ratte fumée, yaourt à la truite fumée et caviar de truite) m’a laissé songeuse, j’ai littéralement adoré Ceci n’est pas une cerise-hommage au surréalisme: imaginez une cerise posée sur un pain d’épices, avec gelée aux mûres et fraises, qui en bouche dégage une grand air de foie gras. Somptueux ! Tellement, pardonnez-moi, que j’en ai oublié d’en faire une photo pour immortaliser la chose…. Le Gala aux deux cotelettes d’agneau en équilibre sur ses épaules ne pouvait rivaliser mais La tentation de Saint-Antoine (une huître frite avec wakame, mayo japonaise et melon confit) a eu un goût prononcé de « revenez-y ». En finale, Le miel est plus doux que le sang, en macaron miel-chèvre vanillé, a emporté définitivement mon adhésion… à l’oeuvre de Dali revisitée en cuisine ! Du grand art culinaire…
Les délices fromagers du Québec
Les fromages du Québec ont raflé trente-six prix au dernier concours annuel de l’American Cheese Society, organisé à Raleigh, en Caroline du Nord. Preuve que nos artisans fromagers font bien leur travail, ils ont même remporté sept places en haut des podiums. Le Québec s’est ainsi classé troisième, derrière la Californie et le Wisconsin quant au nombre de prix reçus. Deux cinquante-quatre producteurs étaient en compétition dans 125 catégories ! Agropur, La Moutonnière, Fromages SDA, Saputo et Fromagerie Le Détour ont remporté un ou plusieurs premiers prix…
Et voici les grands gagnants du Québec :
Rondoux Triple Crème – Agropur
Allegro probio 7 % – Agropur
Feta – La Moutonnière
L’Empereur Léger – Fromages CDA Inc.
Le Baluchon – Fromages CDA Inc.
La Tentation de Laurier – Fromagerie 1860 Du Village (Saputo)
Le Clandestin – Fromagerie Le Détour
Et nos fromagers vedettes…
La Moutonnière : 8 prix
Agropur : 8 prix
Saputo : 7 prix
Fromages CDA : 4 prix
Fromagerie La Station : 2 prix
Fromagerie du Presbytère : 2 prix
Fromagerie Le Détour : 2 prix
Fromagerie Bergeron : 2 prix
Fromagerie Nouvelle France : 1 prix
Le nouveau Guide Restos Voir est arrivé
Comme le Beaujolais nouveau, le Guide Restos Voir auquel je collabore comme critique depuis plusieurs années, revient chaque automne… L’édition 2013, avec plus de 700 adresses recommandées de restaurants et boutiques gourmandes, vient de paraître, en vente en librairie au prix de 19,95 $. Nouveauté cette année: en achetant une carte Boutique Voir, on obtient un rabais de 19,95$, soit le prix du guide…
Place aux « artisans d’une gastronomie québécoise »
Cinq livres à la naissance: c’est le poids du petit dernier des livres de la sphère gourmande du Québec: Toqué !, édité par Les éditions du passage. Un « beau » livre, mis en vente ce jour à 69 dollars et qu’on aura du mal à tenir entre ses mains en cuisine ou au lit pour la lecture du soir. Ça tombe bien car l’ouvrage n’est pas vraiment un livre de cuisine (ou de recettes), ni un livre gourmand, même si l’on y trouve des recettes et beaucoup d’informations sur des produits. Sous sa belle couverture blanche, aussi sobre qu’élégante, se cache un véritable « manifeste » en faveur de l’artisan alimentaire québécois, membre à part entière – du pêcheur de maquereau ou du producteur de semences anciennes jusqu’au chef-cuisinier du Toqué ! et même de ses clients – d’une chaîne alimentaire soucieuse de qualité, de fraîcheur et de développement durable. Au-travers de l’expérience racontée du Toqué!, ce livre en est en quelque sorte le « témoin », notait l’interviewer-vedette Stephan Bureau lors du lancement. « Si nous faisons une cuisine si « identifiée », c’est en grande partie grâce à tous ces producteurs qui nous font découvrir tant de produits. Ce qu’ils nous envoient nous stimule », soulignait pour sa part Normand Laprise.
Les photos de Dominique Malaterre, qui signe aussi la direction artistique du projet, occupent une place de choix dans l’ouvrage. Elles reflètent l’intime (en portraits) autant que la beauté (en assiettes et visions du Québec). La couleur flamboyante pour la présentation de plats alléchants ou certains portraits des « artisans » du Toqué ! et de ses amis producteurs contraste sans nullement choquer avec le noir et blanc mat d’autres portraits de chefs ou de superbes paysages du Québec, prises sur quatre saisons. « Je voulais notamment témoigner de la grandeur de ce pays et de ses paysages », dit la photographe qui s’est prise de passion pour ce projet et pour l’équipe qui l’a mené à bien, côté édition comme côté Toqué !.
Cette équipe soudée, on la sent au Toqué! quand par exemple son copropriétaire Normand Laprise parle de son allumé chef des cuisines Charles-Antoine Crête comme du « chef qui m’inspire le plus »… Comme lorsqu’ils se renvoient la balle sur l’importance de « rester ce que l’on est tout en allant de l’avant » (N. Laprise) et sur le respect du produit (C.A. Crête). J’ai bien aimé ce dernier, roi de la « scrap » (récupération alimentaire) mise au service de la gastronomie, expliquant la genèse de son « cre-thon »: parce qu’il ne peut supporter de voir 20 livres sur 100 d’un thon gaspésien partir aux poubelles…
En prime
L’éditrice Julia Duchastel racontait lors du lancement avoir eu l’idée du livre, le premier du genre pour les Éditions du passage, après le visionnement du film « Dur à cuire ».
Charles Lapointe, PDG de Tourisme Montréal, a mis la table du prochain événement « Montréal à table » qui aura lieu la semaine prochaine (97 menus de restaurants pendant 11 jours à prix raisonnables), en soulignant la part importante (52%) de l’offre culinaire dans le choix d’une destination par les touristes. A Montréal même, a-t-il relevé, les touristes dépensent en moyenne 525 millions de dollars par an dans des restaurants.
Conseil de Normand Laprise: « Lisez le livre, cuisinez après »

Photos de Une, portrait de Normand Laprise et couverture de livre: Dominique Malaterre
Auberge de charme en Gaspésie
Dans la série hôtels de charme, j’ai beaucoup aimé l’Auberge Château Lamontagne à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, où j’ai dormi une nuit le printemps dernier. L’auberge est installée sur un promontoire, dominant le village et une falaise en bordure du fleuve Saint-Laurent. D’ailleurs, plusieurs chambres ont vue côté « mer ». Et le bâtiment en impose ! De style « régence », il a été construit à la fin du 19ème siècle pour le compte d’un riche homme d’affaires. Entièrement rénovée, il est devenu auberge haut-de-gamme, avec restaurant, appartenant à Destination Chic-Chocs, une pourvoirie réputée de la région ! Elle n’a nullement toutefois le style (plutôt rustique) d’une pourvoirie mais bien celui d’un sympathique hôtel-boutique. Plutôt rare en région… Ses chambres sont superbes et, sous les toits, on entend le vent du large… Le restaurant et le lounge du rez-de-chaussée sont tout aussi beaux avec boiseries partout et vue sur la baie de Sainte-Anne-des-Monts. Aux fourneaux : le chef Jérôme Paquet. www.rivieresainteanne.com
La Sépaq électrique
La Société des établissements de plein air du Québec, qui gère les parcs nationaux de la province et quelques autres établissements ou centres touristiques, va installer des bornes de recharge publique pour véhicules électriques afin de faire sa part dans le renforcement du réseau naissant. Sept bornes de recharge seront implantées au Parc de la Chute-Montmorency, à l’Aquarium du Québec et à la Station touristique Duchesnay dans la région de Québec, ainsi qu’au parc national du Mont-Saint-Bruno, à celui des Îles-de-Boucherville et à celui d’Oka dans la région de montréal. Prix d’une recharge de véhicule électrique : 2,50 $ quelle qu’en soit la durée. La Sépaq installera onze autres bornes du même type pour les besoins de sa propre flotte de véhicules électriques, l’une des plus importantes au Québec après celle d’Hydro Québec. Un petit pas dans la bonne voie « verte » !
Maîtres chez nous…
Dans la suite de mon billet d’hier, je relève cette amusante nouvelle sur le site de Radio-Canada sous le titre « Les vignes du Seigneur ».
« Provenant de la Californie, le vin de messe utilisé dans les églises du Québec sera dorénavant québécois! Le vignoble Le domaine des Côtes d’Ardoise de Dunham vient d’obtenir l’autorisation de produire ce type de vin. »
Record historique ( à la baisse) des vendanges en France
Vitisphère rapporte, dans sa E-lettre du 8 octobre, que la France devrait produire à peine un peu plus de 40,6 millions d’hectolitres de vins en 2012, au vu des prévisions de récolte de raisins, soit une baisse de 20% par rapport à 2011. Raison avancée : une baisse tendancielle des surfaces de vignes en production et la météo sèche du mois de septembre.
Toutes les catégories de vins produits sont touchées par la diminution de production, qui atteindrait 15 % pour les vins d’appellation, 19 % pour celle des vins d’Indications Géographiques Protégés, 22 % pour les vins destinés aux eaux-de-vie et 42 % pour les Vins Sans Indications Géographiques, lesquels avaient il est vrai connu une production très forte en 2011. Si les prévisions se confirment, la France se maintiendrait d’extrême justesse à la première place des pays producteurs de vins dans le monde…



Grouille pour pas qu'ça rouille