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À Lac La Biche, l’attente des sinistrés de Fort McMurray, au Canada

Article publié sur le monde.fr le 8 mai 2016

Sur la route menant d’Edmonton à Fort McMurray (Alberta), dont les 80 000 habitants ont été évacués mardi 3 mai pour cause d’incendie de forêt, la nature se réveille, les arbres verdissent, les grands champs de céréales s’assèchent, les oiseaux migrateurs filent vers le nord. Le contraste est frappant avec l’horreur vécue 430 kilomètres plus loin, au cœur des champs de l’industrie des sables bitumineux dont Fort McMurray est la capitale. Au moins 1 600 maisons ont été détruites par le feu, qui a déjà brûlé plus de 200 000 hectares de forêt.

La radio annonce l’évacuation du site pétrolier de Syncrude. Peu après, trois autobus pleins, identifiés à son nom, passent en direction sud sur l’autoroute 63, qui traverse Fort McMurray. Suivront plusieurs pick-up ou voitures couverts de cendres. Ils sont les premiers à avoir, samedi 7 mai, après l’enfer de mardi, vécu le cauchemar de retraverser leur ville dans une épaisse fumée, quittant leurs abris depuis l’exode : les camps au nord de la localité que l’industrie pétrolière a mis à leur disposition. En fin de journée, les autorités annonçaient que la plupart des 17 000 « évacués du nord » se trouvaient désormais au sud de Fort McMurray, voire à Edmonton, ou à Vancouver, en Colombie-Britannique voisine, après l’organisation de convois routiers et de ponts aériens.

« Je n’ai pas dormi pendant trois jours »

Hébergés dans le centre, les évacués attendent de savoir si et quand ils pourront retourner chez eux.

Hébergés dans le centre, les évacués attendent de savoir si et quand ils pourront retourner chez eux. JASON FRANSON POUR LE MONDE

A 240 kilomètres de Fort McMurray, à l’intersection de l’autoroute 63 et de la route de Lac La Biche, où se sont réfugiés de nombreux sinistrés, deux ouvriers de Carillion, l’entreprise chargée de l’entretien de l’autoroute, jouent les agents d’information. « La barricade de la police est à 20 kilomètres de Fort McMurray », explique Rob Rulens à ceux qui montent vers le nord. On ne passe pas. Aux sinistrés, il donne de l’eau et leur montre la route pour rejoindre le Bold Center, à Lac La Biche.

La petite ville, à 50 kilomètres de là, surplombe un lac majestueux. Paradis des pêcheurs, campeurs et golfeurs, elle a accueilli 4 400 personnes en quatre jours au Bold Center. Le parking du grand centre de loisirs est plein. Dehors, un air de fête de village : il fait chaud, les barbecues fument et les tables de pique-nique sont bien occupées, mais les mines sont basses. Femme de ménage à l’hôpital de Fort McMurray, Antoinette-Juliette Smith a quitté précipitamment la ville, encore en uniforme, une fois les patients évacués mardi. Après une nuit dans un camp avec son mari, Rodney Naude, travailleur pour Suncor, elle a pu s’habiller de pied en cap à Anzac, grâce à des dons. « Je n’ai pas dormi pendant trois jours », dit-elle. Le lit de camp du Bold Center fut providentiel, même si le couple, d’origine sud-africaine, aimerait qu’on lui trouve une chambre. Et surtout qu’on leur ramène leur chien, resté à la maison, en attendant de pouvoir y retourner eux-mêmes.

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Au Canada, l’exode par terre et par air pour fuir l’incendie à Fort McMurray

Article paru dans le monde.fr le 7 mai 2016

L’incendie de forêt qui a forcé l’évacuation de 80 000 habitants de la région de Fort McMurray, en Alberta, a encore progressé vendredi 6 mai. Pendant que les pompiers luttaient contre le gigantesque brasier pour protéger les zones d’habitations et les infrastructures stratégiques, les autorités ont déclenché vendredi matin une vaste opération, routière et aérienne, pour évacuer vers le sud de Fort McMurray, Calgary et Edmonton tous ceux qui s’étaient réfugiés dans des camps de l’industrie pétrolière et gazière au nord de la capitale de l’or noir, après l’ordre général d’évacuation donné mardi.

Sur 25 000 sinistrés ayant pris cette direction, 7 000 ont quitté les camps par un pont aérien tandis que les autres attendaient l’autorisation de reprendre la route, a précisé vendredi la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, notant que la population réagissait avec calme, comme lors de la première évacuation. L’autorisation est venue à 7 heures du matin, déclenchant un embouteillage continu sur l’autoroute 63, artère principale de circulation pour accéder au nord comme au sud de Fort McMurray.

Toute la journée, un long convoi de voitures et de camionnettes, avançant à pas de tortue sous une chaleur écrasante, occupait deux voies de l’autoroute. Escortés par des policiers, survolés par des hélicoptères militaires assurant la surveillance aérienne, leurs occupants ont dû traverser la ville dévastée avant de poursuivre vers le sud. L’exode pourrait durer quatre jours, a averti le responsable albertain de la prévention des incendies, Chad Morrison, alors que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, promettait de se rendre dans la région sans préciser de date.

Lire aussi :   Fort McMurray, une région pétrolière en crise frappée par les flammes

« La ville n’est pas près d’être sécurisée »

A Lac La Biche, première agglomération à 291 kilomètres au sud de Fort McMurray, on se préparait vendredi, avec l’aide de la Croix-Rouge et de bénévoles, à accueillir de nouveaux habitants de la ville sinistrée. « Trois mille sept cents se sont déjà arrêtés ici depuis mardi pour profiter des services de secours mis en place, manger, dormir, se vêtir, précise Jihad Moghrabi, responsable des communications de Lac La Biche County, qui compte 29 000 habitants. Nous sommes prêts à fournir à ceux arrivant du Nord l’aide matérielle mais aussi le réconfort dont ils ont besoin. Ils ont vécu une expérience traumatisante, mais ceux que nous avons vus sont dans un bon état d’esprit. » Nombreux seront sans doute ceux qui poursuivront leur route – plus sereinement qu’au Nord – pour rejoindre familles ou amis, voire un autre centre de secours à Edmonton ou à Calgary.

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Au Canada, un incendie de forêt transforme Fort McMurray en ville fantôme

Article publié dans Le Monde.fr le 5 mai 2016

Déjà 10 000 hectares brûlés et près de 90 000 personnes évacuées. La région de Fort McMurray, dans le nord de l’Alberta (Canada), où un violent incendie de forêt fait rage depuis le 1er mai, était toujours en situation de crise mercredi 4 mai au soir. L’Alberta a décrété l’état d’urgence, vingt-quatre heures après l’évacuation de la ville, et les autorités se préparaient au pire, que le feu encore hors de contrôle en ravage une bonne partie. L’industrie pétrolière et gazière, qui a donné naissance à cette cité et dont les installations ne sont pas touchées par l’incendie, a mis à la disposition des évacués plusieurs camps de travailleurs.

Vidée de ses habitants, tous sains et saufs, la capitale des sables bitumineux n’était plus que l’ombre d’elle-même mercredi, avec une épaisse fumée dans l’air et plusieurs quartiers dévastés. Si le centre de la ville est épargné, seize cents maisons ont été détruites dans trois quartiers du Sud : Waterways, Beacon Hill et Abasand.

La journée de mardi a été éprouvante pour la population. Des personnes isolées ont été évacuées par hélicoptère, et l’autoroute 63, artère principale pour quitter Fort McMurray par le nord ou le sud, connaissait un embouteillage monstre. Avec un mur de feu pour décor, de nombreux évacués ont abandonné leur véhicule faute d’avoir eu le temps de faire le plein. Près de 70 000 personnes ont quitté la ville par le sud et 17 000 par le nord. Quelque 20 000 habitants − dont une centaine de patients de l’hôpital local − ont pris la route ou l’avion pour Edmonton, capitale de la province.

Tandis que 250 pompiers luttaient d’arrache-pied mercredi contre le brasier, assistés par des avions-citernes et des hélicoptères, les secours s’organisaient. Bien que la cause de l’incendie reste inconnue, les responsables de la sécurité rappellent que les feux sont fréquents dans le nord-ouest du Canada, mais souvent plus tard dans la saison. La sécheresse et un temps très chaud ont contribué au déclenchement ou à la progression rapide de celui-ci.

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L’industrie canadienne des sables bitumineux dans une « ère d’incertitude »

C’est du moins ce que pense la sénatrice canadienne (de l’Alberta) Claudette Tardif rencontrée le 6 mai dernier à Ottawa. L’industrie attend toujours la réponse américaine sur le projet d’oléoduc Keystone XL, comme le feu vert du pipeline Northern Gateway pour faire sortir son pétrole côté Pacifique.
« Les Albertains souhaitent un équilibre entre production et respect de l’environnement et l’industrie devrait davantage mettre l’accent sur le plan environnemental », estime-t-elle. Les technologies innovatrices existent, notamment pour des méthodes d’extraction moins polluantes, qu’il faut, dit-elle, mettre de l’avant. On aimerait croire en la volonté de l’industrie de l’or noir de faire davantage pour l’environnement !

Au Canada, la ville de Calgary élit un maire musulman

Publié le 24 Octobre 2010

Naheed Nenshi a créé la surprise en battant les deux favoris de l’élection municipale.   Si Calgary, métropole albertaine, est depuis longtemps une grande ville multiculturelle (près d’un quart de sa population est issu de l’immigration), l’élection, cette semaine, de Naheed Nenshi à la mairie lui donne un nouveau visage. A 38 ans, ce fils d’immigrants tanzaniens d’origine modeste, de religion musulmane et nouveau venu en politique, a coiffé au poteau les deux favoris de l’élection municipale, Ric McIver, ancien conseiller à la mairie, et Barb Higgins, ex-journaliste. On s’attendait à une lutte serrée entre ces deux derniers, mais c’est l’outsider qui l’a emporté. (lire la suite)

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