Gourmande Martinique
Ce mois-ci, la Martinique des saveurs se déplace à Montréal. Jusqu’au 23 septembre, quinze restaurants, ateliers culinaires ou bars à cocktails de la métropole, dont un resto de Longueuil (L’Incrédule) et le Manoir des Sables à Orford (dont le chef Alain Ferraty vient de la belle île antillaise) mettent la cuisine de la Martinique à l’honneur. Comme j’ai pu le constater lors d’un voyage de presse « Art de vivre en Martinique » en novembre dernier, cette cuisine est particulièrement généreuse en épices et saveurs exotiques.
Guy Ferdinand, l’un de ses chefs les plus colorés (rencontré en novembre à son resto Petitbonum de la plage du Carbet où il officie en short quand il ne pique pas une tête dans l’eau), a fait le voyage pour Montréal la semaine dernière. Il fallait bien un chef étranger pour nous dire combien nos marchés regorgent de bons produits. « Ici, je me sens comme chez moi », nous a-t-il précisé (la mer en moins…). A Ateliers et Saveurs, du Vieux-Montréal, il nous a concocté une « collation du matin » en forme de boulette à la farine de manioc, avocat, lime, hareng au rhum, morue et piment tapoté »… puis des crevettes flambées au rhum avec basilic, essence de vanille et crème, des écrevisses magnifiques aux échalotes et rhum, de délicats acras de morue et de crevettes (sans rhum), entre autres !!
De quoi m’inspirer pour un prochain article à paraître en 2013 dans Découvertes sur la Martinique gourmande, sujet déjà en partie évoqué dans Le Soleil du 24 décembre 2011 sous le titre « Chez nos cousins de la Martinique » (disponible sur ce blogue)!
En bref – Québec – Chez Coco
De passage dans le Bas-Saint-Laurent, j’ai soupé Chez Saint-Pierre, le restaurant du Bic de Colombe Saint-Pierre. Toujours aussi allumée et sympathique, cette Coco, comme on l’appelle en cuisine. Une soirée mémorable que j’ai passée les yeux fermés en dégustant à l’aveugle son menu-découverte en cinq services. Elle fume elle-même un prosciutto légèrement salé qu’on mangerait bien tous les jours…. J’ai appris à cette occasion qu’elle venait de vendre ses parts dans le bistro ouvert il y a quelques années à Rimouski avec des associés…
Arrêt à Trois-Rivières au Poivre noir
C’est mon coup de coeur de l’année en matière de restaurant québécois ! Le Poivre noir, à Trois-Rivières. Il faut passer par-dessus l’arrivée en auto, dans un stationnement public plutôt glauque pour monter à l’étage et entrer dans ce bel établissement au décor contemporain. Vedette: le fleuve Saint-Laurent omniprésent via de grandes baies vitrées et, au coucher du soleil, il est magnifique. On aime l’espace entre les tables qui préservent un maximum d’intimité. Le service stylé est vraiment impeccable et le chef bien allumé ! En-dehors du menu-dégustation à l’aveugle, tout est à la carte. En entrées, huîtres et os à moelle voisinent avec le foie gras, spécialité du chef ! Les crevettes de roches, croustillantes et bien épicées, n’ont d’égal qu’un gravlax de saumon présenté sur ardoise. Aucune fausse note dans les plats, desserts compris. Si les assiettes, savamment présentées, sont aérées, on picore allègrement les différents éléments proposés: bar rayé, boeuf, accompagnements de légumes différents pour chacun. Si l’on en manque, on opte pour le bol de légumes ! Mention spéciale pour le foie gras poelé, réussi à la perfection ! Côté desserts, l’ananas confit avec crème glacée à la noix de coco a fait fureur. A essayer en dessert (la prochaine fois pour moi): le foie gras sucré !
Fairmont Manoir Richelieu : Jean-Michel Breton cède les commandes des cuisines à Patrick Turcot
La nouvelle est sortie il y a peu : Patrick Turcot devient chef des cuisines du célèbre établissement de La Malbaie,dans Charlevoix. Il remplace Jean-Michel Breton qui prend sa retraite, selon nos sources. Chapeau pour ses belles réalisations, la dernière étant d’avoir organisé de main de maître la partie gastronomique des voyages à bord du nouveau Train du Massif, faisant la liaison entre Québec et La Malbaie !
On imagine que Patrick Turcot devrait apporter une touche nouvelle à la cuisine du Manoir. Enfant de Québec, diplômé de l’ITHQ en pâtisserie et cuisine internationale, puis apprenti au Ritz Carlton de Montréal, il a roulé sa bosse dans différents Fairmont, dont ceux de Lake Louise et du Château Frontenac. Il nous arrive du Fairmont de Scottsdale en Arizona, classé Cinq Diamants avec trois restaurants primés.
« Ma cuisine, dit-il, est inspirée des grands principes de la cuisine française que j’harmonise aux tendances du moment selon mes inspirations et mes expériences de voyage… J’aime déconstruire une recette et la réinventer pour en rehausser les saveurs, par exemple j’aime bien servir une salade niçoise au thon ahi grillé avec des pommes de terre péruviennes confites à huile d’olive. » A s’en lécher les babines…
Fairmont : 1-800-441-1414 ; www.fairmont.com.
La Dame de Pic à Paris
C’est maintenant connu: Anne-Sophie Pic, la cheffe étoilée trois fois dans le Guide Michelin pour la Maison Pic, à Valence, en France (et qui a aussi le Beau-Rivage Palace à Lausanne), étend ses tentacules à Paris en ouvrant en septembre La Dame de Pic. L’adresse du 20, rue du Louvre prend la place d’un antiquaire ! Dans Le Monde du 28 mars (qui reprend un article du Temps), cette adepte de la cuisine intuitive à fort accent du terroir explique que le resto gastronomique parisien sera « plus simple » que ses deux autres tables, comme pour en donner un « avant-goût ».
Mauvaise année pour le Tuber melanosporum
Aux amateurs de truffe, il faut le dire: elle sera rare cette année. En France en tout cas, la saison de cueillette et de vente au marché du fameux diamant noir frais s’est achevée plus tôt que prévu pour cause de gels piquants en février. La rareté de la pluie en été et en automne n’avait pas non plus aidé au début de la saison…
Anne-Sophie Pic à Paris
La cheffe française Anne-Sophie Pic, invitée vedette du Festival Montréal en lumière en 2011, fait le saut de la province française à Paris ! Elle s’apprête en effet (en mai) à ouvrir un restaurant à Paris (20, rue du Louvre). Elle officie pour l’instant à Valence, dans la Drôme, avec trois étoiles au Guide Michelin ! Les conservera-t-elle à Paris ?
Le Guide Michelin dans le rouge
Ça va mal chez le célèbre distributeur d’étoiles, dixit le chroniqueur gastronomique du Monde Jean-Claude Ribaut (dont je vous recommande les savoureux billets). Le fameux Guide Michelin rouge se vend de moins en moins sur papier. Du coup, il vend son âme au diable… Très bientôt, il sera mis en ligne sur le site Michelin Restaurants. Rien de grave à ce stade sauf que pour financer la chose, les restaurateurs pourront y faire leur propre pub ! Et les internautes seront invités à critiquer les chefs… une vraie révolution qui soulève la colère des dits chefs, Alain Ducasse en tête !
Cuisiner par procuration
Les livres de cuisine se vendent de plus en plus comme des petits pains chauds et les médias (surtout télévisuels) suivent le mouvement de l’intérêt populaire pour tout ce qui a trait aux fournaux et à la gastronomie. Au Québec, la compagnie Influence Communication a recensé en 2011 les nouvelles de tous domaines. Le poids de la cuisine dans les médias québécois était de nouveau en hausse, à quelque 5%, soit à peine un peu moins que celui des nouvelles en arts et spectacles ! Le bilan révèle aussi qu’on a parlé dix huit fois plus de cuisine que de pauvreté dans les mêmes médias en 2011… Commentaire de Jean-François Duval, président de la firme au Devoir: « Avant, la cuisine était un service. Maintenant, c’est devenu un divertissement »…. Et tant pis si le frigo est vide ?
Le Bordeaux à Québec
Pour célébrer le 50ème anniversaire du jumelage entre Québec et Bordeaux, la capitale québécoise organisera en 2012, du 6 au 9 septembre, une grande fête des vins de Bordeaux. L’événement se voudra « rasembleur », dixit le maire de Québec, Régis Labeaume…
pour en savoir plus: www.quebecregion.com/fr/nouvelles/2011-09-09_bordeaux_fete_le_vin_a_quebec_2012

Grouille pour pas qu'ça rouille