Prix Albert Londres… suite
Surnommé le « Goncourt du journalisme » , le Prix Albert Londres récompense le meilleur reportage de la presse écrite et le meilleur reportage audiovisuel de l’année, signé par un grand reporter francophone de moins de 40 ans. Les prix seront remis le 10 mai à Montréal.
Composé de 23 membres et présidé par Annick Cojean, grand reporter au Monde, le jury du prix Albert Londres a annoncé sa sélection de sept finalistes sur 54 candidatures dans la catégorie presse éc
Guillaume Lavallée (AFP, Québec) pour ses reportages au Pakistan et son livre Dans le ventre du Soudan (Éditions Mémoires d’encrier)
Doan Bui (Le Nouvel Observateur, France) pour son enquête Les fantômes du fleuve
Luc Mathieu (Libération, France) pour ses articles sur la Syrie et la Libye
Ondine Millot (Libération, France) pour ses sujets sur les affaires Merah et Florence Cassez;
Mathieu Palain (revue XXI, France) pour son texte « Putain Dewey, regarde-toi »;
Lucie Peytermann (Libération, France) pour ses articles sur le Pakistan
Jordan Pouille (Le Temps, Médiapart, XXI, Le Soir, La Vie, Le Monde diplomatique, France) pour ses sujets sur la Chine.
En tant qu’ancienne journaliste de l’AFP et connaissant Guillaume Lavallée – en poste en ce moment au Pakistan – un peu personnellement et beaucoup de réputation, je vote pour lui !!
Le Prix Albert Londres remis à Montréal le 10 mai
Tout un honneur !
Montréal a été choisie comme ville-hôtesse pour la remise du prestigieux Prix Albert Londres qui fête son 80ème anniversaire cette année. Surnommé le « Goncourt du journalisme » , le prix récompense le meilleur reportage de la presse écrite et le meilleur reportage audiovisuel de l’année, signé par un grand reporter francophone de moins de 40 ans.
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » : disait Albert Londres, l’un des premiers journalistes d’enquête au monde !
Sarkozy payé; journalistes payeurs ?
Jeudi dernier, l’ex-président français Nicolas Sarkozy nous faisait l’honneur d’une visite-éclair à Montréal, histoire de renflouer son compte personnel (de plus de 180.000 euros selon certaines rumeurs)! A la manière de Bill Clinton et de Tony Blair, il a en effet trouvé un bon moyen de valoriser ses compétences passées d’homme d’État en les « vendant » au plus offrant lors de conférences internationales. Il était l’invité de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et quelle ne fut pas ma surprise la veille en appelant la dite chambre pour y assister comme journaliste en vue de rendre compte de cette digne visite dans Le Monde.
« Si vous vouliez assister à la conférence de Nicolas Sarkozy, il fallait vous inscrire et payer ». C’est la réponse qu’on me donna, en ajoutant que de toutes façons les 750 billets étaient déjà vendus… En plus de trente ans de carrière de journaliste, c’est la première fois qu’on me refusait l’accès à une conférence de personnalité publique ! Même l’attachée de presse de M. Sarkozy a eu le culot de me répondre au téléphone que la conférence donnée au Palais des congrès était « à caractère privé ». Pourtant, la conférence de la « vedette » Sarkozy avait été annoncée publiquement et près de 800 personnes, essentiellement le gratin du milieu des affaires québécois, avaient répondu à l’appel !
Pour « rencontrer l’homme reconnu pour l’énergie avec laquelle il a dirigé la deuxième puissance économique européenne et partager un moment inspirant », selon la chambre de commerce, ils avaient déboursé 170 à 600 euros (avec repas). A ce dernier prix, on obtenait « l’une des 150 meilleures places à table et une photo individuelle avec M. Sarkozy » ! L’histoire ne dit pas combien sont repartis avec leur photo-souvenir…
En échange, l’ex-président a livré une conférence de deux heures, en partie sous la forme d’une discussion avec l’ancien ministre conservateur canadien Michael Fortier, devenu vice-président de la branche Marchés des Capitaux de la Banque royale du Canada, première banque au pays.
Émoustillée par la mise à l’écart des journalistes, je me suis pointée à la sortie de la salle de conférences, comme quelques autres, pour recueillir des commentaires de participants. Les langues se déliaient facilement et l’avis semblait unanime pour saluer la prestation de M. Sarkozy, « fraîche et pleine d’humour » après une « vraie déclaration d’amour à Montréal et au Québec » et avant d’aborder le très sérieux thème de la conférence : « l’état de l’économie mondiale, les perspectives pour l’Europe et les nouveaux équilibres qui caractérisent la gouvernance mondiale ».
J’ai raconté aux lecteurs du Monde les propos rapportés par les VIP groupies de M. Sarkozy…(http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/04/26/la-vedette-sarkozy-defend-l-unite-europeenne-a-montreal).
Louis Hébert, professeur en stratégie à HEC Montréal le jugeait « touchant » quand il évoquait les liens profonds qui unissent la France et le Canada depuis la première guerre mondiale et « très convaincant sur l’importance pour les grandes puissances de travailler ensemble plutôt que de s’isoler et d’ainsi demeurer forts ». Exit les sujets sensibles comme la politique française et la relation triangulaire France-Canada-Québec : Nicolas Sarkozy aurait préféré donner son point-de-vue sur des sujets d’actualité : la crise de l’euro; l’Islam et l’Occident; l’Iran; la Syrie; la montée en puissance du Brésil, de l’Inde et de la Chine…L’état de l’Union européenne a tenu le haut du pavé. Il a été « très rassurant » à ce sujet, disait une cadre en finances. Se plaçant « en vrai militant de la cause européenne, il a dit qu’il n’y avait pas d’euro sans Europe et pas d’Europe sans euro », soulignait Daniel Amar, conseiller au cabinet du ministre québécois du Tourisme.
Nicolas Sarkozy posait « un regard perçant » sur les questions internationales, estimait le ministre québécois des Affaires internationales, Jean-François Lisée, jugeant que le conférencier partageait « la conviction que l’Europe allait tenir » et que « la volonté de paix était le ressort qui la soudait toujours ». L’ancien président aurait aussi appelé de ses vœux une « alliance commerciale Europe-Canada-États-Unis », selon Francis Lacombe, vice-président de la société Technostrobe. Alors que les négociations d’un accord de libre-échange Union européenne-Canada traînent en longueur et qu’un autre accord avec les États-Unis est annoncé, M. Sarkozy aurait plaidé pour une alliance tripartite, étant convaincu d’après M. Lacombe que ce serait la meilleure voie pour « modifier le rapport de force face à la Chine ».
Sur la situation économique française, M. Sarkozy aurait surtout plaidé pour une révision du pouvoir de dépenser de l’État et pour une baisse des charges dans le secteur productif. Quant à son retour éventuel en politique, sur lequel il a été questionné, M. Sarkozy aurait été, selon M. Lisée, « d’un silence de sphinx »…
Notes d’une journaliste (aussi) politique
J’étais en balade la semaine dernière entre Ottawa, Toronto et Montrėal afin de suivre pour Le Monde le Premier ministre français en voyage officiel au Canada pour la première fois. C’est au pas de course que nous filions d’un rendez-vous a un autre, parfois sans même avoir le temps d’entendre l’invité de marque, comme à l’Université de Toronto! Raison : la GRC avait refusé que le minibus des journalistes français prenne place dans le cortège officiel du chef de gouvernement, lequel avait l’immense avantage de stopper le trafic routier, à l’heure de pointe de l’après-midi, pour se rendre à l’aéroport Pearson ! Las, contrairement à Ottawa où nous faisions partie du cortège (5 limousines, des dizaines de voitures, une ambulance, deux minibus), nous avons passé plus d’une heure dans les embouteillages torontois avec la crainte de ne pas arriver à temps sur le tarmac pour embarquer dans l’avion officiel de la délégation. Finalement, le conducteur a attrapé la queue du cortège près de l’aéroport et sommes arrivés à temps, avec mon article quasiment écrit dans le bus !
Comme au matin, pour le vol Ottawa-Toronto, l’accueil à bord de l’Airbus A 310 de l’armée de l’air française (assurant les voyages du Premier ministre français) est irréprochable. Pour calmer les esprits, rien de tel qu’une coupe de vrai champagne ou d’un bon bourgogne…
A bord, certains journalistes se reposent tandis que d’autres (comme moi et le journaliste de l’AFP) travaillent, confortablement assis dans des sièges typiques classe affaire. Au vol aller, vers 11h30, nous avions eu droit à un repas froid gastronomique, illustré par la photo ci-dessous! Avec crevettes aux petits légumes, flan d’asperges et poisson fumé, purée de champignons, brochette de bœuf, fromages fins et dessert, le tout servi avec de vrais couverts et verres en verre pour le champagne ou un château Margaux… Mais seulement cinq minutes pour l’avaler avant l’atterrissage…
A l’avant de l’appareil, les ministres et les grands pontes de l’industrie qui les accompagnent; à l’arrière, les conseillers de tout ce beau monde et les journalistes. Pas beaucoup d’échanges entre les deux « zones », ceux de la première se gardant d’approcher la « clique » journalistique. Certains viennent tout de même « vendre leur salade » aux journalistes, comme cet attaché de presse de Joe Oliver, ministre canadien des ressources naturelles, qui vient me parler sables bitumineux albertains et pipeline Keystone pour lequel le gouvernement canadien fait des pieds et des mains ces temps-ci dans l’entourage d’Obama pour qu’il l’accepte. Un autre, chef de PME visiblement passionné, viendra m’entretenir de son logiciel libre qui fait un tabac en France et qu’il veut vendre maintenant au Canada via une filiale à Montréal.
La veille, réception et discours du Premier ministre à l’ambassade de France à Ottawa, magnifiquement située sur le bord de la rivière des Outaouais. Buffet de luxe, dont de délicieux macarons au foie gras, vin et champagne coulant à flot… On attrape un morceau au passage car il n’y aura pas forcément de repas ensuite pour nous, pauvres journalistes obligés de suivre M. Ayrault mais ensuite de courir écrire nos papiers ou de monter nos reportages télé ou radio pendant que les membres de la délégation mangent tranquillement… Nous fumes toutefois très bien traités par les accompagnateurs presse de la délégation, ayant toujours dans les salles de presse de bons buffets pour alimenter nos neurones.
Conférence de l’Année polaire internationale 2012 – Concours photo
Le photographe Bertrand Lemeunier, avec lequel j’ai fait une série de reportages en Arctique canadien l’été passé, a remporté le prix du concours de photos de l’Année polaire internationale « Cold Snap » du Canadian Geographic, dans la catégorie « Sciences et recherche polaires ». La photo gagnante montre un camp scientifique temporaire sur la banquise que nous avons eu la chance de visiter au large de Resolute Bay (Nunavut). Elle sera publiée dans l’un des prochains numéros du Canadian Geographic. Elle était aussi en page couverture du supplément Sciences et Techno du Monde, avec trois de mes articles sur la science en Arctique publiés le 21 avril, à la veille de la Conférence de l’Année polaire internationale 2012 qui a eu lieu à Montréal du 22 au 27 avril.
Le Monde: dernières parutions sur l’Arctique
Aux abords du camp scientifique de l’Île Bylot, au Nunavut
L’Arctique pourrait s’ouvrir au trafic maritime dès 2015
Publié le 29 Avril 2012
Le mouvement vers une libération des glaces dans l’océan Arctique s’accélère, poussé par le réchauffement climatique. Au point que le Conseil de l’Arctique, qui regroupe les huit pays riverains, estime qu’il sera dès 2015 en eau libre durant une courte période estivale. On entrevoit d’ici à 2020 une explosion du trafic maritime qui pose de sérieux problèmes. L’Arctique sera « de plus en plus intégré dans l’économie globale », a déclaré la Norvégienne Gro Harlem Brundtland, en ouverture de la conférence de l’Année polaire internationale 2012, qui a réuni quelque 2 000 scientifiques du 22 au 27 avril à Montréal (Canada). Lire la suite…
L’accumulation inquiétante du nombre de polluants dans l’Arctique
Publié le 28 Avril 2012
Les recherches menées pour l’Année polaire internationale 2012 pointent la contamination de toute la chaîne alimentaire. S’il est vrai, comme le pense l’ex-première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland, que « les régions polaires demeurent celles du monde sur lesquelles on a le moins de connaissances », les travaux présentés du 22 au 27 avril à Montréal, lors de la Conférence de l’Année polaire internationale 2012, ont permis de mesurer les avancées scientifiques réalisées. C’est particulièrement le cas pour les études concernant la présence en Arctique de métaux – comme le mercure – et de polluants organiques persistants (POP), dont les impacts sur la santé et l’environnement sont très nocifs. Lire la suite…
Le Grand Nord, labo éphémère
Resolute Bay Avec les scientifiques du Grand Nord
Publié le 21 Avril 2012
Montréal accueille, du 22 au 27 avril, 2 000 spécialistes de l’Arctique et de l’Antarctique pour la conférence de l’Année polaire internationale 2012. A cette occasion, reportage dans le haut Arctique canadien, où les beaux jours voient, année après année, revenir les migrateurs et les chercheurs.
« Incroyable ! Toute notre recherche arctique tient dans cet entrepôt « , lâche Daniel Fortier, géographe à l’université de Montréal. Spécialiste de l’Arctique, il s’apprête à partir en ce début juillet 2011 avec une équipe québécoise pour l’île Ward Hunt, ultime « rocher » canadien avant le pôle Nord, et termine ses préparatifs à Resolute Bay, sur l’île Cornwallis, sur le 75e parallèle. Lire la suite…
Parc Sirmilik : jobs d’été pour jeunes scientifiques
Publié le 21 Avril 2012
Entre eux, ils s’appellent lemmings, limicoles, renards, oies… On dirait des patrouilles scoutes, mais ce sont les équipes de quinze étudiants du Québec (dont un Français) partis travailler, l’été 2011, sur l’île Bylot, en Arctique canadien, à des projets en biologie. Leur terrain de jeu ? Une vallée glaciaire adossée à la cordillère arctique. Impressionnante de beauté sauvage, l’île est, à 700 kilomètres au nord du cercle arctique, un refuge d’oiseaux migrateurs, notamment la grande oie des neiges, et fait partie du parc national Sirmilik (« terre des glaciers » en inuktitut). Lire la suite...
Un labo sur la banquise
Publié le 21 Avril 2012
Les motoneiges serpentent sur la banquise en tirant des qamutik (traîneaux inuits traditionnels), très résistants aux chocs. En vêtements de survie, les huit chercheurs et étudiants associés au projet Arctic ICE (Arctic marine ice-associated ecosystem in a changing environment) rejoignent leur « camp de glace », à trois kilomètres de la côte. En cet été 2011, ils viennent d’y passer neuf semaines à recueillir des données, rentrant une fois par semaine à la base de Resolute Bay pour analyser leurs échantillons. Au loin, l’eau est déjà libre, et la mission de treize semaines, de mai à juillet, sera raccourcie de deux. L’équipe ne dort déjà plus sur place par sécurité. Plus de tente-dortoir ni de cuisine. Lire la suite…
L’Imoove, une machine à soigner son corps
Lu dans le cahier Sport et Forme du Monde (21 janvier) un article sur ce drôle de robot multifonctions inventé par des ostéopathes et qui commencerait à faire son entrée dans les salles de gym malgré son prix élevé : 32.000 euros ! L’appareil dispose d’un plateau tournant au mouvement hélisphérique, de différentes poignées en métal ou à l’extrémité de sangles. Il permet, semble-t-il, de travailler les muscles en profondeur en recréant les mouvements naturels du corps.
D’après le journaliste-testeur, la machine n’est pas facile à dompter mais son utilisation est très efficace pour ce que les Français nomment la « fitness thérapie » ! Programmes cardio, stretching tonique, endurance, musculation sont disponibles mais l’Imoove propose aussi des exercices plus adaptés à certains sports comme le ski, le tennis, le foot, la natation, l’équitation, le patinage. Question : si on peut pratiquer ces sports en « vrai », pourquoi ce succédané ? Évidemment, hors saison ou pour un entraînement intensif, on comprend son utilité. Son intérêt majeur réside toutefois surtout dans sa capacité à soigner et corriger les problèmes d’ordre musculaire. Des exercices ciblés sont ainsi proposés pour affermir les muscles profonds du dos ou de la ceinture abdominale, rendre bras et épaules plus mobiles, fortifier les muscles du bas-ventre et du périnée ou faire du stretching lombaire…
A quand la fin des ostéopathes ?
La Garde côtière canadienne a 50 ans
A l’occasion du 50ème anniversaire de la Garde côtière canadienne, je vous invite à lire le grand reportage que j’ai publié en 2007 dans le défunt Monde 2, magazine hebdomadaire du Monde, avec photo en couverture (section archives sur ce blogue, en date du 22 juin 2011). Mot-clef : passage du Nord-Ouest). J’y racontais un incroyable périple à travers le Passage du Nord-Ouest, en Arctique canadien, à bord du Louis-Saint-Laurent, brise-glace de la Garde côtière canadienne tout de rouge et blanc vêtu, comme l’ensemble de ses bateaux.
Site de la Garde côtière canadienne : www.ccg-gcc.gc.ca/fra/GCC/50e_anniversaire
lemonde.fr fait peau neuve
Dans sa nouvelle version, le site du journal Le Monde – http://www.lemonde.fr – voit son contenu dorénavant concocté par la rédaction du quotidien et non plus par une rédaction séparée.
On annonce « une maquette toute en images, de nouvelles chaînes thématiques, une page d’accueil très riche et une interactivité renforcée ». Le tout supporté par une maquette « réconciliant les différentes temporalités de l’information (du temps réel à l’analyse de fond), une richesse éditoriale unique servie par l’image et la vidéo, une mise en scène inédite du dialogue», avec vision directe des articles partagés sur Facebook et échange continu avec la rédaction du Monde grâce au « live événementiel »…
Bonne lecture virtuelle !





Grouille pour pas qu'ça rouille