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Au Canada, une société veut capturer le CO2 pour en faire du combustible

Article publié le 27 avril 2016 dans le monde.fr

L’air semble si pur sur la route côtière, sinueuse, qui mène de North-Vancouver à Whistler, en Colombie-Britannique. A mi-chemin, le village de Squamish est niché au fond d’une large baie, encadrée de sommets enneigés. Passé le yacht-club, un chemin se faufile entre le terrain d’une compagnie forestière et le terminal portuaire. Carbon Engineering a posé ses pénates juste avant la plage : le hangar et les quelques installations extérieures de son unité pilote réussissent déjà, après moins d’un an, à retirer de l’air ambiant 1 tonne de CO2 par jour, l’équivalent d’un vol Paris-New York aller-retour pour un passager.

Plus de 90 millions de tonnes de CO2 sont émises chaque jour dans le monde. La petite société de Calgary (Alberta), dont le projet a été financé – entre autres – par Bill Gates, figure parmi les onze finalistes du prix Virgin Earth, récompensant les meilleures solutions d’élimination des gaz à effet de serre. Elle a de grandes ambitions : « aspirer » directement de l’atmosphère, d’ici à 2020, 1 million de tonnes de CO2 par an et le recycler pour produire 400 millions de litres de carburant synthétique, principalement pour le transport lourd (avions, camions, camionnettes…) avec de bons revenus à la clé, incluant la vente de crédits carbone.

« La machine du progrès est en marche »

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Au Canada, l’exode par terre et par air pour fuir l’incendie à Fort McMurray

Article paru dans le monde.fr le 7 mai 2016

L’incendie de forêt qui a forcé l’évacuation de 80 000 habitants de la région de Fort McMurray, en Alberta, a encore progressé vendredi 6 mai. Pendant que les pompiers luttaient contre le gigantesque brasier pour protéger les zones d’habitations et les infrastructures stratégiques, les autorités ont déclenché vendredi matin une vaste opération, routière et aérienne, pour évacuer vers le sud de Fort McMurray, Calgary et Edmonton tous ceux qui s’étaient réfugiés dans des camps de l’industrie pétrolière et gazière au nord de la capitale de l’or noir, après l’ordre général d’évacuation donné mardi.

Sur 25 000 sinistrés ayant pris cette direction, 7 000 ont quitté les camps par un pont aérien tandis que les autres attendaient l’autorisation de reprendre la route, a précisé vendredi la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, notant que la population réagissait avec calme, comme lors de la première évacuation. L’autorisation est venue à 7 heures du matin, déclenchant un embouteillage continu sur l’autoroute 63, artère principale de circulation pour accéder au nord comme au sud de Fort McMurray.

Toute la journée, un long convoi de voitures et de camionnettes, avançant à pas de tortue sous une chaleur écrasante, occupait deux voies de l’autoroute. Escortés par des policiers, survolés par des hélicoptères militaires assurant la surveillance aérienne, leurs occupants ont dû traverser la ville dévastée avant de poursuivre vers le sud. L’exode pourrait durer quatre jours, a averti le responsable albertain de la prévention des incendies, Chad Morrison, alors que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, promettait de se rendre dans la région sans préciser de date.

Lire aussi :   Fort McMurray, une région pétrolière en crise frappée par les flammes

« La ville n’est pas près d’être sécurisée »

A Lac La Biche, première agglomération à 291 kilomètres au sud de Fort McMurray, on se préparait vendredi, avec l’aide de la Croix-Rouge et de bénévoles, à accueillir de nouveaux habitants de la ville sinistrée. « Trois mille sept cents se sont déjà arrêtés ici depuis mardi pour profiter des services de secours mis en place, manger, dormir, se vêtir, précise Jihad Moghrabi, responsable des communications de Lac La Biche County, qui compte 29 000 habitants. Nous sommes prêts à fournir à ceux arrivant du Nord l’aide matérielle mais aussi le réconfort dont ils ont besoin. Ils ont vécu une expérience traumatisante, mais ceux que nous avons vus sont dans un bon état d’esprit. » Nombreux seront sans doute ceux qui poursuivront leur route – plus sereinement qu’au Nord – pour rejoindre familles ou amis, voire un autre centre de secours à Edmonton ou à Calgary.

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Au Canada, un incendie de forêt transforme Fort McMurray en ville fantôme

Article publié dans Le Monde.fr le 5 mai 2016

Déjà 10 000 hectares brûlés et près de 90 000 personnes évacuées. La région de Fort McMurray, dans le nord de l’Alberta (Canada), où un violent incendie de forêt fait rage depuis le 1er mai, était toujours en situation de crise mercredi 4 mai au soir. L’Alberta a décrété l’état d’urgence, vingt-quatre heures après l’évacuation de la ville, et les autorités se préparaient au pire, que le feu encore hors de contrôle en ravage une bonne partie. L’industrie pétrolière et gazière, qui a donné naissance à cette cité et dont les installations ne sont pas touchées par l’incendie, a mis à la disposition des évacués plusieurs camps de travailleurs.

Vidée de ses habitants, tous sains et saufs, la capitale des sables bitumineux n’était plus que l’ombre d’elle-même mercredi, avec une épaisse fumée dans l’air et plusieurs quartiers dévastés. Si le centre de la ville est épargné, seize cents maisons ont été détruites dans trois quartiers du Sud : Waterways, Beacon Hill et Abasand.

La journée de mardi a été éprouvante pour la population. Des personnes isolées ont été évacuées par hélicoptère, et l’autoroute 63, artère principale pour quitter Fort McMurray par le nord ou le sud, connaissait un embouteillage monstre. Avec un mur de feu pour décor, de nombreux évacués ont abandonné leur véhicule faute d’avoir eu le temps de faire le plein. Près de 70 000 personnes ont quitté la ville par le sud et 17 000 par le nord. Quelque 20 000 habitants − dont une centaine de patients de l’hôpital local − ont pris la route ou l’avion pour Edmonton, capitale de la province.

Tandis que 250 pompiers luttaient d’arrache-pied mercredi contre le brasier, assistés par des avions-citernes et des hélicoptères, les secours s’organisaient. Bien que la cause de l’incendie reste inconnue, les responsables de la sécurité rappellent que les feux sont fréquents dans le nord-ouest du Canada, mais souvent plus tard dans la saison. La sécheresse et un temps très chaud ont contribué au déclenchement ou à la progression rapide de celui-ci.

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La partie émergée de l’iceberg : des romans groenlandais

Article publié sur LE MONDE DES LIVRES le 30 mars 2016

De véritables curiosités et la réparation d’un oubli. Dans la collection « Jardin de givre » des Presses de l’Université du Québec, distribuées en France, viennent de paraître trois romans groenlandais : Je ferme les yeux pour couvrir l’obscurité (188 p., 16 €), de Kelly Berthelsen, Le Rêve d’un Groenlandais (162 p., 15 €), de Mathias Storch, et Trois cents ans après (172 p., 14 €), d’Augo Lynge. Ces œuvres ont pour points communs d’être signées par des autochtones, contrairement aux écrits des explorateurs européens et des colonisateurs danois, et de mélanger allègrement les genres littéraires : science-fiction, autobiographie, pamphlet politique, roman policier…

Méconnue à l’extérieur de l’île arctique et du Danemark, qui a, pour sa part, multiplié les traductions, la littérature groenlandaise est «la plus mature et la plus vivante» parmi la création circumpolaire inuite, voire la littérature autochtone mondiale, estime l’universitaire canadien Daniel Chartier. La mise en valeur de ce patrimoine résulte d’une coopération que ce professeur de littérature à l’Université du Québec, à Montréal, qui dirige le Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord, a nouée avec l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

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Les « voies ensoleillées » de Justin Trudeau

Article publié sur LE MONDE le 1er avril 2016 • Texte écrit avec Nicolas Bourcier 

Au coin du ring, vêtu de rouge, 81 kg, « Justin Truuuuudeauuu ! », hurle le speaker. Applaudissements nourris dans la salle. Le jeune député sautille, mouline du poing. Casque encollé sur la tête, tatouage à l’épaule, ses bras fins et musculeux brassent l’air sans relâche. Le regard est droit, figé, encadré d’un léger sourire, narquois diront les mauvaises langues, déterminé surtout. En face, vêtu de bleu, le très athlétique et conservateur Patrick Brazeau. Nouveaux applaudissements.

Présentations terminées, le match de boxe pour une collecte de fonds caritatifs peut commencer. Brazeau se rue sur son adversaire tête bêche, joue des poings et s’essouffle dès les premières secondes. Justin Trudeau virevolte, place ses banderilles. Feinte de corps, pas de danse, il a le swing léger, l’allonge efficace. Au troisième round, l’arbitre arrête le combat. Brazeau est laminé, le nez en sang.

Dans le public, la mère de Justin, Margaret Trudeau, ou « la belle Margot », comme elle était surnommée du temps où elle était la First Lady aux côtés du premier ministre Pierre Elliott Trudeau, est émue aux larmes.

Sur la chaîne anglophone Sun News, le commentateur lâche : « Justin est devenu un homme ! » Le public est debout. Ottawa n’avait jamais rien vu de tel. La politique est certes un sport de combat, mais, ce 31 mars  2012, un élu n’a pas seulement mis sa réputation en jeu, il a aussi déployé avec style la palette de ses talents. Le lendemain, Justin Trudeau annonce d’un ton calme qu’il ne boxera plus, désireux de se consacrer exclusivement à la politique.

Tout est là. « Pendant ces cinq minutes dans le ring, on apprend tout ce qu’il y a à savoir sur Trudeau, l’homme qui veut devenir premier ministre, alors qu’il cherche à obtenir la direction du moribond Parti libéral du Canada », écrira dans la foulée Althia Raj dans un petit ouvrage savoureux intitulé L’Aspirant (Editions Huffington Post, 2013).

Justin, rejeton de la figure flamboyante de l’histoire de la politique canadienne des années 1970 à 1980. Justin, l’héritier au physique de beau gosse, qui n’a jamais eu l’apparence d’un combattant traditionnel mais n’hésite pas à monter au front. Althia Raj ajoute : « Il est judicieux, calculateur, plus intelligent que vous ne le pensez. »

Fils prodige

Moins de quatre ans plus tard, on apprendra que son adversaire Patrick Brazeau a été mis en examen dans une sombre histoire de détournement de fonds et trafic de stupéfiants. Justin Trudeau, lui, est devenu à 43 ans premier ministre du Canada, le 4 novembre 2015.

La parabole est presque trop parfaite. Au terme d’une folle campagne, le fils prodige a remporté haut la main les élections générales. Il a su s’imposer dans un pays que l’on disait trop grand, trop compliqué à gérer pour ce jeune quadra qui n’a jamais présenté un seul projet de loi durant ses quatre ans passés au Parlement.

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À Vancouver, la tante du petit Aylan va accueillir une partie de la famille Kurdi

Article  publié sur le monde.fr le 19 décembre 2015

Malgré ses cauchemars, Tima Kurdi a désormais de quoi sourire. La tante du petit Aylan, retrouvé sans vie sur une plage turque le 2 septembre et dont la photo a fait le tour du monde, accueillera le 28 décembre, à Vancouver, une partie de sa famille syrienne. La maison est décorée pour Noël, qu’elle célèbre chaque année avec mari et fils, même s’ils sont musulmans. Leur « vrai » cadeau arrivera trois jours plus tard par avion.

Tima Kurdi en a fait l’annonce, dimanche 13 décembre, après avoir reçu confirmation de la date par le ministère canadien de l’immigration, des réfugiés et de la citoyenneté, qui a réservé des billets pour faire venir son frère Mohammad, sa femme et leurs cinq enfants, âgés de 5 mois à 16 ans, en tant que réfugiés syriens. « Je leur ai téléphoné. Les enfants se sont mis à crier, puis tout le monde a pleuré », a-t-elle raconté.

Son autre frère, Abdullah, père d’Aylan, qui a aussi perdu sa femme et un second fils dans un naufrage en Méditerranée, a choisi de ne pas venir au Canada, malgré l’invitation qui lui en était faite par Ottawa. Il vit dans le nord de l’Irak où il tente, avec l’aide du gouvernement régional kurde, de mettre en place un centre pour de jeunes réfugiés syriens. Lire la Suite…

Justin Trudeau imprime son style à Ottawa

Article publié sur le monde.fr le 5 novembre 2015

C’est à pied plutôt qu’en limousine et au son de la cornemuse que Justin Trudeau, 43 ans, a fait son entrée à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général du Canada à Ottawa, mercredi 4 novembre, entouré des membres de son cabinet. Voulant donner une image d’équipe « forte, diversifiée et expérimentée », le nouveau premier ministre canadien avait réservé au grand public la primeur de la composition du conseil des ministres. Envahis par plus de 2 000 personnes, les jardins de Rideau Hall étaient parés aux couleurs de l’été indien quand le chef libéral s’est avancé dans l’allée centrale avec sa femme et sa nouvelle équipe.

« Le Canada sera un acteur solide et positif » dans la lutte contre les changements climatiques, a affirmé Justin Trudeau

Signe qu’il apportera une attention toute particulière au sort des Amérindiens, M. Trudeau est entré dans la « salle de Bal » précédé d’un jeune joueur de tambour de la nation Cree et a écouté deux jeunes chanteuses de gorge Inuites après son assermentation. Il a surtout nommé deux autochtones à des postes-clés : l’Inuit Hunter Tootoo comme ministre des pêches et des océans et l’avocate Judy Wilson-Raybould, ancienne chef de l’Assemblée des premières nations en Colombie-Britannique, à la justice. Mme Wilson-Raybould a déjà sur son bureau les délicats dossiers de l’aide médicale à mourir et de la légalisation de la marijuana.

Le cabinet nommé par M. Trudeau compte trente ministres et autant d’hommes que de femmes, respectant sa promesse de campagne. Il reflète également la diversité canadienne, tant géographique que culturelle. Plusieurs ministres sont ainsi issus des « communautés culturelles ». M. Trudeau a rappelé que « le Canada est fort, non pas malgré sa diversité mais plutôt à cause de sa diversité ». L’image d’un Canada moderne et accueillant envers les immigrants trouve son visage en la personne de Maryam Monsef. Entrée à 11 ans au Canada comme réfugiée venue d’Afghanistan, elle se voit confier, à 30 ans, le nouveau ministère des institutions démocratiques. Lire la Suite…

Le gouvernement du Québec vient au secours de Bombardier

Article publié sur le monde.fr le 30 octobre 2015

« Nous avons le produit, la bonne équipe et nous allons retrouver la confiance de nos clients actuels et potentiels. » Alain Bellemare, président du fleuron canadien de l’industrie ferroviaire et aéronautique Bombardier depuis février, se voulait rassurant, jeudi 29 octobre, à propos des futurs avions de sa « C Series » – une gamme d’appareils commerciaux de 110 à 160 places –, tout en dévoilant des résultats trimestriels décevants.

Le groupe a enregistré une perte de 4,5 milliards d’euros au troisième trimestre, dont 2,9 milliards liés au développement de la C Series et 1,1 milliard en raison des difficultés du programme d’avions d’affaires Learjet 85. Bombardier a d’ailleurs décidé d’y mettre fin faute de marché, après l’avoir suspendu en janvier.

Craignant une nouvelle saignée en terme d’emplois – la société a déjà supprimé 2 750 postes dans sa division d’avions d’affaires depuis janvier – le gouvernement du Québec investira, en 2016, 910 millions d’euros dans le capital d’une co-entreprise prenant en charge le développement et la commercialisation de la C Series, dont il détiendra 49,5 % du capital. Lire la Suite…

Au Canada, génération Justin Trudeau

Article publié sur le monde.fr le 21 octobre 2015

Le nouveau premier ministre veut rompre avec le conservatisme de son prédécesseur.

Justin Trudeau a fait mentir Stephen Harper, au pouvoir depuis 2006, en remportant une victoire écrasante, lundi 19  octobre, aux législatives canadiennes. «Justin, juste pas prêt», ironisaient les conservateurs. Trop jeune, trop tendre, trop inexpérimenté ? C’est pourtant lui qui reprend, à 43 ans, le chemin du 24 Sussex Drive, la résidence officielle du premier ministre canadien, à Ottawa. Là même où il a vécu, à partir de Noël 1971, ses douze premières années, lorsque son père Pierre Elliott Trudeau, figure flamboyante de la politique canadienne de la fin des années 1960 à1984, dirigeait le pays.

«Croire en nous-même»

Placé très jeune sous les feux de la rampe avec ses deux frères cadets, Alexandre et Michel, Justin n’a eu de cesse de mener une existence discrète. A l’exception du vibrant éloge qu’il fit en  2000 pour les funérailles de son père. «Il nous a appris à croire en nous-mêmes », dira-t-il alors, en forme d’hommage prémonitoire.

L’homme a toujours tenu à être reconnu pour ses qualités propres. Son style,soulignent ses proches, provientdavantage de son grand-père maternel, Jimmy Sinclair, immigrant écossais et député fédéral de 1940 à 1958. C’est de lui qu’il tiendrait cette passion pour les campagnes électorales, non pour débattre mais pour «sortir, frapper aux portes, rencontrer des gens, prendre le temps de les écouter», comme il le dit.

«Devoir vivre avec le fait d’être le fils de mon père, je l’ai vécu toute ma vie, mais c’est ce que j’ai à proposer qui compte», déclarait-il en janvier. D’où cette volonté de toujours mettre en avant son seul prénom. Sans jamais toutefois omettre de rappeler l’amour porté par ce «père extraordinaire qui avait deux priorités, son pays et ses enfants», et «les valeurs libérales» qu’il lui a transmises, comme le rappelle Terrain d’entente, son autobiographie, parue en  2014.

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