« Route des huîtres » en Virginie
Lors de mon dernier reportage pour le Huffington Post Québec la semaine dernière en Virginie, j’ai rencontré des gens fort sympathiques qui m’ont bien fait aimer cet état que je ne connaissais pas.
Il y a eu d’abord une réception haute en couleurs avec Terence R. McAuliffe, le gouverneur de la Virginie, pour l’inauguration de la toute nouvelle Virginia Oysters Trail, un parcours autant gourmand que culturel ! Un rigolo, le gouverneur, dont le discours a bien fait rire l’assistance. Puis, il a ouvert (difficilement) quelques huîtres. La soirée dans les jardins du superbe hôtel The Tinns Inn, à Irvington, m’a permis de faire le tour gourmand en accéléré sur la pelouse où les kiosques des producteurs d’huîtres et de vignerons se succédaient. Comme vin et huître vont bien ensemble…
Plus tôt, j’avais aimé rencontrer les « watermen » de la Rappahannock River Oyster Company, l’un des plus gros producteurs d’huîtres de la Virginie. Voir comment un bébé-huître devient en l’espace de 18 mois maximum une huître propre à la consommation fut un régal. Le mollusque passe du bac à bébés à la pouponnière de la « ferme » de Topping, dans des cages immergées directement dans le petit port de Locklies, puis séjourne dans une autre cage au fond de la baie avant de rentrer provisoirement au bercail ! Nous avons embarqué dans une chaloupe de la compagnie pour aller relever une cage dans la baie. J’y ai mangé une huître des plus fraîches avant de revenir au quai pour assister au tri et à la mise en sacs d’expédition.
Le lendemain, petit tour à Virginia Beach… sous la pluie. Les grands resorts collés sur la mer, ce n’est pas trop mon genre mais la promenade piétonne et cycliste est tout de même bien agréable. J’ai surtout aimé manger de gros pétoncles au Bubba’s sur Shore Drive, avec vue sur l’eau. Pour y apprendre que la proprio est une Québécoise installée là depuis longtemps. Je l’ai d’ailleurs rencontrée deux jours plus tard à la porte d’à côté: une poissonnerie-boutique où j’ai acheté deux douzaines d’huîtres pour les faire goûter à mes amis de Montréal ! Excellentes encore…
En fin d’après-midi, j’ai entrepris un vrai périple pour rejoindre la Côte Est (East Shore) par le superbe pont-tunnel qui traverse la baie Chesapeake (voir mon précédent billet).

Chesapeake Bay Bridge-Tunnel is known as one of the Seven Engineering Wonders of the Modern World. It showcases the beauty of the Cheaspeake Bay and delights motorist driving to Virginia’s Eastern Shore.
http://www.Virginia.org, Virginia Tourism Corporation
La cerise sur le sunday ? Un mémorable coucher de soleil sur la baie de Chesapeake en kayak de mer. J’étais partie en après-midi avec une guide de South East Expeditions pour me rendre jusqu’au vignoble de Chatham Vineyards, au fond de Church Creek. Original: une heure de kayak, petite marche-santé sur le domaine viticole, puis visite en compagnie de l’un des propriétaires et dégustation de toute leur gamme de vins. Impressionnant: autant les blancs que les rouges et même un très bon vin de dessert, à prix relativement doux. Au retour, j’ai eu cette superbe surprise d’un coucher de soleil flamboyant.
Seul regret: je n’ai pas eu trop le temps d’explorer les villages de Cape Charles et Onancock mais j’ai tout de même eu la chance de séjourner dans deux magnifiques maisons coloniales transformées en B & B: Cape Charles House et The Onancock Inn…
Le pont virginien

J’ai rarement été aussi impressionnée au volant d’une voiture qu’en franchissant la baie de Chesapeake en Virginie à l’occasion d’un reportage sur la « route des huîtres ». 
La gigantesque baie est barrée par un long pont-tunnel ou plutôt deux ponts à deux voies avec deux bouts de tunnels qui relient Virginia Beach à la Côte Est. Cette péninsule bucolique est bordée par l’océan Atlantique à l’est et le Maryland au nord.
Le plus drôle est arrivé en plein milieu du pont quand j’ai voulu en sortir pour faire arrêt à l’unique halte de l’ouvrage d’art, histoire de voir le coucher du soleil. La photo montre que je suis arrivée presque trop tard… mais on voit tout de même une mince ligne rosâtre à l’horizon. A ce moment-là, je n’avais pas lu que le pont était assorti de tunnels pour laisser passer les gros bateaux. D’où ma surprise à voir à la halte le bout du bout de la route, puis l’eau et à près de deux kilomètres au loin, le pont qui continue !

Ce pont-jumeau est bien original. Construit sur 28 kilomètres à deux voies, au coût de 200 millions de dollars américains, le premier a été inauguré en 1964. C’est le plus long au monde. En 1999, il a été doublé d’un second, histoire d’en faire une autoroute (sauf dans les tunnels). Même à péage, c’est un produit touristique en soi !
Les couleurs de l’aventure
Au Baluchon, il y a pléthore de choix d’activités, de la marche au vélo de montagne, de l’équitation au canot, du géocaching au tir à l’arc. sans compter la bonne bouffe et les bières de la Nouvelle-France !
Mais là, cette partie est finie pour nous: on embarque en hydravion et pour une bonne heure qui nous permettra de survoler une grande partie de la Mauricie et de Lanaudière.
A notre arrivée chez Hydravion Aventures, il pleut. Nous aurons donc un peu de temps pour parler aux proprios Alain et Laure, deux Français qui se sont lancés en affaire ici. Alain est comme Xavier, le pilote qui nous accompagnera, un ancien pilote de Mirage, l’avion de chasse de l’armée française… Rien à voir avec ces sympathiques coucous Beaver, Cessna ou Piper, montés sur flotteur et qui font la réputation des grands espaces canadiens.
La pluie a cessé. C’est l’heure d’embarquer pour un vrai voyage « dans le paysage ». J’adore la sensation des envols sur l’eau, comme sur le dos d’un grand oiseau qui s’élève lentement dans les airs mais pas trop. Quelques villages en contrebas et nous voilà déjà complètement dépaysés. Bye bye la civilisation.

Nous survolons des collines chargées de couleurs, jaune, rouge, orange, verte… Les lacs se succèdent, dont le grand Wapizagonke du parc de la Mauricie qui fut l’un des premiers plans d’eau que j’ai arpentés en canot au Québec. Un autre immense, avec une toute petite île au milieu, précède un forêt d’épinettes qui scientillent, drapés d’un fin manteau de neige. D’autres lacs frissonnent sous le vent, en longqs rubans sinueux, tout en rondeur, en croix… Les forêts se transforment, les conifères prenant le dessus sur les feuillus. Le tout forme un vrai labyrinthe de lacs et forêts entrelacés.

Le Beaver poursuit sa route vers le nord à 160 km heure. Voici le grand Réservoir du lac Taureau dont j’aime les plages estivales en kayak-camping. Du ciel, il étale ses tentacules, dévoilent ses îles et ses presquîles, son barrage. Parfois, un chemin de terre surgi de nulle part coupe le paysage, comme un trait au scalpel dans la chair forestière. L’ombre d’un bouquet d’épinettes fait apparaître un mirage, celui d’un troupeau en mouvement. Mais non, c’est notre hydravion qui bouge.

Le réservoir Kempf est en vue. Un petit tour au-dessus de la presqu’île de Manawan nous donne une bonne idée de sa magnificence. L’hydravion rase la côte aux arbres colorés avant d’amerrir. Voilà, nous y sommes, au pays des Atikamekw.
24 heures avec mon Baluchon
C’est court, je sais, passer seulement une nuit à L’Auberge Le Baluchon… mais ainsi va la vie parfois. Ce n’est pas la première fois que je séjourne dans cette auberge de la Mauricie qui brille par son orientation éco-touristique et j’y reviens toujours avec plaisir. Pas une fois où je n’y ai fait de belles découvertes.
En ce vendredi soir d’automne, j’ai goûté avec délice la cuisine de Sabrina Lemay, nouvelle cheffe du Baluchon. Elle a fait ses armes auprès de Jean-Luc Boulay, chef propriétaire du prestigieux restaurant Saint-Amour à Québec. Le menu en quatre services fait la part belle aux produits du terroir avec de surprenantes variations, du velouté de patates douces au paprika fumé à l’escabèche de truite fumée locale, du cerf rouge, betteraves et topinambours aux pétoncles et lentilles, sans compter avant le dessert, le passage par le trou normand au calvados : obligatoire !
Après une bonne nuit de sommeil dans l’une des chambres rénovées du Baluchon, avec vue sur la forêt et plein de clins d’œil boisés en décoration, surprise au matin : il a neigé. Dans les couleurs de l’automne, ce premier tapis blanc semble encore irréel mais c’est charmant. Par un joli trottoir de bois, on accède au café-bistro pour le petit déjeuner.
La salle à manger est chaleureuse et le petit salon attenant digne des plus cossus clubs de pêche des temps anciens.
Humili-yoga
En route à pied pour le « Chalet au bout du rouleau ». Nous avons rendez-vous pour une heure de yoga. J’en suis tout excitée mais ce sera de courte durée… Après une heure de torture, j’ai mal partout : aux poignets, au dos, aux jambes et surtout à la tête. Bien mauvais pour l’estime de moi-même, cette petite séance qui m’a vu me comparer (très négativement) à mes compagnes qui avaient l’air de beaucoup jouir du temps passé à se contorsionner sur leur tapis, tandis que mes articulations grinçaient et refusaient de m’obéir. Souplesse : zéro pour la fille un peu maso ! Heureusement, le professeur était très gentil et le bruit du ruisseau voisin a compensé pour un salut au soleil qui par chance n’a pas été filmé…
Direction, le Spa
Au spa du Baluchon, j’ai eu droit ensuite à un super-massage, incluant orteils, doigts et vertèbres cervicales. Avec la délicate attention d’un coussin chaud sur les pieds, la nuque, les yeux…
En me rendant plus tard au sauna et aux bains extérieurs, j’ai vraiment pris le temps d’admirer la décoration où le bois est mis à l’honneur en intérieur comme en extérieur. Le bois de grange, les bardeaux, des morceaux de tronc, des tableaux sur les murs avec du bois intégré… c’est joli comme tout.
- Tout un décor pour les bains nordiques du Baluchon!
- Couloir du spa
- Bois de grange et tronc en déco intérieure
- Déco-bois au Baluchon
Promis :
-l’été prochain, je teste le nouveau forfait Le Baluchon-Maïkan Aventures pour faire du kayak de lac en lac sur deux, quatre ou six jours, dans le nord de la Mauricie
-l’automne prochain, je re-teste le vélo de montagne sur le magnifique territoire du Baluchon, tout en collines et petites forêts, vu qu’on y travaille à un tracé amélioré et des pistes plus longues.
Justin Trudeau imprime son style à Ottawa
Article publié sur le monde.fr le 5 novembre 2015
C’est à pied plutôt qu’en limousine et au son de la cornemuse que Justin Trudeau, 43 ans, a fait son entrée à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général du Canada à Ottawa, mercredi 4 novembre, entouré des membres de son cabinet. Voulant donner une image d’équipe « forte, diversifiée et expérimentée », le nouveau premier ministre canadien avait réservé au grand public la primeur de la composition du conseil des ministres. Envahis par plus de 2 000 personnes, les jardins de Rideau Hall étaient parés aux couleurs de l’été indien quand le chef libéral s’est avancé dans l’allée centrale avec sa femme et sa nouvelle équipe.
Signe qu’il apportera une attention toute particulière au sort des Amérindiens, M. Trudeau est entré dans la « salle de Bal » précédé d’un jeune joueur de tambour de la nation Cree et a écouté deux jeunes chanteuses de gorge Inuites après son assermentation. Il a surtout nommé deux autochtones à des postes-clés : l’Inuit Hunter Tootoo comme ministre des pêches et des océans et l’avocate Judy Wilson-Raybould, ancienne chef de l’Assemblée des premières nations en Colombie-Britannique, à la justice. Mme Wilson-Raybould a déjà sur son bureau les délicats dossiers de l’aide médicale à mourir et de la légalisation de la marijuana.
Le cabinet nommé par M. Trudeau compte trente ministres et autant d’hommes que de femmes, respectant sa promesse de campagne. Il reflète également la diversité canadienne, tant géographique que culturelle. Plusieurs ministres sont ainsi issus des « communautés culturelles ». M. Trudeau a rappelé que « le Canada est fort, non pas malgré sa diversité mais plutôt à cause de sa diversité ». L’image d’un Canada moderne et accueillant envers les immigrants trouve son visage en la personne de Maryam Monsef. Entrée à 11 ans au Canada comme réfugiée venue d’Afghanistan, elle se voit confier, à 30 ans, le nouveau ministère des institutions démocratiques. Lire la Suite…
Le gouvernement du Québec vient au secours de Bombardier
Article publié sur le monde.fr le 30 octobre 2015
« Nous avons le produit, la bonne équipe et nous allons retrouver la confiance de nos clients actuels et potentiels. » Alain Bellemare, président du fleuron canadien de l’industrie ferroviaire et aéronautique Bombardier depuis février, se voulait rassurant, jeudi 29 octobre, à propos des futurs avions de sa « C Series » – une gamme d’appareils commerciaux de 110 à 160 places –, tout en dévoilant des résultats trimestriels décevants.
Le groupe a enregistré une perte de 4,5 milliards d’euros au troisième trimestre, dont 2,9 milliards liés au développement de la C Series et 1,1 milliard en raison des difficultés du programme d’avions d’affaires Learjet 85. Bombardier a d’ailleurs décidé d’y mettre fin faute de marché, après l’avoir suspendu en janvier.
Craignant une nouvelle saignée en terme d’emplois – la société a déjà supprimé 2 750 postes dans sa division d’avions d’affaires depuis janvier – le gouvernement du Québec investira, en 2016, 910 millions d’euros dans le capital d’une co-entreprise prenant en charge le développement et la commercialisation de la C Series, dont il détiendra 49,5 % du capital. Lire la Suite…
Au Canada, génération Justin Trudeau
Article publié sur le monde.fr le 21 octobre 2015
Le nouveau premier ministre veut rompre avec le conservatisme de son prédécesseur.
Justin Trudeau a fait mentir Stephen Harper, au pouvoir depuis 2006, en remportant une victoire écrasante, lundi 19 octobre, aux législatives canadiennes. «Justin, juste pas prêt», ironisaient les conservateurs. Trop jeune, trop tendre, trop inexpérimenté ? C’est pourtant lui qui reprend, à 43 ans, le chemin du 24 Sussex Drive, la résidence officielle du premier ministre canadien, à Ottawa. Là même où il a vécu, à partir de Noël 1971, ses douze premières années, lorsque son père Pierre Elliott Trudeau, figure flamboyante de la politique canadienne de la fin des années 1960 à1984, dirigeait le pays.
«Croire en nous-même»
Placé très jeune sous les feux de la rampe avec ses deux frères cadets, Alexandre et Michel, Justin n’a eu de cesse de mener une existence discrète. A l’exception du vibrant éloge qu’il fit en 2000 pour les funérailles de son père. «Il nous a appris à croire en nous-mêmes », dira-t-il alors, en forme d’hommage prémonitoire.
L’homme a toujours tenu à être reconnu pour ses qualités propres. Son style,soulignent ses proches, provientdavantage de son grand-père maternel, Jimmy Sinclair, immigrant écossais et député fédéral de 1940 à 1958. C’est de lui qu’il tiendrait cette passion pour les campagnes électorales, non pour débattre mais pour «sortir, frapper aux portes, rencontrer des gens, prendre le temps de les écouter», comme il le dit.
«Devoir vivre avec le fait d’être le fils de mon père, je l’ai vécu toute ma vie, mais c’est ce que j’ai à proposer qui compte», déclarait-il en janvier. D’où cette volonté de toujours mettre en avant son seul prénom. Sans jamais toutefois omettre de rappeler l’amour porté par ce «père extraordinaire qui avait deux priorités, son pays et ses enfants», et «les valeurs libérales» qu’il lui a transmises, comme le rappelle Terrain d’entente, son autobiographie, parue en 2014.
Tout ce qu’il faut savoir sur les élections législatives au Canada
Texte publié le 19 octobre 2015 sur le site lemonde.fr
Le 19 octobre, 26,4 millions de Canadiens éliront les députés « fédéraux » (338 au total) de la Chambre des communes, selon un scrutin uninominal à un tour. Monarchie constitutionnelle, dont le souverain est la reine Elizabeth II, le Canada a pour chef de l’exécutif un premier ministre, qui est normalement le chef du parti ayant obtenu la majorité lors des élections législatives.
Les conservateurs, qui ont pris le pouvoir à Ottawa en 2006 et formé un gouvernement à deux reprises depuis, briguent un quatrième mandat. Leur chef, l’actuel premier ministre Stephen Harper, a déclenché le 2 août la plus longue campagne électorale de l’histoire canadienne : soixante-dix-huit jours. Ce qui ne semble pas avoir réduit l’ardeur des Canadiens, dont le taux de participation au vote par anticipation a atteint un record, en hausse de 71 % par rapport à 2011.
- Une campagne qui impose les libéraux face aux démocrates
Selon les derniers sondages, le Parti libéral du Canada (PLC, centre) est passé de la troisième à la première place dans les intentions de vote avec 38 % des voix, contre le Parti conservateur du Canada (PCC) crédité de 30 % et le Nouveau Parti démocratique (NPD, social-démocrate), avec 22 % des voix.
La campagne a été désastreuse pour le NPD, parti largement gagnant au départ, mais dont les appuis se sont effrités en deux mois, tandis que le PLC grimpait et que son jeune chef Justin Trudeau gagnait en popularité. Le chef du NPD, Tom Mulcair, a notamment été très critiqué pour sa prise de position en faveur du port du niqab pour aller voter, tandis que M. Harper a été accusé par certains de manque de compassion pour l’accueil de réfugiés syriens. Les derniers jours de la campagne se sont concentrés en Ontario, dans la grande région de Toronto, où les électeurs sont très courtisés par les chefs libéral et conservateur. De leur vote dépend, selon les politologues, la formation d’un gouvernement majoritaire ou minoritaire.
L’économie et l’état des finances publiques figurent largement au premier rang des préoccupations des Canadiens, selon un sondage réalisé début octobre. Les politiques sociales et la gouvernance du pays arrivent en deuxième position, devançant la sécurité nationale et la place du Canada dans le monde. Lire la Suite…
L’énigmatique Stephen Harper
Article publié sur le monde.fr le 15 octobre 2015
Glacial, secret, le premier ministre canadien est au pouvoir depuis 2006. S’il remporte les élections du 19 octobre, malgré le léger avantage de Justin Trudeau, son rival libéral, il battra tous les records de longévité de l’histoire du pays
Cette victoire serait la quatrième et une sorte de va-tout : qu’il gagne à l’arraché les élections fédérales du 19 octobre, à 56 ans, et l’actuel premier ministre conservateur aura dépassé tous ses prédécesseurs ; qu’il perde, face au libéral Justin Trudeau, auquel les derniers sondages donnent une courte avance, et la défaite sera forcément cuisante et amère. Car, si l’homme peut avoir le sentiment du devoir largement accompli après neuf ans de pouvoir, il supporte très mal critiques et échecs. Le regard bleu perçant, le sourire souvent forcé, la mine sévère, il glace facilement ses interlocuteurs. Derrière cette froideur se cache un personnage complexe et énigmatique peu enclin à se dévoiler.
Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC) mène sa barque politique comme il a mené ses années de jeune adulte : avec discipline et entêtement, en faisant parfois des choix difficiles. Comme celui de quitter à 19 ans sa « terre » natale, la banlieue de Toronto, pour aller vivre dans l’Ouest canadien, en Alberta. Et d’abandonner des études de droit dans un prestigieux collège de la « ville-reine », quelques semaines après son inscription, pour devenir garçon de courses dans une entreprise pétrolière d’Edmonton.
Solitaire, le jeune Harper n’en pouvait déjà plus de ce « club de pédants, élitistes, constipés » d’étudiants torontois, rapporte John Ibbitson, dans Stephen Harper. Un portrait (Les Editions de l’homme, 608 pages). Le journaliste du Globe and Mail, quotidien de référence au Canada, signe cette biographie très fouillée, publiée en français fin août au Québec. Le ton est donné : même si le jeune homme se rattrape (après trois ans comme commis, puis technicien en informatique chez Imperial Oil), en réussissant en 1991 un master en économie à l’université de Calgary, il ne se verra jamais comme le membre d’une élite mais plutôt comme le digne représentant de la classe moyenne, dont il est issu. Une mère secrétaire, un père comptable, tout comme ses deux frères le deviendront… Un jour, il dira être devenu économiste parce qu’il n’avait pas l’étoffe d’un comptable. La famille est presbytérienne et lui-même émaillera pendant longtemps la fin de ses discours d’un « God Bless Canada », rappelant le « God Bless America » cher à George W. Bush, qu’il admire. Lire la Suite…
Montréal s’apprête à déverser ses égouts dans le Saint-Laurent
Article paru sur lemonde.fr le 10 octobre 2015
Le maire de Montréal a engagé une épreuve de force avec le gouvernement d’Ottawa, hostile aux rejets.
Le projet risque fort de ruiner sa réputation de «ville verte» : la ville de Montréal s’apprête à déverser volontairement huit milliards de litres d’eaux usées (rejets d’égouts et de toilettes) dans le fleuve Saint-Laurent. Or, la majeure partie de la population du Québec vit, comme 64 espèces d’animaux, au bord de cette artère maritime longue de plus de 1 000 kilomètres. Elle abrite de nombreuses espèces marines, dont des baleines et des bélugas dans son estuaire, 80 sortes de poissons et près de 400 d’oiseaux. Le Saint-Laurent fournit 45 % de l’eau potable consommée pat les 8 millions de Québécois.
Le maire de Montréal, Denis -Coderre, a annoncé que l’opération se déroulerait du 18 au 25 octobre pour permettre des travaux sur un échangeur autoroutier sous lequel se trouve une conduite majeure acheminant les eaux usées vers une station d’épuration. Tous les experts consultés estiment, selon lui, qu’il n’y a pas d’autre option. Sans ce déversement, l’usine locale de traitement des eaux usées pourrait être menacée, prévient-il. Les effets sont selon lui «minimes» : pas d’impact sur l’eau potable en aval ; peu d’effets sur les poissons, dont la période de fraie est terminée, pas de risque de développement de bactéries, en raison de la basse température du fleuve en automne.
« Le Saint-Laurent n’est pas une poubelle »









Grouille pour pas qu'ça rouille